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149.96 Structuralisme (Louis Althusser, Michel Foucault, Jacques Lacan, Claude Lévi-Strauss)

« Pour la pensée moderne, il n’y a pas de morale possible. »

Foucault (Michel), Les mots et les choses. Une archéologie des sciences humaines, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1966 (édition 2005), p. 339.

« L’activité inconsciente de l’esprit consiste à imposer des formes à un contenu, et […] ces formes sont fondamentalement les mêmes pour tous les esprits, anciens et modernes, primitifs et civilisés. […] Il faut et il suffit d’atteindre la structure inconsciente, sous-jacente à chaque institution ou à chaque coutume, pour obtenir un principe d’interprétation valide pour d’autres institutions et d’autres coutumes. [Le but de l’ethnologie] est d’atteindre, par delà l’image consciente et toujours différente que les hommes forment de leur devenir, un inventaire de possibilités inconscientes, qui n’existent pas en nombre illimité. »

Lévi-Strauss (Claude), Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958 (édition 1974), pp. 28-30.

« Un système de parenté ne consiste pas dans les liens objectifs de filiation ou de consanguinité donnés entre les individus ; il n’existe que dans la conscience des hommes, il est un système arbitraire de représentations, non le développement spontané d’une situation de fait. »

Lévi-Strauss (Claude), Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958 (édition 1974), p. 61.

« L’activité inconsciente de l’esprit consiste en modalités temporelles de lois universelles. »

Lévi-Strauss (Claude), Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958 (édition 1974), p. 75.

« Toute la pensée mythique, le rituel entier, consistent en une réorganisation de l’expérience sensible au sein d’un système sémantique. »

Lévi-Strauss (Claude), Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958 (édition 1974), p. 109.

« L’amour des livres et des musées, le goût des antiquaires et de la brocante témoignent, sur un mode parfois dérisoire, qu’au cœur même de la civilisation contemporaine une tentative persiste, désespérée sans doute et inéluctablement vaine, pour arrêter le temps et le retourner dans l’autre sens.

« L’intérêt que nous croyons prendre au passé n’est donc, en fait, qu’un intérêt pour le présent ; en le reliant fermement au passé, nous croyons rendre le présent plus durable, l’arrimer pour l’empêcher de fuir et de devenir lui-même du passé. Comme si, mis au contact du présent, le passé allait par une miraculeuse osmose devenir lui-même présent, et que du même coup le présent fût prémuni contre son propre sort, qui est de devenir du passé. »

Lévi-Strauss (Claude), Mythologiques. L’homme nu, Paris, Plon, 1971 (édition 2009), p. 542.

« L’existentialisme – cette entreprise auto-admirative où, non sans jobardise, l’homme contemporain s’enferme en tête-à-tête avec lui-même et tombe en extase devant soi – se coupe d’un savoir scientifique qu’on méprise et d’une humanité réelle dont on méconnaît la profondeur historique et les dimensions ethnographiques, pour se ménager un petit monde clos et réservé : Café du Commerce idéologique où, pris entre les quatre murs d’une condition humaine taillée à la mesure d’une société particulière, des habitués ressassent à longueur de journée des problèmes d’intérêt local, au-delà desquels l’atmosphère enfumée de leur tabagie dialectique les empêche de porter la vue. »

Lévi-Strauss (Claude), Mythologiques. L’homme nu, Paris, Plon, 1971 (édition 2009), p. 572.

« La Révolution a mis en circulation des idées et des valeurs qui ont fasciné l’Europe puis le monde, et qui procurèrent à la France, pendant plus d’un siècle, un prestige et un rayonnement exceptionnels. On peut toutefois se demander si les catastrophes qui se sont abattues sur l’Occident n’ont pas aussi là leur origine. […] On a mis dans la tête des gens que la société relevait de la pensée abstraite alors qu’elle est faite d’habitudes, d’usages, et qu’en broyant ceux-ci sous les meules de la raison, on pulvérise des genres de vie fondés sur une longue tradition, on réduit les individus à l’état d’atomes interchangeables et anonymes. La liberté véritable ne peut avoir qu’un contenu concret : elle est faite d’équilibres entre des petites appartenances, des menues solidarités : ce contre quoi les idées théoriques qu’on proclame rationnelles s’acharnent ; quand elles sont parvenues à leurs fins, il ne leur reste plus qu’à s’entre-détruire. Nous observons aujourd’hui le résultat. »

Lévi-Strauss (Claude), Eribon (Didier), De près et de loin, Paris, Odile Jacob, collection « Bibliothèque », 2009, pp. 165-166.