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176 Morale sexuelle, morale concernant la reproduction (adultère, célibat, chasteté, contraception, homosexualité, insémination artificielle, maternité de substitution, mères porteuses, promiscuité sexuelle, relations avant le mariage, relations extra-conjugales, transplantation d’embryons, etc.)

« Le dévouement […] est un sentiment qui, pour un mari, lui semble dû, la conscience de l’immense valeur d’un amour absolu se perd bientôt, comme le débiteur se figure, au bout de quelque temps, que le prêt est à lui. Cette loyauté sublime devient en quelque sorte le pain quotidien de l’âme, et l’infidélité séduit comme une friandise. La femme dédaigneuse, une femme dangereuse surtout irrite la curiosité, comme les épices relèvent la bonne chère. […] Beaucoup d’hommes veulent avoir ces deux éditions du même ouvrage (la femme et la maîtresse), quoique ce soit une immense preuve d’infériorité chez un homme de ne pas savoir faire de sa femme sa maîtresse. La variété dans ce genre est un signe d’impuissance. La constance sera toujours le génie de l’amour, l’indice d’une force immense, celle qui constitue le poète ! On doit avoir toutes les femmes dans la sienne, comme les poètes crottés du dix-septième siècle faisaient de leurs Manons des Iris et des Chloés ! »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 216).

« Beaucoup de femmes mariées, attachées à leurs devoirs et à leurs maris, pourront […] se demander pourquoi ces hommes si forts et si bons […] ne prennent pas leurs femmes […] pour l’objet de leur fantaisie et de leurs passions. Ceci tient aux plus profonds mystères de l’organisation humaine. L’amour, cette immense débauche de la raison, ce mâle et sévère plaisir des grandes âmes, et le plaisir, cette vulgarité vendue sur la place, sont deux faces différentes d’un même fait. La femme qui satisfait ces deux vastes appétits des deux natures, est aussi rare, dans le sexe, que le grand général, le grand écrivain, le grand artiste, le grand inventeur, le sont dans une nation. L’homme supérieur comme l’imbécile […] ressentent également le besoin de l’idéal et celui du plaisir ; tous vont cherchant ce mystérieux androgyne, cette rareté, qui, la plupart du temps, se trouve être un ouvrage en deux volumes. Cette recherche est une dépravation due à la société. Certes, le mariage doit être accepté comme une tâche, il est la vie avec ses travaux et ses durs sacrifices également faits des deux côtés. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 270).

« Un véritable amoureux ressemble à un eunuque, car il n’y a plus de femme pour lui sur la terre ! »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, pp. 369-370).

« Un vrai sentiment ne se partage pas, il doit être entier, ou il n’est pas.  »

Balzac (Honoré, de), Le lys dans la vallée (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, pp. 83-84).

« Les courtisanes qui, roulées dans les fanges et les impuretés, ont soif des noblesses, des dévouement du véritable amour, […] en pratiquent alors l’exclusivité (ne faut-il pas faire un mot pour rendre une idée si peu mise en pratique ?). Les nations disparues, la Grèce, Rome et l’Orient ont toujours séquestré la femme, la femme qui aime devrait se séquestrer d’elle-même. »

Balzac (Honoré, de), Splendeurs et misères des courtisanes, II, 5 (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 209).

« Un cœur, vous le savez, à deux ne saurait être. »

Molière, Les femmes savantes, V, 1, v. 1481 (Paris, Larousse, collection « Nouveaux classiques Larousse », 1971, p. 128).

« Un cœur bien atteint veut qu’on soit tout à lui. »

Molière, Le Misanthrope, I, 1, v. 240 (Paris, Larousse, collection « Classiques Larousse », 1990 [édition 1995], p. 37).

Chasteté

« Il est plus aisé de rester chaste que de le redevenir. »

Blondel (Maurice), L’Action (1893). Essai d’une critique de la vie et d’une science de la pratique, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Bibliothèque de philosophie contemporaine », 1950, p. 172.

« La pudeur et la chasteté sont des chaînes d’or et des colliers. De tels bijoux, c’est Dieu qui en est l’orfèvre. »

Clément d’Alexandrie, Le Pédagogue, II xii 129 1 (traduction de Claude Mondésert, Paris, Cerf, collection « Sources chrétiennes », n. 108, 1965, p. 241).

« Le commencement de la chasteté, c’est le jeûne. »

S. Jean Chrysostome, Homilia I in Epistolam secundam ad Thessalonicenses, 2 (PG 62, 470 ; traduction : Œuvres complètes, Bar-le-Duc, Guérin, 1863-1867, t. XI, p. 247).

Cf. Tertullien, De jejuniis, I, 2 (PL 2, 953BC ; traduction : Œuvres, Paris, Vivès, 1852, t. 3, p. 377) :

« Per edacitatem salacitas transit. »

« La volupté a pour auxiliaire la gourmandise. »

« Quant à la chasteté, j’entends l’esprit de chasteté, il faudrait faire entendre au monde que ce n’est pas une énergie accessoire, marginale, nécessaire à certains états de la vie et dont la plupart des hommes peuvent se passer. La maîtrise de l’esprit sur la chair n’est pas une spécialité de ceux qui ont renoncé, par un plus grand amour, à l’usage de la chair : cette maîtrise est indispensable pour la dignité humaine. Elle se rattache à la vertu que les Anciens nommaient tempérance, et qui n’est pas autre que la possession de soi-même ; j’ose dire que la chasteté obtient ce à quoi les modernes avec raison tiennent très fort : la disponibilité, l’autonomie, la liberté. Ne craignons pas de dire très haut ce que la plupart des hommes pensent tout bas : il n’y a pas de vraie liberté sans l’esprit de chasteté.

« Et je dirai encore que la chasteté, en particulier la chasteté conjugale, est liée à la foi et à l’amour. Lorsque le sens de la chasteté diminue dans les consciences, on voit aussi diminuer le pouvoir d’accueillir en soi la parole de Dieu, le désir de la vie éternelle, la soif d’un entretien avec Dieu. En somme, tout l’esprit des Béatitudes pourrait se résumer par la Béatitude : Bienheureux ceux qui ont le cœur pur parce qu’ils verront Dieu !

« […] Et je dirai enfin, m’adressant principalement aux artistes, que l’esprit de chasteté nous rapproche de la beauté, qu’il permet de l’atteindre par une voie plus sûre et plus courte. Il donne la jeunesse, la fraîcheur et le renouvellement de l’inspiration. C’est une clé d’or, elle ouvre le monde. Elle nous restitue un peu du paradis perdu, j’entends : cette innocence, cette plénitude de vision, qui est la fin recherchée par tous les arts. Si le monde méprise cet esprit de chasteté, c’est qu’il désespère de l’avoir. Ou encore c’est que, par l’effet de ce même désespoir, il conteste, il nie ce qu’il a perdu. »

Paul VI, in : Guitton (Jean), Dialogues avec Paul VI, Paris, François-Xavier de Guibert, 2001 (2e édition), pp. 249-251.

« Les hommes chastes sont les seuls forts. »

Zola (Émile), La conquête de Plassans, Paris, Fasquelle, collection « Le Livre de poche » (n. 384), 1978, p. 257.

Contraception

« La nature entendait sûrement que l’homme procréât sans fin, comme tous les autres vivants ; elle a pris les précautions les plus minutieuses pour assurer la conservation de l’espèce par la multiplication des individus ; elle n’avait donc pas prévu, en nous donnant l’intelligence, que celle-ci trouverait aussitôt le moyen de couper l’acte sexuel de ses conséquences, et que l’homme pourrait s’abstenir de récolter sans renoncer au plaisir de semer. »

Bergson (Henri), Les deux sources de la morale et de la religion, Paris, Presses universitaires de France, 1932 (9e édition : 2006, collection « Quadrige »), p. 55.

Pruderie

« Le propre de la pruderie, c’est de mettre d’autant plus de factionnaires que la forteresse est moins menacée. »

Hugo (Victor), Les Misérables, III, 2, 8 (Paris, Librairie Générale Française, « Le Livre de poche classique », 1998, p. 837).

Virginité

« Pour le plaisir sexuel, il s’agit, autant que possible, de rester pur avant le mariage. »

Arrien de Nicomédie, Manuel d’Épictète, XXXIII, 8 (traduction d’Emmanuel Cattin, Paris, Flammarion, 1997 [édition 2001], p. 81).

« Dès leur enfance, [les Germains] s’entraînent à une existence fatigante et dure. Plus on a gardé longtemps sa virginité, plus on est estimé par son entourage : ils pensent qu’on devient ainsi plus grand, plus fort, plus nerveux. De fait, connaître la femme avant l’âge de vingt ans est à leurs yeux une honte des plus grandes ; on ne fait pourtant point mystère de ces choses-là, car hommes et femmes se baignent ensemble dans les rivières, et d’ailleurs, ils n’ont d’autres vêtements que des peaux ou de courts rénons qui laissent la plus grande partie du corps à nu. »

César (Jules), Guerre des Gaules, VI, 21 (traduction par Léopold-Albert Constans, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1926 [édition 1972], p. 191).

« Rien de plus ridicule que d’être le second amant d’une femme, d’abord ; quand on n’a pas été le premier, on ne peut succéder qu’au sixième… »

Darien (Georges), Le voleur (Voleurs !, Paris, Omnibus, 1994, p. 515).

« Reçois donc ma fille comme un don de ma main, et aussi comme le prix que ton mérite a conquis. Mais si tu romps sa ceinture virginale avant que toutes les cérémonies saintes aient été solennellement accomplies, jamais le ciel ne fera descendre sur vous ses douces rosées, pour faire prospérer cette union ; mais la haine stérile, le dédain au regard amer, et la discorde sèmeront votre lit nuptial de tant d’épines odieuses, que vous le prendrez tous deux en haine. Ainsi songe à veiller sur ton amour, jusqu’à ce que le flambeau de l’hymen vous éclaire. »

Shakespeare (William), La Tempête, IV, 1 (Paris, Hatier, collection « Les classiques pour tous », 1941, p. 52).