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128.33 Raison, rationalité

« Chez les pervers ou chez ceux qui se comportent de manière perverse il semblerait que souvent ce soit le corps qui commande à l’âme du fait qu’ils sont dans un état défectueux et contre nature. Donc, d’après nous, c’est d’abord chez l’homme comme vivant qu’on peut voir un pouvoir aussi bien magistral que politique ; l’âme, en effet, exerce un pouvoir magistral sur le corps, et l’intelligence un pouvoir politique et royal sur le désir. Dans ces conditions il est manifeste qu’il est à la fois conforme à la nature et avantageux que le corps soit commandé par l’âme et que la partie passionnée le soit par l’intellect, c’est-à-dire par la partie qui possède la raison, alors que leur égalité ou l’interversion de leurs rôles est nuisible à tous. »

Aristote, Les politiques, I, 5, 1254b (traduction par Pierre Pellegrin, Paris, Flammarion, 1990 [2e édition : 1993], pp. 100-101).

« En ceci peut-être consiste toute la différence qui sépare l’homme naturel de l’homme civilisé. Le Sauvage n’a que des sentiments, l’homme civilisé a des sentiments et des idées. Aussi, chez les Sauvages, le cerveau reçoit-il pour ainsi dire peu d’empreintes, il appartient alors tout entier au sentiment qui l’envahit, tandis que chez l’homme civilisé, les idées descendent sur le cœur qu’elles transforment ; celui-ci est à mille intérêts, à plusieurs sentiments, tandis que le Sauvage n’admet qu’une idée à la fois. C’est la cause de la supériorité momentanée de l’enfant sur les parents et qui cesse avec le désir satisfait ; tandis que, chez l’homme voisin de la Nature, cette cause est continue. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette, I (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 44).

« L’homme a, pour payer sa rançon,
« Deux champs au tuf profond et riche,
« Qu’il faut qu’il remue et défriche
« Avec le fer de la raison
« Pour obtenir la moindre rose,
« Pour extorquer quelques épis,
« Des pleurs salés de son front gris
« Sans cesse il faut qu’il les arrose,
« L’un est l’Art, et l’autre l’Amour. »

Baudelaire (Charles), « La rançon », Les fleurs du mal, CXLIV (Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche », 1972 [édition 1983], p. 253).

« Souvent de tous nos maux la raison est le pire. »

Boileau (Nicolas), Satires, IV, 112 (Paris, Hatier, collection « Les classiques pour tous », s.d., p. 33).

« Jouir, quel triste but et quelle ambition chétive ! La brute jouit. Penser, voilà le triomphe vrai de l’âme. »

Hugo (Victor), Les Misérables, II, 7, 6 (Paris, Librairie Générale Française, « Le Livre de poche classique », 1998, p. 717).

« L’âme qui, malgré les sécheresses et les épreuves, se soumet à ce que dicte la raison, est plus agréable à Dieu que celle qui sans la suivre fait tout avec consolation. »

S. Jean de la Croix, Avis et maximes, n. 19 (Œuvres spirituelles, traduction du R.P. Grégoire de Saint-Joseph, Paris, Seuil, 1947, p. 1180).

« Considérez que votre ange gardien n’incline pas toujours vos tendances à agir, bien qu’il éclaire toujours votre entendement. Aussi ne regardez pas au goût que vous éprouvez ou non, quand il s’agit de pratiquer la vertu ; la raison et l’entendement vous suffisent. »

S. Jean de la Croix, Avis et maximes, n. 34 (Œuvres spirituelles, traduction du R.P. Grégoire de Saint-Joseph, Paris, Seuil, 1947, p. 1184).

« Prenez conseil de votre raison pour accomplir ce qu’elle vous dicte dans la voie de Dieu ; cela aura plus de valeur devant Dieu que toutes les œuvres que vous feriez sans son secours et que tous les goûts spirituels que vous cherchez. »

S. Jean de la Croix, Avis et maximes, n. 40 (Œuvres spirituelles, traduction du R.P. Grégoire de Saint-Joseph, Paris, Seuil, 1947, p. 1185).

« Bienheureux celui qui, n’écoutant ni ses goûts ni ses inclinations, suit la raison et la justice pour chacune de ses œuvres. »

S. Jean de la Croix, Avis et maximes, n. 41 (Œuvres spirituelles, traduction du R.P. Grégoire de Saint-Joseph, Paris, Seuil, 1947, p. 1185).

« L’homme qui agit selon la raison ressemble à celui qui prend des aliments substantiels. Mais l’homme qui cherche dans ses œuvres à satisfaire ses goûts et sa volonté, ressemble à celui qui se nourrit de fruits légers. »

S. Jean de la Croix, Avis et maximes, n. 42 (Œuvres spirituelles, traduction du R.P. Grégoire de Saint-Joseph, Paris, Seuil, 1947, p. 1185).

« L’âme qui veut avoir des révélations pèche au moins véniellement ; celui qui la pousse à ce désir ou qui y consent, pèche de même, quelque parfait que soit le but qu’il se propose. Il n’y a, en effet, aucune nécessité d’avoir des révélations. La raison naturelle et la loi évangélique suffisent pour nous diriger en toutes choses. »

S. Jean de la Croix, Avis et maximes, n. 109 (Œuvres spirituelles, traduction du R.P. Grégoire de Saint-Joseph, Paris, Seuil, 1947, p. 1195).

« Omnibus in terris, quae sunt a Gadibus usque Auroram et Gangen, pauci dinoscere possunt vera bona atque illis multum diversa, remota erroris nebula. Quid enim ratione timemus aut cupimus ? Quid tam dextro pede concipis, ut te conatus non paeniteat votique peracti ? Evertere domos totas optantibus ipsis di faciles. »

(Dans tout l’univers, de Gadès au Gange où naît l’Aurore, il n’est que bien peu d’hommes qui, dissipant les nuages de l’illusion, sachent discerner les biens véritables de ceux qui leur sont tout à fait contraires. Quand la raison règle-t-elle nos craintes ou nos désirs ? Quel projet formé avec assez de bonheur pour qu’on n’ait pas à se repentir de l’avoir entrepris et poussé à bout ? Rien qu’à exaucer leurs souhaits, les dieux trop faciles ont ruiné des familles entières.).

Juvénal, Satires, X, 1-8 (traduction par Pierre de Labriolle et François Villeneuve, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1921, p. 124).

« La raison a beau crier, elle ne peut mettre le prix aux choses. »

Pascal (Blaise), Pensées, n. 82 (Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche », 1972 [édition 1994], p. 41).

« Tout ainsi que le corps s’exerce en travaillant
« Il faut que la raison s’exerce en bataillant. »

Ronsard (Pierre, de), « Institution pour l’adolescence du Roy treschrestien Charles neufviesme de ce nom », vv. 75-76, Discours. Derniers vers, Paris, Garnier-Flammarion, 1979, p. 69.