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184 Platonisme (Académie, platonisme ancien et moderne, Speusippe, Xénocrate)

ἀλλ᾽ οὐδὲ γνῶσιν εἶναι φάναι εἰκός […] εἰ μεταπίπτει πάντα χρήματα καὶ μηδὲν μένει.

« On ne peut même pas dire […] qu’il y ait connaissance, si tout change et si rien ne demeure fixe. »

Platon, Cratyle, XLIV, 440a (traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1967 [édition 1996], p. 472).

ἐν παντὶ ἐπιτηδεύματι οἱ μὲν φαῦλοι πολλοὶ καὶ οὐδενὸς ἄξιοι, οἱ δὲ σπουδαῖοι ὀλίγοι καὶ παντὸς ἄξιοι.

« En toute occupation les gens médiocres et sans valeur sont le nombre, et […] les gens sérieux et dignes de toute notre confiance se comptent aisément. »

Platon, Euthydème, XXXII, 307a (traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1967 [édition 1996], p. 151).

τὴν ἀλήθειαν ἀσκῶν πειράσομαι τῷ ὄντι ὡς ἂν δύνωμαι βέλτιστος ὢν καὶ ζῆν καὶ ἐπειδὰν ἀποθνῄσκω ἀποθνῄσκειν.

« Je ne cherche que la vérité et je veux tâcher d’être réellement aussi parfait que possible de mon vivant et à ma mort, quand mon heure sera venue. »

Platon, Gorgias, LXXXII, 526d-e (traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1967 [édition 1996], p. 283).

παντὸς μᾶλλον ἀνδρὶ μελετητέον οὐ τὸ δοκεῖν εἶναι ἀγαθὸν ἀλλὰ τὸ εἶναι, καὶ ἰδίᾳ καὶ δημοσίᾳ.

« Avant tout il faut s’appliquer, non pas à paraître bon, mais à l’être, dans la vie privée comme dans la vie publique. »

Platon, Gorgias, LXXXII, 527b (traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1967 [édition 1996], p. 283).

« Dans la vie privée, nos concitoyens les plus sages et les meilleurs sont incapables de transmettre à d’autres le talent qu’ils possèdent ; ainsi Périclès, le père des jeunes gens que voilà, les a fait instruire à merveille de ce qui dépend des maîtres ; mais pour sa propre sagesse, il ne la leur enseigne pas ni ne la leur fait enseigner par d’autres ; mais il les laisse courir et paître en liberté, comme des animaux sacrés, pour voir si d’eux-mêmes ils tomberont sur la vertu. »

Platon, Protagoras, X, 319e-320a [traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1967 (édition 1996), p. 51].

« [L’]éducation commence à l’âge tendre, et les pères la poursuivent jusqu’à leur mort. Dès que l’enfant comprend ce qu’on lui dit, nourrice, mère, gouverneur, sans parler du père lui-même, s’évertuent à le perfectionner ; chaque action, chaque parole sert de texte à un enseignement direct : “Telle chose est juste, lui dit-on, telle autre injuste ; ceci est beau, cela est honteux ; ceci est saint, cela impie ; fais ceci, ne fais pas cela”. Il se peut que l’enfant obéisse volontairement ; il se peut qu’il soit indocile ; alors, comme on fait d’un bois courbé et gauchi, on le redresse par les menaces et les coups. Puis on envoie les enfants à l’école et on recommande beaucoup plus aux maîtres de veiller à leurs mœurs que de leur apprendre les lettres et la cithare. Les maîtres y veillent en effet, et quand leurs élèves savent lire et sont à même de comprendre ce qui est écrit, comme ils comprenaient les leçons orales, on leur donne à lire sur leurs bancs les œuvres des grands poètes et on les leur fait apprendre par cœur. Ils y trouvent quantité de préceptes, quantité de récits à la louange et à la gloire des héros d’autrefois : on veut que l’enfant, pris d’émulation, les imite et s’efforce de leur ressembler.

« Les maîtres de cithare font de même : ils s’appliquent à rendre les jeunes gens tempérants et veillent à ce qu’ils ne fassent rien de mal ; puis, quand ils leur ont appris à jouer de la cithare, ils leur font étudier les œuvres d’autres grands poètes, les poètes lyriques, en les faisant exécuter sur l’instrument ; ils forcent ainsi les âmes des enfants à s’approprier les rythmes et les accords, pour qu’ils se rendent plus doux et que, devenus mieux rythmés et plus harmonieux, ils soient bien préparés pour la parole et pour l’action ; car toute la vie de l’homme a besoin de nombre et d’harmonie.

« Après cela, on les envoie encore chez le maître de gymnastique, afin qu’ils aient un corps plus sain à mettre au service d’un esprit vertueux et ne soient pas des trembleurs à la guerre et ailleurs, par la faiblesse de leur constitution. »

Platon, Protagoras, XV, 325c-326c [traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1967 (édition 1996), pp. 56-57].

« Les poètes sont-ils les seuls qu’il nous faille surveiller et contraindre à n’offrir dans leurs poèmes que des modèles de bonnes mœurs, sinon, à ne point composer parmi nous, ou devrons-nous contrôler aussi les autres artistes, et les empêcher d’imiter le vice, l’intempérance, la bassesse, l’indécence, soit dans la peinture des êtres vivants, soit dans l’architecture, soit dans tout autre genre d’image, ou, s’ils ne peuvent faire autrement, leur interdire de travailler chez nous ? »

Platon, La République, III, 401b (traduction d’Émile Chambry, Paris, Gonthier, collection « Bibliothèque Médiations », 1971, p. 92).

ἀνδρὶ δ᾽ ἐρωτικῷ οὐ πρέπει ἀμνημονεῖν ὅτι πάντες οἱ ἐν ὥρᾳ τὸν φιλόπαιδα καὶ ἐρωτικὸν ἁμῇ γέ πῃ δάκνουσί τε καὶ κινοῦσι, δοκοῦντες ἄξιοι εἶναι ἐπιμελείας τε καὶ τοῦ ἀσπάζεσθαι. ἢ οὐχ οὕτω ποιεῖτε πρὸς τοὺς καλούς; ὁ μέν, ὅτι σιμός, ἐπίχαρις κληθεὶς ἐπαινεθήσεται ὑφ᾽ ὑμῶν, τοῦ δὲ τὸ γρυπὸν βασιλικόν φατε εἶναι, τὸν δὲ δὴ διὰ μέσου τούτων ἐμμετρώτατα ἔχειν, μέλανας δὲ ἀνδρικοὺς ἰδεῖν, λευκοὺς δὲ θεῶν παῖδας εἶναι: μελιχλώρους δὲ καὶ τοὔνομα οἴει τινὸς ἄλλου ποίημα εἶναι ἢ ἐραστοῦ ὑποκοριζομένου τε καὶ εὐχερῶς φέροντος τὴν ὠχρότητα, ἐὰν ἐπὶ ὥρᾳ ᾖ;

« Un homme expert en amour devrait savoir que tout ce qui est dans la fleur de la jeunesse mord le cœur, si je puis dire, et trouble l’esprit d’un homme qui aime ou qui est porté à l’amour, et lui semble digne de ses soins et de sa tendresse. N’est-ce pas ainsi que vous en usez à l’égard des beaux garçons ? Que l’un d’eux soit camus, vous l’en louerez en l’appelant gracieux ; d’un nez crochu, vous dites qu’il est royal ; d’un nez qui tient le milieu entre l’un et l’autre, qu’il est parfaitement proportionné ; pour vous, les enfants au teint noir ont l’air martial, les enfants au teint blanc sont les enfants des dieux ; on parle aussi de teint de miel, expression qui ne peut venir, n’est-ce pas ? que d’un amant qui déguise un défaut sous un terme de louange et s’accommode facilement de la pâleur de l’objet aimé, pourvu qu’il soit en sa fleur. »

Platon, La République, V, 474d-e (traduction d’Émile Chambry, Paris, Gonthier, collection « Bibliothèque Médiations », 1971, p. 175).

[ἀρκέσει οὖν] τὴν μὲν πρώτην μοῖραν ἐπιστήμην καλεῖν, δευτέραν δὲ διάνοιαν, τρίτην δὲ πίστιν καὶ εἰκασίαν τετάρτην: καὶ συναμφότερα μὲν ταῦτα δόξαν, συναμφότερα δ᾽ ἐκεῖνα νόησιν: καὶ δόξαν μὲν περὶ γένεσιν, νόησιν δὲ περὶ οὐσίαν: καὶ ὅτι οὐσία πρὸς γένεσιν, νόησιν πρὸς δόξαν, καὶ ὅτι νόησις πρὸς δόξαν, ἐπιστήμην πρὸς πίστιν καὶ διάνοιαν πρὸς εἰκασίαν

« [Je suis d’avis] d’appeler science la première division de la connaissance, pensée discursive la deuxième, foi la troisième, conjecture la quatrième, et quant au groupe des deux dernières de lui donner le nom d’opinion, au groupe des deux premières, celui d’intelligence, l’opinion ayant pour objet la génération, l’intelligence, l’essence. Ajoutons que ce que l’essence est par rapport à la génération, l’intelligence l’est par rapport à l’opinion, et que ce que l’intelligence est par rapport à l’opinion, la science l’est par rapport à la foi, et la connaissance discursive par rapport à la conjecture. »

Platon, La République, VII, 533e-534a (traduction d’Émile Chambry, Paris, Gonthier, collection « Bibliothèque Médiations », 1971, p. 238).

ὁμοίωσις [θεῷ] δὲ δίκαιον καὶ ὅσιον μετὰ φρονήσεως γενέσθαι.

« Être semblable à Dieu, c’est être juste et saint, avec l’aide de l’intelligence. »

Platon, Théétète, 176b (traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier-Flammarion, collection « GF », n. 163, 1967, p. 112).

« Se rendre semblable à un dieu, c’est devenir juste et pieux, avec le concours de l’intelligence. »

Platon, Théétète, 176b (traduction par Michel Narcy, Paris, Flammarion, collection « GF », n. 493, 1994 [2e édition : 1995], p. 210).

κρεῖττον γάρ που σμικρὸν εὖ ἢ πολὺ μὴ ἱκανῶς περᾶναι.

« Il vaut mieux […] exécuter peu, mais bien, que beaucoup, mais imparfaitement. »

Platon, Théétète, 187e (traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier-Flammarion, collection « GF », n. 163, 1967, p. 131).

« Mieux vaut embrasser peu, mais bien, que beaucoup, sans y arriver. »

Platon, Théétète, 187e (traduction par Michel Narcy, Paris, Flammarion, collection « GF », n. 493, 1994 [2e édition : 1995], p. 237).

κακὸς μὲν γὰρ ἑκὼν οὐδείς, διὰ δὲ πονηρὰν ἕξιν τινὰ τοῦ σώματος καὶ ἀπαίδευτον τροφὴν ὁ κακὸς γίγνεται κακός, παντὶ δὲ ταῦτα ἐχθρὰ καὶ ἄκοντι προσγίγνεται.

« Personne n’est volontairement méchant. Ceux qui sont méchants le deviennent par suite d’une mauvaise disposition du corps et d’une éducation manquée, deux choses fâcheuses pour tout le monde et qui nous arrivent contre notre volonté. »

Platon, Timée, 86d-e (traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1969, p. 463).

ὅταν οὕτως κακῶς παγέντων πολιτεῖαι κακαὶ καὶ λόγοι κατὰ πόλεις ἰδίᾳ τε καὶ δημοσίᾳ λεχθῶσιν, ἔτι δὲ μαθήματα μηδαμῇ τούτων ἰατικὰ ἐκ νέων μανθάνηται, ταύτῃ κακοὶ πάντες οἱ κακοὶ διὰ δύο ἀκουσιώτατα γιγνόμεθα: ὧν αἰτιατέον μὲν τοὺς φυτεύοντας ἀεὶ τῶν φυτευομένων μᾶλλον καὶ τοὺς τρέφοντας τῶν τρεφομένων.

« Lorsque [les] vices du tempérament sont renforcés par de mauvaises institutions et par des discours qu’on entend dans les villes, soit en particulier, soit en public, et qu’on n’a pas dès le jeune âge reçu de leçons qui puissent guérir le mal, c’est ainsi que tous ceux de nous qui sont méchants le deviennent par deux causes tout à fait indépendantes de leur volonté, et il faut toujours en accuser les pères plutôt que les enfants, les instituteurs plutôt que les élèves. »

Platon, Timée, 87a-b [traduction par Émile Chambry, Paris, Garnier, 1969, pp. 463-464].