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128 Anthropologie philosophique (genre humain, nature et origine de la vie humaine, philosophie et psychologie de la vie humaine)

L’homme

« L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
« Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout. »

Baudelaire (Charles), « Le voyage », VI, Les fleurs du mal, CIII (Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche », 1972 [édition 1983], p. 175).

« L’homme : un grand enfant plein de vices et d’ennui. »

Bernanos (Georges), Sous le soleil de Satan, 2, I, Paris, Plon, collection « Pocket », 1926 (édition 1994), p. 195.

« Nous somme un néant qui se remplit et occupe aisément de rien. »

Bérulle (Pierre, de), Œuvres complètes. 4 – Œuvres de piété, n. 296, Paris, Cerf, 1996, p. 340.

« L’homme est, à lui seul, une société : en lui, plusieurs penchants se disputent et s’opposent. Il s’agit de les maîtriser pour les plier à des compositions qui aboutiront à l’harmonie de “la personne”. Les sens doivent être subordonnés au cœur et le cœur à l’esprit. Il n’est point de connaissance sans l’aide des sensations, point d’intelligence sans amour ; mais l’amour est destructeur au lieu d’être fécond, s’il n’est pas éclairé par la raison. »

Clavière (Maurice), Charles Maurras ou la restauration des valeurs humaines, Paris, Jean Lesfauries, 1939, p. 58.

« L’homme, au contraire des animaux, se plaît à modifier et à transformer les matériaux dont il se sert. Il n’aborde point sa nourriture telle qu’il la trouve ; il sait l’apprêter, la faire cuire, lui donner mille saveurs. Il transforme les fibres des plantes pour en faire des tissus ; il donne à ces tissus des formes et des couleurs diverses. Il ne loge point dans des cavernes ; il ne boit point à même la source ; il ne prend point les aliments avec ses doigts, mais il a bâti des demeures, les a ornées et embellies ; il a poli des ustensiles utiles et parfois gracieux, pour manger, pour se laver, pour travailler. À mesure qu’il invente des industries nouvelles, il invente aussi d’autres outils. Il a mis la marque de son intelligence dans tous les objets dont il se sert ; il les a pénétrés d’humanité. L’homme, du fait qu’il est homme et qu’il est un être pensant, ne reste jamais un primitif ; il plie la nature aux inventions de son esprit ; il ne reste pas uni à la nature ; il n’y est pas fondu ; il s’en distingue et l’humanise. »

Clavière (Maurice), Charles Maurras ou la restauration des valeurs humaines, Paris, Jean Lesfauries, 1939, p. 103.

« Les animaux les plus difficiles qui furent jamais – les humains : oiseaux comme les frivoles, serpents comme les trompeurs, lions comme les violents, pourceaux comme les voluptueux, loups comme les rapaces. Les insensés, eux, sont pierre et bois ; et plus insensible même que la pierre est l’homme plongé dans l’erreur. »

Clément d’Alexandrie, Le Protreptique, I, 4, 1 [traduction de Claude Mondésert, Paris, Cerf, collection « Sources chrétiennes » (n. 2bis), 2004 (2e édition), p. 56].

« L’homme ne se découvre que lié à une historicité déjà faite : il n’est jamais contemporain de cette origine qui à travers le temps des choses s’esquisse en se dérobant ; quand il essaie de se définir comme être vivant, il ne découvre son propre commencement que sur fond d’une vie qui elle-même a débuté bien avant lui ; quand il essaie de se ressaisir comme être au travail, il n’en met au jour les formes les plus rudimentaires qu’à l’intérieur d’un temps et d’un espace humains déjà institutionnalisés, déjà maîtrisés par la société ; et quand il essaie de définir son essence de sujet parlant, en deçà de toute langue effectivement constituée, il ne trouve jamais que la possibilité du langage déjà déployée, et non pas le balbutiement, le premier mot à partir de quoi toutes les langues et le langage lui-même sont devenus possibles. C’est toujours sur un fond de déjà commencé que l’homme peut penser ce qui vaut pour lui comme origine. »

Foucault (Michel), Les mots et les choses. Une archéologie des sciences humaines, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1966 (édition 2005), p. 341.

« Lorsqu’un pouvoir est mis en question et que l’on veut en délimiter les possibilités, il manifeste du même coup un non-pouvoir. Un être tout-puissant n’a pas à se demander : que puis-je ?, c’est-à-dire : que ne puis-je pas ? Non seulement il n’a pas besoin de poser une telle question mais il est contraire à sa nature de la pouvoir poser. Ce dernier non-pouvoir n’est pas un défaut mais l’absence de tout défaut et de toute “négativité”. Celui qui s’interroge sur son pouvoir manifeste par là une finitude. Et celui qu’une telle question touche dans son intérêt le plus intime prouve une finitude au plus intime de son être.

« Là où un devoir est mis en cause, celui qui s’interroge, hésite entre un “oui” et un “non”, se trouve tourmenté par ce qu’il ne doit pas faire. Un être qui s’intéresse foncièrement à un devoir sait ne s’être pas encore complètement accompli, et il le sait de telle manière qu’il est poussé à se demander ce qu’il y aurait lieu de faire. Ce défaut d’un accomplissement, lui-même encore indéterminé, révèle un être qui, parce que le devoir est son intérêt le plus intime, est en son fond fini.

« Là où un espoir est mis en jeu, apparaît quelque chose qui pourra être accordé ou refusé à celui qui le demande. On se demande ce qu’il est permis et ce qu’il n’est pas permis d’attendre. Mais toute attente manifeste un manque, et si ce manque est relatif à l’intérêt le plus intime de la raison humaine, celle-ci se reconnaît comme essentiellement finie. »

Heidegger (Martin), Kant et le problème de la métaphysique, traduit de l’allemand par Alphonse de Waelhens et Walter Biemel, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1953 (édition 1981), p. 273.

« C’est donc dans les dangers et les épreuves qu’il convient de juger l’homme ; c’est l’adversité qui nous révèle ce qu’il est : alors seulement la vérité jaillit du fond du cœur ; le masque s’arrache, la réalité demeure. »

Lucrèce, De la nature, III, 55-58 (traduction par Alfred Ernout, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1935, p. 100).

« On peut dire généralement une chose de tous les hommes : qu’ils sont ingrats, changeants, dissimulés, ennemis du danger, avides de gagner. »

Machiavel (Nicolas), Le Prince, XVII (traduction de Jacques Gohory, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche classique », 1962 [édition 1966], p. 118).

« Un homme, même différent, même avili, reste un homme à qui nous devons permettre de poursuivre une vie d’homme. »

Mounier (Emmanuel), Le personnalisme, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? » (n. 395), 1949 (9e édition : 1965), p. 48.

« Comme la bicyclette ou l’avion n’ont leur équilibre qu’en mouvement et au-delà d’une certaine force vive, l’homme ne tient debout qu’avec un minimum de force ascensionnelle. En perte de hauteur, il ne retombe pas sur quelque humanité modérée, ou, comme on dit, sur l’animal, mais très en dessous de l’animal : aucun être vivant sauf l’homme n’a inventé les cruautés et les bassesses où il se complaît encore. »

Mounier (Emmanuel), Le personnalisme, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? » (n. 395), 1949 (9e édition : 1965), p. 86.

« Physiologiquement, déjà, les deux organismes [de l’homme et de la femme] ont une allure très différente. L’organisme masculin est une machine puissante, à grand rendement moteur, depuis le spermatozoïde qui, a-t-on dit par figure, n’a que la peau sur les os, jusqu’à l’important dispositif musculaire de l’homme adulte servi par une forte capacité pulmonaire et un plus grand nombre de globules rouges, qui lui donnent l’avantage sur des viscères plus petits. L’organisme féminin apparaît en opposition, depuis l’ovule, comme un organisme de réserves, avec moins de muscles et plus de graisse, une capacité pulmonaire inférieure, plus d’eau dans le sang. Le premier de ces organismes est fait pour le travail, la mobilité, la lutte ; le second, plus proche de l’organisme enfantin, pour l’accumulation et la génération […]. L’homme est tourné vers la puissance, la femme vers la sécurité. »

Mounier (Emmanuel), Traité du caractère, Paris, Seuil, collection « Esprit », 1947 (édition revue et augmentée), p. 159.

« Je connais [les hommes] ; je suis très persuadé qu’il y en a très peu de très méchants, beaucoup de lâches, et un grand nombre d’indifférents. »

Musset (Alfred, de), Lorenzaccio, V, 2 (Paris, Larousse, collections « Nouveaux classiques Larousse », 1971, p. 134).

« Ces petits animaux qu’on appelle les hommes. »

Ronsard (Pierre, de), Remonstrance au peuple de France, v. 19 (Discours. Derniers vers, Paris, Garnier-Flammarion, 1979, p. 95).

« Vous n’avez qu’à regarder une girouette ; elle tourne tantôt au doux souffle du zéphyr, tantôt au vent violent du nord : voilà l’homme. »

Voltaire, Pot-pourri, XII (Zadig et autres contes, Paris, Gallimard, collection « Folio », 1979 [édition 1994], p. 197).

Réminiscence possible de Ronsard (Pierre, de), Remonstrance au peuple de France, vv. 52-54 (Discours. Derniers vers, Paris, Garnier-Flammarion, 1979, p. 96) :

« Un vrai jong d’un estang, le jouet de la bise,
« Ou quelque girouette, inconstante, et suivant
« Sur le haut d’une tour la volonté du vent. »


La vie

« La vie est tout bonnement une complication d’intérêts et de sentiments. »

Balzac (Honoré, de), La duchesse de Langeais (s.l., Au Sans Pareil, collection « La Bibliothèque des chefs-d’œuvre », 1996, p. 151).

« Voilà la vie ! la vie telle qu’elle est : de grandes prétentions, de petites réalités. »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée, III (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 267).

« La vie est une aventure qui ne peut finir que très mal. »

Daninos (Pierre), Le 36e dessous, Pierre Daninos, collection « Livre de poche », 1974 (édition 1988), p. 79).

« Rien dans la vie réelle n’a valeur de commencement narratif ; la mémoire se perd dans les brumes de la petite enfance ; ma naissance et, à plus forte raison, l’acte par lequel j’ai été conçu appartiennent plus à l’histoire des autres, en l’occurrence celle de mes parents, qu’à moi-même. Quant à ma mort, elle ne sera fin racontée que dans le récit de ceux qui me survivront ; je suis toujours vers ma mort, ce qui exclut que je la saisisse comme fin narrative. »

Ricœur (Paul), Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, collection « L’ordre philosophique », 1990, p. 190.

« [La vie est] la chose qu’on reçoit sans remercier, dont on jouit sans savoir comment, qu’on donne aux autres quand on ne sait pas où l’on en est, et qu’on perd sans s’en apercevoir. »

Voltaire, Zadig ou la destinée, XIX (Paris, Gallimard, collection « Folio », 1992, p. 152).