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179.9 Vertus (confiance en soi, douceur, gaieté, gratitude, honnêteté, humilité, maîtrise de soi, modestie, patience, prudence, qualités morales, tolérance, etc.)

« Les gens réellement vertueux, car il faut retrancher les hypocrites, ont presque tous de légers soupçons sur leur situation ; ils se croient dupés au grand marché de la vie, et ils ont des paroles aigrelettes à la façon des gens qui se prétendent méconnus. »

Balzac (Honoré, de), La cousine Bette, I (Paris, Bookking International, collection « Classiques français », 1993, p. 55).

« La vertu ne se fait connaître que dans l’épreuve et dans la lutte. »

Burke (Edmund), Réflexions sur la révolution de France (traduction de Pierre Andler, Paris, Hachette, collection « Pluriel », 1989, p. 64).

« On ne peut répondre de son courage quand on n’a jamais été dans le péril. »

La Rochefoucauld (François, de), Maximes, II, 236 (Paris, Flammarion, collection « Les meilleurs auteurs classiques français et étrangers », 1937, p. 215).

« Une disgrâce méritée par la vertu est moins une disgrâce qu’un titre de gloire. »

Cicéron, Les Catilinaires, I, 12 (traduction par G. Lamothe, Paris, Hatier, collection « Les classiques pour tous », 1942, p. 22).

« Les hommes sages et courageux cherchent moins la récompense de la vertu, que la vertu même. »

Cicéron, Plaidoyer pour T. A. Milon, XXXV (traduction de Pierre-Claude-Bernard Guéroult, Paris, Hatier, collection « Les classiques pour tous », 1938, p. 59).

« Il n’est pas possible de vivre heureux sans être sage, honnête et juste, ni d’être sage, honnête et juste sans être heureux. Celui qui est privé d’une de ces choses, comme, par exemple, de la sagesse, ne peut pas vivre heureux, même s’il est honnête et juste. »

Épicure, Maximes fondamentales, V (traduction de Maurice Solovine, Paris, Nathan, collection « Les Intégrales de Philo », 1998 [édition 2001], p. 112).

« La vertu consiste non pas en l’absence de mouvements mauvais, mais à la résistance à ces élans involontaires. »

Henry-Coüannier (Maurice), Saint François de Sales et ses amitiés, Paris, Monastère de la Visitation, 1979, p. 347.

« Le mieux est toujours dans la juste mesure. »

Homère, L’Odyssée, XV (traduction par Médéric Dufour et Jeanne Raison, Paris, Garnier, 1965 [édition 1992], p. 215).

« Nobilitas sola est atque unica virtus. »

(La seule et unique noblesse, c’est la vertu.)

Juvénal, Satires, VIII, 20 (traduction par Pierre de Labriolle et François Villeneuve, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1921, p. 103).

« Tanto major famae sitis est quam virtutis. Quis enim virtutem amplectitur ipsam, praemia si tollas ? »

(Tant il est vrai qu’on a plus soif de gloire que de vertu ! Ôtez le profit : qui donc embrasse la vertu pour elle-même ?)

Juvénal, Satires, X, 140-142 (traduction par Pierre de Labriolle et François Villeneuve, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1921, p. 129).

« Les hommes toujours se découvrent à la fin méchants, s’ils ne sont par nécessité contraints d’être bons. »

Machiavel (Nicolas), Le Prince, XXIII (traduction de Jacques Gohory, Paris, Gallimard, collection « Le Livre de poche classique », 1962 [édition 1966], pp. 165-166).

« Si tous les cœurs étaient francs, justes et dociles,
« La plupart des vertus nous seraient inutiles. »

Molière, Le Misanthrope, V, 1, vv. 1565-1566 (Paris, Larousse, collection « Classiques Larousse », 1990 [édition 1995], p. 132).

« Aux natures vulgaires tous les sentiments nobles et généreux paraissent déplacés et par conséquent le plus souvent invraisemblables. »

Nietzsche (Friedrich), Le gai savoir, § 3 (traduction d’Henri Albert, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche », 1993 [édition 2001], pp. 98-99).

« Il faut s’appliquer, non pas à paraître bon, mais à l’être, dans la vie privée comme dans la vie publique. »

Platon, Gorgias, LXXXII (traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1967 [édition 1996], p. 283).

« Le vray commencement pour en vertus acroistre,
« C’est (disoit Apollon) soymesme se cognoistre.
« Celuy qui se cognoist, est seul maistre de soy. »

Ronsard (Pierre, de), Institution pour l’adolescence du Roy treschrestien Charles neufviesme de ce nom, vv. 85-88 (Discours. Derniers vers, Paris, Garnier-Flammarion, 1979, p. 69).

« Le sophisme qui me perdit est celui de la plupart des hommes, qui se plaignent de manquer de force quand il est déjà trop tard pour en user. La vertu ne nous coûte que par notre faute, et si nous voulions être toujours sages, rarement aurions-nous besoin d’être vertueux. Mais des penchants faciles à surmonter nous entraînent sans résistance ; nous cédons à des tentations légères dont nous méprisons le danger. Insensiblement nous tombons dans des situations périlleuses, dont nous pouvions aisément nous garantir, mais dont nous ne pouvons plus nous tirer sans des efforts héroïques qui nous effrayent, et nous tombons enfin dans l’abîme en disant à Dieu : “Pourquoi m’as-tu fait si faible ?” Mais malgré nous il répond à nos consciences : “Je t’ai fait trop faible pour sortir du gouffre, parce que je t’ai fait assez fort pour n’y pas tomber.” »

Rousseau (Jean-Jacques), Les Confessions, II (Paris, Flammarion, 2002 [2e édition : 2003], p. 94).

« Qu’est-ce donc que l’homme vertueux ? C’est celui qui sait vaincre ses affections ; car alors il suit sa raison, sa conscience ; il fait son devoir ; il se tient dans l’ordre, et rien ne l’en peut écarter. Jusqu’ici tu n’étais libre qu’en apparence ; tu n’avais que la liberté précaire d’un esclave à qui l’on n’a rien commandé. Maintenant sois libre en effet ; apprends à devenir ton propre maître ; commande à ton cœur, ô Émile, et tu seras vertueux. »

Rousseau (Jean-Jacques), Émile ou de l’éducation, V (Paris, Garnier-Flammarion, 1966 [édition 2000], p. 583).

« Pour moi, qui ai passé toute ma vie dans la pratique des vertus, l’habitude de me bien conduire est devenue une seconde nature. »

Salluste, La Guerre de Jugurtha, LXXXV, 9 (traduction par Alfred Ernout, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1941 [édition 1974], p. 226).

« Non mirum est in tranquillitate non concuti ; illud mirare, ibi extolli aliquem ubi omnes deprimuntur, ibi stare ubi omnes jacent. »

(Il n’est point étonnant de ne pas être ébranlé en plein calme ; mais il l’est de s’élever quand tous s’abaissent, de rester debout quand tous sont abattus.)

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXI (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 64-65).

« Honesta colimus quantum vacat. »

(Nous cultivons le bien, quand nous ne sommes pas occupés d’autre chose.)

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXV (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 104-105).

« On s’abstient de ce qui est défendu, plus souvent par honte de mal faire que par volonté de faire bien. »

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXXIII (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 198-199).

« La géométrie m’apprend à mesurer une grande propriété. Qu’elle m’enseigne plutôt comment trouver la mesure de ce qui suffit à l’homme. L’arithmétique m’apprend à compter et à exercer mes doigts au service de ma cupidité ; qu’elle m’enseigne plutôt que tous ces calculs n’ont pas d’importance, qu’on n’est pas plus heureux pour avoir un domaine qui met les archivistes sur le flanc, et qu’il a bien du superflu, celui qui serait le plus infortuné des hommes, s’il était obligé de faire lui-même le compte de tous ses biens. Que me sert de savoir partager une terre en plusieurs parties, si je ne sais pas la partager avec mon frère ? Que me sert de savoir faire, sans me tromper, le total des pieds compris dans un arpent et de préciser ce que n’a pas compté la chaîne d’arpenteur, si je suis attristé parce qu’un voisin puissant m’aura rogné les bords de mon champ ? On m’apprends les moyens de ne pas perdre une parcelle de mes terres ; je veux savoir, moi, comment je saurai perdre tout mon champ avec le sourire. »

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXXVIII (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 262-263).

« La vertu n’échoit qu’à une âme formée, éduquée et amenée à la perfection par un entraînement assidu. Nous sommes nés pour cette perfection, mais sans elle ; et, même chez les meilleurs, réside avant l’éducation le principe de la vertu, non la vertu. »

Sénèque, Lettres à Lucilius, XC (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 316-317).

« Virtus difficilis inventu est, rectorem ducemque desiderat ; etiam sine magistro vitia discuntur. »

(La vertu est difficile à trouver ; il faut, pour la connaître, un guide, un conducteur. On n’a pas besoin de maître pour apprendre le vice.)

Sénèque, Questions naturelles, III, xxx, 8 (traduction par Paul Oltramare, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1961, p. 159).

« Combien de fois la vue des moyens de commettre une mauvaise action a-t-elle fait commettre cette mauvaise action ! »

Shakespeare (William), Le Roi Jean, IV, 2 (Œuvres complètes, t. VI, traduction de François Guizot, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1928, p. 263).

« Il n’est point de vertu comme la nécessité. »

Shakespeare (William), La vie et la mort du roi Richard II, I, 3 (Œuvres complètes, t. VI, traduction de François Guizot, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1928, p. 314).

« L’idée du bien ne peut qu’accroître le sentiment du mal. »

Shakespeare (William), La vie et la mort du roi Richard II, I, 3 (Œuvres complètes, t. VI, traduction de François Guizot, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1928, p. 314).

« Agrum si mediocriter colas, possides ; si nimium, possideris. »

(Cultiver son domaine avec mesure, c’est le posséder ; le cultiver avec excès, c’est être possédé par lui.)

S. Sidoine Apollinaire, Lettres, VIII, viii, 2 (traduction par André Loyen, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1970, t. III, p. 101).

« Neque dixerim sapienti viro rem domesticam non esse curandam, sed eo temperamento, quo non solum quid habere sed quid debeat esse consideret. »

(Je ne veux pas dire certes qu’un homme sage ne doit pas s’occuper de son patrimoine, mais qu’il le fasse avec mesure et soit ainsi amené à considérer non seulement ce qu’il doit avoir mais ce qu’il doit être.)

S. Sidoine Apollinaire, Lettres, VIII, viii, 3 (traduction par André Loyen, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1970, t. III, pp. 101-102).

« L’imprudence est le plus grand des maux ! »

Sophocle, Antigone, v. 1051 (traduction par Pierre Dumoulin, Paris, Hatier, collection « Les classiques pour tous », 1938, p. 51).

Force

« Vous n’êtes point né pour plaire, car vous savez ce que le monde hait le mieux, d’une haine perspicace, savante : le sens et le goût de la force. »

Bernanos (Georges), Sous le soleil de Satan, I, 4, Plon, collection « Pocket », 1926 (édition 1994), p. 179.

« Ce n’est pas sans raison que l’Apôtre dit que le juste vit de la foi (Rm 1 17). C’est elle qui le soutient dans toutes les traverses de la vie ; et si elle n’empêche pas de les ressentir, elle élève au moins l’âme à ce degré de force qui paroît au commun des hommes une espèce d’insensibilité, mais qui n’est en effet qu’une soumission respectueuse aux ordres de la Providence. »

Marsollier (Jacques, de), Vie de saint François de Sales, Paris, Méquignon, 1820, t. I, p. 295.

Générosité

« La véritable générosité se mesure à ce qu’on donne et non pas à ce qu’on se laisse prendre. »

Bernanos (Georges), La liberté pour quoi faire ?, Paris, Gallimard, collection « Idées », 1953 (édition 1972), p. 197.

Humilité

« Noscenda est mensura sui spectandaque rebus in summis minimisque, etiam cum piscis emetur, ne mullum cupias, cum sit tibi gobio tantum in loculis. »

(Il faut connaître sa mesure et en tenir compte dans les grandes comme dans les petites choses, fût-ce pour l’achat d’un poisson, afin de ne pas vouloir un mulet quand on n’a qu’un goujon dans son porte-monnaie)

Juvénal, Satires, XI, 35-38 (traduction par Pierre de Labriolle et François Villeneuve, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1921, p. 141).

Justice

« La notion de morale sociale évoque immédiatement à l’esprit celle de justice sociale, et la notion de justice appelle à son tour celle de droit. Ce qu’exige le droit (jus), c’est ce qui est juste (justum), et faire ce qui est juste dans toutes les circonstances de la vie en société, c’est précisément l’objet que vise la vertu de justice (justitia). »

Gilson (Étienne), Le thomisme. Introduction à la philosophie de saint Thomas d’Aquin, Paris, Vrin, collection « Études de philosophie médiévale », 1972 (6e édition), p. 375.

Maîtrise de soi

« Les peines et les troubles qui proviennent des événements fâcheux et des adversités ne servent de rien pour les améliorer ; ils les aggravent au contraire et portent tort à l’âme elle-même. Aussi David a-t-il dit : “En vérité, c’est en vain que tout homme se laisse aller au trouble” (Ps 38 7). Il est clair, en effet, qu’il est toujours inutile de se troubler, car jamais le trouble n’a été d’un profit quelconque. Voilà pourquoi, alors même que tout disparaît ou que tout s’écroule, que tous les événements arrivent au rebours de nos desseins ou nous sont défavorables, il est inutile de se troubler ; car, bien loin de remédier au mal, on ne ferait que l’augmenter. Il faut tout supporter avec égalité d’humeur, tranquillité et paix ; cette disposition non seulement procure à l’âme beaucoup de biens, mais elle aide même à mieux comprendre les adversités, à en juger et a y apporter le remède convenable. »

S. Jean de la Croix, La Montée du Carmel, III, 5 (Œuvres spirituelles, traduction du R.P. Grégoire de Saint-Joseph, Paris, Seuil, 1947, p. 325)

« Qui à lui-même ne peut commander, celui-là doit obéir. »

Nietzsche (Friedrich), Ainsi parlait Zarathoustra, « D’anciennes et de nouvelles tables », § 4, traduit de l’allemand par Maurice de Gandillac, Paris, Gallimard, collection « Folio/Essais », 1971 (édition 1993), p. 248.

« Innombrables sont ceux qui ont tenu des peuples et des villes sous leur domination ; très rares ceux qui ont été maîtres d’eux-mêmes. »

Sénèque, Questions naturelles, III, Pr., 10 (traduction par Paul Oltramare, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1961, p. 116).

Tolérance

« Ce n’[est] pas une vertu […] ; c’[est] une faiblesse, et presque une lâcheté. Tolérer toutes les opinions ; tolérer l’opinion de mon frère, si mon frère s’abuse et s’il va perdant son âme ; tolérer l’opinion des faux prophètes et des menteurs – autant vaudrait se déclarer ouvertement complice de la fausseté et de l’erreur. Le devoir consiste, au contraire, à dessiller les yeux de ceux qui s’aveuglent, à ramener dans la voie droite ceux qui dévient. Sans doute il ne faut pas brusquer les consciences : mais faut-il les abandonner, quand on sait que la vérité est une, et que de la connaissance de la vérité dépend le salut éternel ? Le devoir défend d’être tolérant, et la charité. Dès lors, les tolérants ne sauraient être que des sociniens déguisés, des gens qui effacent les caractères auxquels on reconnaît la véritable Église, des gens qu’acceptent tous les hérétiques dans la communion de la foi ; des sceptiques, professant l’indifférence des religions ; des rebelles ; des esprits forts. »

Hazard (Paul), La crise de la conscience européenne. 1680-1715, Paris, Fayard, collection « Le Livre de poche Références », 1961 (édition 1994), p. 284.

« L’esprit libéral bourgeois […] tolère tout parce qu’il ne s’intéresse à rien. »

Moltmann (Jürgen), L’Esprit qui donne la vie. Une pneumatologie intégrale, traduit de l’allemand par Joseph Hoffmann, Paris, Cerf, collection « Cogitatio Fidei » (n. 212), 1999, p. 344.

« Une mentalité infantile survit chez ces individualités trop abondantes qui ne veulent rien exclure ni peiner personne, qui appellent compréhension leur incapacité de trier, et ouverture la confusion qui en résulte. Édifier, c’est sacrifier. »

Mounier (Emmanuel), Le personnalisme, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? » (n. 395), 1949 (9e édition : 1965), p. 70.