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121 Épistémologie (la vérité ; théories de la cohérence, connaissance, correspondance)

« Il ne suffit pas de trouver le vrai ; il faut de plus expliquer la cause de l’erreur. C’est un moyen d’affermir encore la conviction qu’on a ; et quand on voit nettement pourquoi une chose a pu nous paraître vraie, sans l’être cependant, on s’attache avec d’autant plus de force à la vérité qu’on a découverte. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, VII, 14, 1154a24 (traduction de Jules Barthélemy Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche classique », n° 4611, 1992, édition 1994, p. 313).

Traduction de Jean Voilquin, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1961, p. 347 :

« Il faut non seulement exposer la vérité, mais découvrir aussi la cause de l’erreur commune ; cette manière de faire contribue à affermir la confiance : quand on établit rationnellement le motif qui fait paraître vrai ce qui ne l’est pas, on renforce les raisons de croire à la vérité. »

« Il est impossible qu’une seule et même chose soit, et tout à la fois ne soit pas, à une même autre chose, sous un même rapport. […] Personne, en effet, ne peut jamais penser qu’une même chose puisse être et n’être pas. »

Aristote, La Métaphysique, G, III, 1005b (traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Presses Pocket, collection « Agora. Les classiques », 1991, p. 132).

« Nous estimons posséder la science d’une chose d’une manière absolue, et non pas, à la façon des Sophistes, d’une manière purement accidentelle, quand nous croyons que nous connaissons la cause par laquelle la chose est, que nous savons que cette cause est celle de la chose, et qu’en outre il n’est pas possible que la chose soit autre qu’elle n’est. Il est évident que telle est la nature de la connaissance scientifique ; ce qui le montre, c’est l’attitude aussi bien de ceux qui ne savent pas que de ceux qui savent : les premiers croient se comporter comme nous venons de l’indiquer, et ceux qui savent se comportent aussi en réalité de cette même façon. Il en résulte que l’objet de la science au sens propre est quelque chose qui ne peut pas être autre qu’il n’est. »

Aristote, Les Seconds Analytiques, I, 2 (traduction par Jean Tricot, Paris, Vrin, collection « Bibliothèque des textes philosophiques », 2000, p. 7).

« On ne doit pas [pourtant, certes] faire passer avant la vérité sa propre sécurité. »

S. Basile de Césarée, Sur le Saint-Esprit, XXI, 52, 8-9 (traduction par Benoît Pruche, Paris, Cerf, collection « Sources chrétiennes », 2002, p. 433).

« Si l’on me demande quel est le symptôme le plus général de cette anémie spirituelle [la déchristianisation de l’Europe], je répondrai certainement : l’indifférence à la vérité et au mensonge. Aujourd’hui, la propagande prouve ce qu’elle veut, et on accepte plus ou moins passivement ce qu’elle propose. Oh ! sans doute, cette indifférence masque plutôt une fatigue, et comme un écœurement de la faculté de jugement. Mais la faculté de jugement ne saurait s’exercer sans un certain engagement intérieur. Qui juge s’engage. L’homme moderne ne s’engage plus, parce qu’il n’a plus rien à engager. Appelé à prendre parti pour le vrai ou le faux, le mal ou le bien, l’homme chrétien engageait du même coup son âme, c’est-à-dire en risquait le salut. La croyance métaphysique était en lui une source inépuisable d’énergie. L’homme moderne est toujours capable de juger, puisqu’il est toujours capable de raisonner. Mais sa faculté de juger ne fonctionne pas plus qu’un moteur non alimenté. Aucune pièce du moteur ne manque. Mais il n’y a pas d’essence dans le réservoir.

« À beaucoup de gens, cette indifférence à la vérité et au mensonge paraît plus comique que tragique. Moi, je la trouve tragique. Elle implique une affreuse disponibilité non pas seulement de l’esprit, mais de la personne tout entière, et même de la personne physique. Qui s’ouvre indifféremment au vrai comme au faux est mûr pour n’importe quelle tyrannie. La passion de la vérité va de pair avec la passion de la liberté. Ce n’est pas pour rien qu’on a toujours regardé la liberté de penser comme la plus précieuse, celle dont dépendent toutes les autres. »

Bernanos (Georges), La liberté pour quoi faire ?, Paris, Gallimard, collection « Idées », 1953 (édition 1972), pp. 115-116.

« La foi consiste à croire. […] Croire, c’est une adhésion de l’intelligence à une vérité. Je crois un ami qui me raconte ce qu’il a vu, si mon intelligence adhère à la vérité de son récit. Loin donc d’être étrangère à l’intelligence, la foi est un acte de l’intelligence. »

Daujat (Jean), Idées modernes, réponses chrétiennes, Paris, Téqui, 1985, p. 150.

« Il y a deux cas et deux seulement où nous pouvons être absolument certains de la vérité de nos affirmations : dans tous les autres cas il y a seulement probabilité ou même doute.

« Premier cas : l’évidence immédiate de l’expérience quand nous affirmons purement et simplement des faits constatés sans y ajouter aucune interprétation susceptible d’erreur. Ce premier cas a son fondement dans la certitude absolue de la sensation […]. Mais c’est au jugement de l’intelligence qu’il appartiendra d’éliminer les erreurs d’interprétation […].

« Second cas : une conclusion démontrée par un raisonnement rigoureux parce que c’est précisément alors la rigueur du raisonnement qui nous assure de la vérité de sa conclusion. […] Mais cela suppose évidemment deux précautions. La première est de bien s’assurer de la rigueur du raisonnement et pour cela […] de démonter complètement ce raisonnement, de mettre à nu tous les éléments de sa structure pour pouvoir constater qu’il n’y a aucune faille par où une erreur de raisonnement aurait pu s’introduire […]. La seconde est d’être assuré de la vérité des prémisses car de prémisses fausses un raisonnement correct peut tirer une conclusion fausse. »

Daujat (Jean), Y a-t-il une vérité ?, Paris, Téqui, 1974, pp. 192-193.

« [Parlons] du cas de la croyance lorsque l’intelligence “croit” vraie une affirmation dont elle n’a aucun moyen d’acquérir la certitude ni par l’expérience ni par le raisonnement mais parce que cela nous est dit par un témoin digne de foi (sincère, impartial, sain d’esprit, compétent, etc.) : la vérité crue n’ayant alors aucune évidence (ni immédiate par l’expérience ni médiate par l’intermédiaire du raisonnement) pour entraîner l’adhésion de l’intelligence, il faut bien que ce soit la volonté qui dans ce cas porte l’intelligence à croire parce qu’il y a un enrichissement, donc un bien pour l’intelligence à acquérir ainsi (c’est-à-dire en y croyant) la connaissance de cette vérité, mais bien entendu c’est l’intelligence qui aura dû juger préalablement que le témoin était digne de foi (assez différent est le cas où l’on “croit” sans examen ce que dit une personne compétente, par exemple l’élève écoutant le professeur, parce qu’alors l’intelligence pourrait par elle-même, quoique difficilement, parvenir à connaître cela par la voie normale de l’expérience ou du raisonnement). »

Daujat (Jean), Y a-t-il une vérité ?, Paris, Téqui, 1974, pp. 292-293.

« Si toi, tu connais parfaitement la vérité, tu agiras nécessairement désormais avec droiture. »

Épictète, Entretiens, I xvii 14 (traduction par Joseph Souilhé, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1993 [édition 1999], p. 57).

« C’est une marque d’infantilisme de penser qu’une vérité cesse d’être vraie du fait que des myopes la voient mal ou que des aveugles ne la voient pas. »

Maritain (Jacques), La philosophie morale. Examen historique et critique des grands systèmes, Paris, Gallimard, collection « Bibliothèque des Idées », 1960, p. 360.

« L’amour de la vérité est diffusif de soi. Une foi non missionnaire est une foi morte. »

Mounier (Emmanuel), Traité du caractère, Paris, Seuil, collection « Esprit », 1947 (édition revue et augmentée), p. 683.

« Dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu’ils se font haïr. »

Pascal (Blaise), Pensées, n. 100 (Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche », 1972 [édition 1994], p. 56).

« La vérité est si obscurcie en ce temps, et le mensonge si établi, qu’à moins que d’aimer la vérité, on ne saurait la connaître. »

Pascal (Blaise), Pensées, n. 864 (Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche », 1972 [édition 1994], p. 412).

« On doit plus d’égard à la vérité qu’à un homme. »

Platon, La république, X, 595c (traduction d’Émile Chambry, Paris, Gonthier, collection « Bibliothèque Médiations », 1971, p. 305).

Cité par S. Justin, Requête au Sénat, 3 (Œuvres complètes, traduction de Louis Pautigny, Paris, Migne, collection « Bibliothèque », 1994, p. 324) : « La vérité passe avant l’homme. »

« En présence de la vérité, notre esprit a devant lui un brouillard. »

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXI (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 62-65).

« Il faut aimer la vérité pour la trouver. »

Tresmontant (Claude), Introduction à la théologie chrétienne, Paris, Seuil, 1974, p. 506.