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170.14 Terminologie éthique

« Morale-Éthique : bien que ces deux termes aient la même signification – le premier venant du latin mos, le second du grec ethos, l’un et l’autre désignant “les mœurs” – nous distinguerons par convention la morale, terme dont nous userons pour parler de l’ensemble des comportements tels qu’ils sont vécus par des individus dans une société donnée, ainsi que les prescriptions qui déterminent ces comportements, de l’éthique, terme qui désignera la réflexion sur la légitimité de la morale et des prescriptions qui lui sont liées. »

Fuchs (Éric), Comment faire pour bien faire ? Introduction à l’éthique, Genève, Labor et Fides, collection « Le champ éthique » (n. 28), 1996, p. 67.

« Étymologiquement, le terme morale vient du latin mos, moris, qui signifie : manière d’agir, comportement, coutumes ou, littéralement, mœurs. De ce point de vue, la morale pourrait donc se définir comme la science des mœurs humaines, du comportement humain. C’est d’ailleurs aussi le sens du vocable éthique, dérivé du grec êthos, terme qui signifie également : caractère, mœurs, usages. Les deux termes morale et éthique peuvent dès lors être considérés en principe comme synonymes. En fait, cependant, l’on réserve le plus souvent de préférence le terme d’“éthique” pour la partie générale de la morale. »

Léonard (André), Le fondement de la morale. Essai d’éthique philosophique générale, Paris, Cerf, collection « Recherches morales », 1991 (édition 2006), p. 19.

« Qu’en est-il […] de la distinction proposée entre éthique et morale ? Rien dans l’étymologie ou dans l’histoire de l’emploi des termes ne l’impose. L’un vient du grec, l’autre du latin ; et les deux renvoient à l’idée intuitive de mœurs, avec la double connotation que nous allons tenter de décomposer, de ce qui est estimé bon et de ce qui s’impose comme obligatoire. C’est donc par convention que je réserverai le terme d’éthique pour la visée d’une vie accomplie et celui de morale pour l’articulation de cette visée dans des normes caractérisées à la fois par la prétention à l’universalité et par un effet de contrainte […]. On reconnaîtra aisément dans la distinction entre visée et norme l’opposition entre deux héritages, un héritage aristotélicien, où l’éthique est caractérisée par sa perspective téléologique, et un héritage kantien, où la morale est définie par le caractère d’obligation de la norme, donc par un point de vue déontologique. »

Ricœur (Paul), Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, collection « L’ordre philosophique », 1990, p. 200.

Habitus

« L’habitus est une qualité qui affecte l’être en sa nature même, c’est-à-dire qu’il est une disposition, une manière d’être – dont le siège est dans l’intelligence et la volonté – déterminant l’attitude d’un sujet vis-à-vis de lui et de ce qui l’entoure. Chez un sujet politique, l’habitus sera une disposition fixée qui détermine l’activité réglée de ce sujet : les inclinations habituelles s’ajoutent à la nature sociale de l’inferior comme des forces disciplinées, toujours prêtes à jaillir en action, car grâce aux habitus, l’homme politique – comme l’homme moral – acquiert cette facilité d’agir qui lui permet de dominer ses élans en leur imposant une discipline. »

Barbey (Jean), La fonction royale. Essence et légitimité d’après les Tractatus de Jean de Terrevermeille, Paris, Nouvelles Éditions Latines, 1983 (édition 2003), pp. 171-172.

« La meilleure traduction serait l’expression, attestée au XVIIe siècle, “une ayance”. C’est autre chose qu’une habitude, fait mécanique. C’est une qualification, vivante comme eux, des facultés ou de l’esprit, qui les dispose à l’égard d’un certain ordre d’objets ou d’une certaine finalité, leur en donne le goût ou le sens, leur rend plus facile, et donc aussi plus naturel et plus délectable, d’agir. L’ayance donne une disposition à s’employer dans un certain sens : un militaire pense tactiquement, un prêtre doit penser théo-logiquement (et donc évangéliquement, apostoliquement : car son Theos est le Dieu vivant dévoilé en Jésus-Christ).

« Un habitus surnaturel est un pur don de Dieu : il apporte le posse pur et simple ; un habitus acquis donne, comme fruit de l’effort, le facile posse. L’habitus ou ayance théologique est surnaturel dans sa racine, la foi, mais il est intrinsèquement, 1°) acquis, non infus […], et même, 2°) naturel […], venant de l’effort de l’homme rationnel à partir de la foi. »

Congar (Yves), La Foi et la Théologie, Tournai, Desclée, collection « Le Mystère Chrétien », 1962, p. 192.

« Vertu et vice sont des habitus. Or l’habitus se distingue ainsi de la puissance : alors que la puissance nous rend capables de faire quelque chose, l’habitus ne nous rend ni capables ni incapables de faire quoi que ce soit, mais nous rend habiles ou inhabiles à faire bien ou mal ce que nous avons le pouvoir de faire. L’habitus ne nous donne ni ne nous enlève aucun pouvoir ; il nous donne simplement de faire quelque chose, bien ou mal. »

S. Thomas d’Aquin, Somme contre les gentils, IV, lxxvii (traduction par Réginald Bernier et Fulgence Kerouanton, Paris, Cerf, 1993, p. 957).