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185 Aristotélisme (ancien et moderne, ouvrages généraux)

« [La jeunesse] n’a pas l’expérience des choses de la vie, [elle] n’écoute que ses passions. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 1, § 18 [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), p. 39].

« La gloire et les honneurs semblent appartenir à ceux qui les dispensent bien plutôt qu’à celui qui les reçoit. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 2, § 12 [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), p. 42].

« Ce n’est […] pas une chose de petite importance que de contracter, dès l’enfance et aussitôt que possible, telles ou telles habitudes. C’est au contraire un point de très grande importance, ou pour mieux dire c’est là tout. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, II, 1, §7 [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), pp. 79-80].

« Il faut dès la première enfance […] qu’on nous mène de manière à ce que nous placions nos joies et nos douleurs dans les choses où il convient de les placer ; et c’est en cela que consiste la bonne éducation. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, II, 3, § 2 [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), p. 83].

« Le désir du plaisir est insatiable, et il naît de tous côtés dans le cœur de l’insensé, que la raison ne conduit pas. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, III, 13, §7 [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), p. 149].

« Il n’y a point de cœur selon la vertu qui soit insensé ni déraisonnable. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, IV, 3, §2 [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), p. 166].

« Cette affection même de la honte ou pudeur ne va pas bien à tous les âges. Elle ne sied guère qu’à la jeunesse. Si, dans notre opinion, il est bon que les jeunes cœurs soient très susceptibles de cette affection, c’est que, vivant à peu près exclusivement de la passion, ils sont exposés à commettre beaucoup de fautes et que la pudeur peut leur en épargner un bon nombre. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, IV, 9, §3 [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), p. 189].

« Il n’y a guère de jeune homme, semble-t-il, qui soit prudent. La cause en est toute simple ; c’est que la prudence ne s’applique qu’aux choses particulières, et que l’expérience seule nous les fait bien connaître ; or, le jeune homme n’est pas expérimenté, car c’est le temps seul qui procure l’expérience. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, VI, 6, § 4 [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), p. 253].

« Il ne suffit pas de trouver le vrai ; il faut de plus expliquer la cause de l’erreur. C’est un moyen d’affermir encore la conviction qu’on a ; et quand on voit nettement pourquoi une chose a pu nous paraître vraie, sans l’être cependant, on s’attache avec d’autant plus de force à la vérité qu’on a découverte. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, VII, 14, 1154a24 (traduction de Jules Barthélemy Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche classique », n. 4611, 1992, édition 1994, p. 313).

Traduction de Jean Voilquin, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1961, p. 347 :

« Il faut non seulement exposer la vérité, mais découvrir aussi la cause de l’erreur commune ; cette manière de faire contribue à affermir la confiance : quand on établit rationnellement la motif qui fait paraître vrai ce qui ne l’est pas, on renforce les raisons de croire à la vérité. »

« Le plaisir seul semble inspirer les amitiés des jeunes gens ; ils ne vivent que dans la passion, et ils poursuivent surtout le plaisir, et même le plaisir du moment. Avec le progrès des années, les plaisirs changent et deviennent tout autres. Aussi, les jeunes gens forment-ils très vite et cessent-ils non moins vite leurs liaisons. L’amitié tombe avec le plaisir qui l’avait fait naître ; et le changement de ce plaisir est bien rapide. Les jeunes gens sont portés à l’amour ; et l’amour le plus souvent ne se produit que sous l’empire de la passion et du plaisir. Voilà pourquoi ils s’aiment si vite et cessent également si vite d’aimer ; ils changent vingt fois de goûts dans un même jour. Mais ils n’en veulent pas moins passer tous les jours et vivre à jamais avec ce qu’ils aiment ; car c’est ainsi que se produit et se comprend l’amitié dans la jeunesse. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, VIII, 3, § 5 [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), pp. 324-325].

« Toutes les facultés humaines sont incapables d’agir continuellement ; et le plaisir n’a pas ce privilège plus que le reste ; car il n’est que la conséquence de l’acte. Certaines choses nous font plaisir uniquement parce qu’elles sont nouvelles ; et c’est par là même que plus tard elles ne nous en font plus autant. Dans le premier moment, la pensée s’y est appliquée, et elle agit sur ces choses avec intensité, comme dans l’acte de la vue, quand on regarde de près quelque chose. Mais ensuite cet acte n’est plus aussi vif ; il se relâche ; et voilà pourquoi aussi le plaisir languit et se passe. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, X, 4, §5 [traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le livre de poche » (n. 4611), 1992 (édition 1994), p. 406].

« Dans l’intérêt de la science que nous cherchons à déterminer, un premier soin tout à fait nécessaire, c’est d’indiquer les questions préliminaires que nous devons traiter avant toutes les autres. Ces questions sont d’abord celles que les philosophes ont discutées en sens contraires, et, indépendamment de ces questions controversées, celles qui ont pu être omises par nos devanciers. Pour arriver aux solutions vraies qu’on désire, il faut préalablement bien poser les problèmes ; car la conclusion définitive et satisfaisante qu’on obtient n’est que la solution des doutes qu’on avait tout d’abord soulevés. Il n’est guère possible de défaire un nœud si l’on ignore comment il a été noué ; et c’est la question que l’intelligence se pose qui nous montre le nœud de la difficulté pour l’objet qui nous occupe. L’esprit, quand il est embarrassé par un doute, est à peu près dans le cas d’un homme chargé de chaînes. Des deux parts, on est hors d’état de pouvoir avancer et faire un pas. C’est déjà là un motif pour passer premièrement en revue toutes les difficultés du sujet. Mais à ce motif, s’en joint un second : c’est que, si l’on se livre à des recherches avant de s’être posé les questions qu’on veut résoudre, on fait à peu près comme ceux qui marchent sans savoir où ils vont ; et, en outre, on s’expose à ne pas même savoir reconnaître si l’on a trouvé, ou si l’on n’a pas trouvé ce qu’on cherche. Dans cette situation, on ne voit pas clairement le but qu’on poursuit, tandis que ce but est de toute évidence, si tout d’abord on s’est bien posé les questions à débattre. Enfin, on est nécessairement bien mieux en mesure de juger, lorsqu’on a entendu toutes les opinions, qui se combattent entre elles comme le font les plaideurs devant un tribunal. »

Aristote, Métaphysique, Β, I, 995a-b (traduction de Jules Barthélemy Saint-Hilaire, revue par Paul Mathias, Presses Pocket, collection « Agora Les Classiques », 1991, pp. 93-94).

« Il est impossible qu’une seule et même chose soit, et tout à la fois ne soit pas, à une même autre chose, sous un même rapport. […] Personne, en effet, ne peut jamais penser qu’une même chose puisse être et n’être pas. »

Aristote, La Métaphysique, Γ, III, 1005b (traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Paris, Presses Pocket, collection « Agora. Les classiques », 1991, p. 132).

« L’art imite la nature. »

Aristote, Physique, II, 2, 194a21 (traduction par Pierre Pellegrin, Paris, Flammarion, 2000, p. 124).

« D’une manière générale, l’art, dans certains cas parachève ce que la nature n’a pas la puissance d’accomplir, dans d’autres cas il imite la nature. »

Aristote, Physique, II, 8, 199a15 (traduction par Pierre Pellegrin, Paris, Flammarion, 2000, p. 152).

« Chez les pervers ou chez ceux qui se comportent de manière perverse il semblerait que souvent ce soit le corps qui commande à l’âme du fait qu’ils sont dans un état défectueux et contre nature. Donc, d’après nous, c’est d’abord chez l’homme comme vivant qu’on peut voir un pouvoir aussi bien magistral que politique ; l’âme, en effet, exerce un pouvoir magistral sur le corps, et l’intelligence un pouvoir politique et royal sur le désir. Dans ces conditions il est manifeste qu’il est à la fois conforme à la nature et avantageux que le corps soit commandé par l’âme et que la partie passionnée le soit par l’intellect, c’est-à-dire par la partie qui possède la raison, alors que leur égalité ou l’interversion de leurs rôles est nuisible à tous. »

Aristote, Les politiques, I, 5, 1254b (traduction par Pierre Pellegrin, Paris, Flammarion, 1990 [2e édition : 1993], pp. 100-101).

« Le relâchement en tout ce qui concerne les femmes est dommageable à la fois pour le but que se propose la constitution et pour le bonheur de la cité. »

Aristote, Les politiques, II, 9, 1269b13 [traduction par Pierre Pellegrin, Paris, Flammarion, 1993 (2e édition), p. 180].

« Nous estimons posséder la science d’une chose d’une manière absolue, et non pas, à la façon des Sophistes, d’une manière purement accidentelle, quand nous croyons que nous connaissons la cause par laquelle la chose est, que nous savons que cette cause est celle de la chose, et qu’en outre il n’est pas possible que la chose soit autre qu’elle n’est. Il est évident que telle est la nature de la connaissance scientifique ; ce qui le montre, c’est l’attitude aussi bien de ceux qui ne savent pas que de ceux qui savent : les premiers croient se comporter comme nous venons de l’indiquer, et ceux qui savent se comportent aussi en réalité de cette même façon. Il en résulte que l’objet de la science au sens propre est quelque chose qui ne peut pas être autre qu’il n’est. »

Aristote, Les Seconds Analytiques, I, 2 (traduction par Jean Tricot, Paris, Vrin, collection « Bibliothèque des textes philosophiques », 2000, p. 7).