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101 Théories de la philosophie (concept de philosophie, méthodologie philosophique, nature de la tâche philosophique)

« Dans l’intérêt de la science que nous cherchons à déterminer, un premier soin tout à fait nécessaire, c’est d’indiquer les questions préliminaires que nous devons traiter avant toutes les autres. Ces questions sont d’abord celles que les philosophes ont discutées en sens contraires, et, indépendamment de ces questions controversées, celles qui ont pu être omises par nos devanciers. Pour arriver aux solutions vraies qu’on désire, il faut préalablement bien poser les problèmes ; car la conclusion définitive et satisfaisante qu’on obtient n’est que la solution des doutes qu’on avait tout d’abord soulevés. Il n’est guère possible de défaire un nœud si l’on ignore comment il a été noué ; et c’est la question que l’intelligence se pose qui nous montre le nœud de la difficulté pour l’objet qui nous occupe. L’esprit, quand il est embarrassé par un doute, est à peu près dans le cas d’un homme chargé de chaînes. Des deux parts, on est hors d’état de pouvoir avancer et faire un pas. C’est déjà là un motif pour passer premièrement en revue toutes les difficultés du sujet. Mais à ce motif, s’en joint un second : c’est que, si l’on se livre à des recherches avant de s’être posé les questions qu’on veut résoudre, on fait à peu près comme ceux qui marchent sans savoir où ils vont ; et, en outre, on s’expose à ne pas même savoir reconnaître si l’on a trouvé, ou si l’on n’a pas trouvé ce qu’on cherche. Dans cette situation, on ne voit pas clairement le but qu’on poursuit, tandis que ce but est de toute évidence, si tout d’abord on s’est bien posé les questions à débattre. Enfin, on est nécessairement bien mieux en mesure de juger, lorsqu’on a entendu toutes les opinions, qui se combattent entre elles comme le font les plaideurs devant un tribunal. »

Aristote, Métaphysique, B, I, 995a-b (traduction de Jules Barthélemy Saint-Hilaire, revue par Paul Mathias, Presses Pocket, collection « Agora Les Classiques », 1991, pp. 93-94).

« La philosophie historienne a forcément du mal à résister à sa propre pente. Elle commence par réclamer de l’ordre et des chaînes, en bonne positiviste. Ainsi apparaît cette histoire-réceptacle où l’on se contente de classer modestement les penseurs dans des rayonnages neutres (les fameux “pour Kant”…, “pour Marx”…). Pour limiter la contingence, on utilise de grandes filières verticales (“idéalisme”, “matérialisme”, “scepticisme”, etc.), complétées de larges plages horizontales (“périodes”) et de procédés destinés à compenser l’irréversibilité de la chronologie (“précurseurs”, “successeurs”, “héritiers”). Sous cette parade objectiviste, si utile par ailleurs, on repère sans peine une forte dose d’empirisme et de scepticisme, qui tend à réduire la philosophie à l’entomologie. On cherche à savoir ce que les philosophes ont vraiment dit plutôt que de savoir ce qu’ils ont dit de vrai. »

Folscheid (Dominique), L’esprit de l’athéisme et son destin, Paris, La Table ronde, collection « La petite vermillon », 2003, p. 449.

« … ceux qu’aujourd’hui nous appelons couramment philosophes, c’est-à-dire […] ceux qui ont l’habitude d’étirer dans des circonlocutions une matière qui était brève et d’obscurcir par des propos embrouillés un sens évident… »

Hugues de Saint-Victor, L’art de lire. Didascalicon, III, 4 (traduction par Michel Lemoine, Paris, Cerf, collection « Sagesses chrétiennes », 1991, p. 135).

« La peur de la philosophie conduit à l’histoire de la philosophie. »

Mounier (Emmanuel), Traité du caractère, Paris, Seuil, collection « Esprit », 1947 (édition revue et augmentée), p. 657.