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170 Morale (devoir, éthique, philosophie morale)

« Celui qui peut empêcher et n’empêche pas, nous avons accoutumé de dire qu’il veut ce qu’il n’empêche pas. »

S. Anselme, Cur Deus Homo, I, 10 (Œuvre, t. III, traduction par Michel Corbin, Paris, Cerf, 1988, pp. 336-337).

« Il ne suffit pas de vouloir le bien. Si on le désire mal, on peut tuer le bien. Il ne suffit pas de vouloir du bien à quelqu’un : si on le veut mal, on peut donner la mort. »

Beauchamp (Paul), Psaumes nuit et jour, Paris, Seuil, 1980, p. 74.

« Le premier signe de corruption, dans une société encore vivante, c’est que la fin y justifie les moyens. Mais la preuve que la nôtre n’est plus vivante, c’est que les moyens sont devenus la fin. Ils n’ont ainsi besoin d’aucune justification. »

Bernanos (Georges), La liberté pour quoi faire ?, Paris, Gallimard, collection « Idées », 1953 (édition 1972), p. 183.

« Une nuance assez tranchée sépare acte et action. L’acte, c’est plutôt […] l’initiative première de l’effort interne, soit que par nature tout doive se borner à cette opération spirituelle, soit que l’on envisage, dans l’œuvre même, la part toute subjective de l’agent. Le mot action indique plutôt le passage de l’intention à l’exécution qui l’incarne, et souvent, par suite, le résultat ou l’œuvre même de cette opération transitive. Entre acte et action il subsiste donc une différence analogue, mais contraire à celle qu’il y a entre œuvre et opération. »

Blondel (Maurice), L’Action (1893). Essai d’une critique de la vie et d’une science de la pratique, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Bibliothèque de philosophie contemporaine », 1950, p. 116.

« Contre tous les “réalismes” qui veulent proposer aux hommes des efforts assez limités pour être à la mesure de leurs faibles forces, Kant proclame […] le droit souverain de la liberté. Même s’il est impossible d’y satisfaire totalement, seule l’exigence entière et catégorique est susceptible de diriger des êtres libres. Ils ne s’y conformeront qu’en partie, mais nul n’a le droit de leur demander moins, ni d’ériger en loi de leur effort le résultat fini auquel on présume qu’il aboutira. Car le terme borné qui semble à leur portée est en même temps une limite qu’on prétend assigner à la puissance de la liberté en eux. Sous prétexte de ne pas en demander trop, on postule qu’ils ne pourront pas faire davantage : la sollicitude du réalisme trahit donc une philosophie du mépris. C’est au contraire un devoir de respect envers les hommes, que de toujours les connaître pour libres, c’est-à-dire capables de dépasser tout terme auquel les prétendues leçons de l’expérience veulent nous faire modestement limiter nos espoirs. »

Delamarre (Alexandre J.-L.), Marty (François), in : Kant (Emmanuel), Critique de la raison pure, Paris, Gallimard, Collection « Folio/Essais », 1980, p. 885 (note 2 de la p. 335).

« D’un comportement marqué par la méchanceté, on dit sans même s’en rendre compte qu’il est “inhumain”. On pousse même le ridicule et le mépris du sens exact des mots jusqu’à le déclarer “bestial”. La bévue est colossale : non seulement le mal est humain, mais il est même l’un des propres de l’homme, l’une de ses différences les plus spécifiques d’avec les autres êtres. On ne rencontre point d’assassins chez les bêtes. »

Ferry (Luc), L’homme-Dieu ou le Sens de la vie, Paris, Grasset, 1996, p. 107.

« Pour la pensée moderne, il n’y a pas de morale possible. »

Foucault (Michel), Les mots et les choses. Une archéologie des sciences humaines, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1966 (édition 2005), p. 339.

« Bien agir, c’est agir dans l’intention de respecter la volonté divine. Il faut donc distinguer entre la bonté de l’intention et la bonté du résultat (opus) comme entre la malice de l’intention et la malice du résultat. Il n’y a pas plus de rapport entre l’un et l’autre qu’entre un père et son fils. Le fils d’un homme bon peut être mauvais ; pareillement, l’effet d’une bonne intention peut être mauvais, et le fait que l’intention dont il procède est bonne ne change rien à sa nature. Comme le mal, le bien se trouve donc placé, entre l’inclination spontanée du vouloir et l’œuvre même (opus) que produit l’acte, dans l’intention qui gouverne cet acte. C’est pourquoi l’acte lui-même n’a aucune autre valeur morale que celle de l’intention qui le dicte. Il n’en est pourtant pas de l’acte (operatio) tout à fait comme de l’œuvre qui en résulte. Une intention qui de soi est bonne peut avoir pour effet une œuvre de soi mauvaise, ou inversement ; mais l’acte moral que dicte une intention bonne est toujours un acte bon, comme celui que dicte une intention mauvaise est toujours mauvais. Ainsi, pour le bien comme pour le mal, la moralité de l’acte se confond avec celle de l’intention.

« Mais qu’est-ce qu’une bonne intention ? Ce n’est pas simplement une intention qui semble bonne. C’est celle qui l’est réellement. Pour bien faire, il ne suffit donc pas de croire que ce que l’on fait plaise à Dieu, il faut encore que ce soit là ce que Dieu veut que l’homme fasse. »

Gilson (Étienne), La philosophie au Moyen Âge. Des origines patristiques à la fin du XIVe siècle, Paris, Payot, 1944 (2e édition), pp. 289-290.

« Le fondement de la morale, c’est la nature humaine même. Le bien moral, c’est tout objet, toute opération permettant à l’homme d’accomplir les virtualités de sa nature et de s’actualiser selon la norme de son essence, qui est celle d’un être doué de raison. […] De même qu’elle fait que les êtres sans raison agissent selon ce qu’ils sont, la nature laisse aux êtres doués de raison la tâche de discerner ce qu’ils sont, afin d’agir en conséquence. Deviens ce que tu es, telle est leur loi suprême : homme, actualise jusqu’à leurs plus extrêmes limites les virtualités de l’être intelligent que tu es. »

Gilson (Étienne), Le thomisme. Introduction à la philosophie de saint Thomas d’Aquin, Paris, Vrin, collection « Études de philosophie médiévale », 1972 (6e édition), p. 344.

« Soutenir qu’il suffit de donner à l’Homme une information (une instruction) meilleure pour qu’il devienne moral atteste une incompréhension radicale de ce que sont la morale et le jugement moral. L’imbécile qui a lancé le slogan “Instruisez l’Homme, vous le rendrez meilleur”, mérite les verges.

« […] J’ai connu des hommes de science d’une grande bonté et d’une haute moralité ; j’en ai connu quelques autres qui, non seulement étaient féroces pour leurs collègues et leurs subordonnés, mais violaient sciemment et quotidiennement les règles morales les plus fondamentales. Le mal puise un aliment très favorable à son développement, à sa réussite, dans le progrès scientifique. L’hitlérisme, qui a été la plus démoniaque et la plus féroce des tyrannies, se fondait sur des données scientifiques et tenait beaucoup à leur appui.

« Le crime parfait est l’œuvre de l’Homme “parfaitement” informé sur les circonstances dans lesquelles il va commettre son forfait et sur les conséquences qui en découleront.

« La maffia, le fait est prouvé, compte parmi ses membres des hommes fort instruits. Les chefs de gangs sont les plus astucieux, les plus instruits de leurs bandes, ils en sont, dit-on, le cerveau !

« Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent, intelligence étincelante, diplomate incomparable, fut d’une constante immoralité. Arrêtons là cette énumération, car on pourrait l’allonger indéfiniment.

« La science livre ses découvertes à l’Homme : du couteau à la fission de l’atome. De l’un comme de l’autre, l’Homme use à sa guise. Le couteau est le plus pacifique des outils, mais dans la main de Caïn, il devint l’instrument du crime. La science n’est ni bonne ni mauvaise en soi. C’est nous qui lui donnons une valeur morale ou immorale. La vérité scientifique ne touche pas notre conscience morale ; on peut aller jusqu’à dire qu’elle lui est étrangère. L’analphabète peut posséder plus de sens moral que le plus savant des hommes. »

Grassé (Pierre Paul), Toi, ce petit dieu ! Essai sur l’histoire naturelle de l’homme, Paris, Albin Michel, collection « Les Savants et le Monde », 1971, pp. 82-83.

« Valeur : tout ce qui est désirable (et non pas seulement ce qui est “désiré”). – Il y a des valeurs biologiques (santé, force), économiques (droit), esthétiques (beauté), morales (vertu), religieuses (sacré), etc. D’une manière générale, on distingue trois groupes de valeurs : le vrai, le bien, le beau. La notion de valeur (ce qui doit être) se distingue de celle de vérité (ce qui est) ; c’est une notion pratique, qui n’a de sens que par rapport à l’expérience de la volonté ou de l’action.  Elle implique un élément “dynamique”, sous la forme d’un désir ou d’une sensibilité du côté du sujet : un objet ou un être qui nous paraissent posséder d’autant plus de valeur que notre désir est plus grand ; inversement, un objet de grande valeur (or, argent) peut n’avoir aucune valeur à nos yeux, si nous n’en avons aucun désir.  Elle possède cependant un aspect objectif ou “statique” (caractère social, traditionnel ou universellement humain de la valeur : par exemple, de la culture, de l’honnêteté, de la fidélité, etc.). »

Julia (Didier), Dictionnaire de la philosophie, Paris, Larousse, 1984, pp. 296-297.

« Il peut arriver que la conscience soit erronée, et si ma conscience est erronée par ma faute, c’est une faute aussi de poser l’acte, de soi mauvais, prescrit par elle. Mais le principe absolu demeure qu’agir contre sa conscience est toujours et en tout cas coupable (même dans ce cas-là, de sorte qu’à moins de réformer le jugement de ma conscience je serai en faute : soit en suivant ma conscience coupablement erronée, soit en agissant contre elle). […] La conscience peut être objectivement et à bon droit certaine de ne pas se tromper si elle s’éclaire et s’instruit, et use des critères convenables. »

Maritain (Jacques), La philosophie morale. Examen historique et critique des grands systèmes, Paris, Gallimard, collection « Bibliothèque des Idées », 1960, p. 207, note 2.

« L’esthétique appelle l’éthique. La maîtrise : c’est la même loi qui s’impose à l’artiste et à l’homme. Tu domineras ton œuvre dans la mesure où tu auras dominé ta vie. »

Mauriac (François), Mémoires intérieurs, XVI, Paris, Flammarion, collection « Le Livre de poche », 1959 (édition 1966), p. 353.

« Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale. »

Pascal (Blaise), Pensées, n. 347 (Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche », 1972 [édition 1994], p. 162).

« Tant pis si je me crotte ! Un coup de brosse est vite donné. »

Rebell (Hugues), La femme qui a connu l’Empereur (Paris, Union Générale d’Éditions, collection « 10/18 », 1979, p. 183).

« On a des principes s’lon ce qu’on a de pain dans son armouère. »

Rebell (Hugues), La femme qui a connu l’Empereur (Paris, Union Générale d’Éditions, collection « 10/18 », 1979, p. 342).