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188 Stoïcisme (Chrysippe, Cléanthe, Épictète, Marc Aurèle, Panétius, Posidonios, Sénèque, Zénon de Citium)

« Mort, exil, tout ce qui paraît terrible : qu’ils soient devant tes yeux chaque jour, avant tout la mort ; et tu n’auras jamais rien de bas dans l’esprit ni aucun désir excessif pour quoi que ce soit. »

Arrien de Nicomédie, Manuel d’Épictète, XXI (traduction par Emmanuel Cattin, Paris, Flammarion, 1997, p. 71).

« Pour le plaisir sexuel, il s’agit, autant que possible, de rester pur avant le mariage. »

Arrien de Nicomédie, Manuel d’Épictète, XXXIII, 8 (traduction d’Emmanuel Cattin, Paris, Flammarion, 1997 [édition 2001], p. 81).

« Dieu avait besoin [des] êtres qui usent des représentations et de nous qui en comprenons l’usage. C’est pourquoi, à eux, manger, boire, dormir, se reproduire suffit, comme aussi tout le reste que chacun d’eux, suivant sa nature, accomplit ; mais pour nous, à qui, en plus, a été donnée la faculté de comprendre, cela ne suffit plus. Mais si nous n’agissons pas comme il convient, d’une façon ordonnée et conforme à notre nature propre et à notre constitution, nous ne pourrons plus atteindre notre fin personnelle. Car, pour les êtres dont les constitutions sont différentes, les actes et les fins diffèrent également. Par conséquent, pour l’être dont la constitution est adaptée au seul usage, le simple usage suffit, quelle que soit la manière. Mais pour celui dont l’intelligence accompagne l’usage, pour lui, si la manière requise ne s’ajoute, il n’atteindra jamais sa fin. Qu’en est-il pour les animaux ? Dieu constitue chacun d’eux suivant sa destination : l’un pour servir de nourriture, l’autre pour être utilisé aux champs, celui-ci pour fournir du fromage, celui-là pour quelque usage du même genre. Pour toutes ces fonctions, qu’est-il besoin d’être capable de comprendre les représentations et de pouvoir les discerner ? L’homme, au contraire, Il l’a introduit ici-bas pour le contempler Lui et ses œuvres, et non seulement pour les contempler, mais encore pour les interpréter. Aussi est-il honteux pour l’homme de commencer et d’aboutir là où commencent également et aboutissent les êtres sans raison. Mais plutôt doit-il commencer là où ils commencent et aboutir où aboutit également pour nous la nature. Or elle aboutit à la contemplation, à l’intelligence, à une manière de vivre en harmonie avec la nature. Veillez donc à ne pas mourir sans avoir contemplé toutes ces réalités. »

Épictète, Entretiens, I, vi, 13-22 (traduction par Joseph Souilhé, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1993 [édition 1999], p. 27).

« Si j’étais rossignol, j’accomplirais l’œuvre du rossignol ; si j’étais un cygne, celle du cygne. Mais je suis un être raisonnable, je dois chanter Dieu : c’est là mon œuvre, je l’accomplis et je n’abandonnerai pas mon poste, aussi longtemps que cela m’est permis, et vous, je vous exhorte à chanter le même chant. »

Épictète, Entretiens, I, xvi, 20-21 (traduction par Joseph Souilhé, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1993 [édition 1999], p. 55).

« Si toi, tu connais parfaitement la vérité, tu agiras nécessairement désormais avec droiture. »

Épictète, Entretiens, I, xvii, 14 (traduction par Joseph Souilhé, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1993 [édition 1999], p. 57).

« Telle est en réalité l’origine de la passion : avoir un désir qui ne se réalise pas. »

Épictète, Entretiens, I, xxvii, 11 (traduction par Joseph Souilhé, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1993 [édition 1999], p. 82).

« Les propositions vraies et évidentes sont nécessairement utilisées par ceux qui les contredisent. Et l’on pourrait presque donner comme la preuve la plus forte de l’évidence d’une proposition le fait qu’il soit reconnu comme nécessaire, même par celui qui la contredit, de s’en servir. Par exemple, si l’on contredit la proposition suivante : il y a quelque affirmation universellement vraie, il est clair qu’on devra poser l’assertion contraire : rien n’est universellement vrai. Esclave, cela non plus ne l’est pas. Car, à quoi revient cet aveu, sinon à dire : s’il y a quelque affirmation universelle, elle est fausse ? Survienne encore un individu qui prononce : “Sache qu’on ne peut rien savoir, mais que tout est incertain”, ou un autre qui déclare : “Crois-moi, et tu y gagneras : on ne doit en aucune façon croire un homme”, ou bien un troisième : “Apprends de moi, homme, qu’on ne peut rien apprendre. C’est moi qui te le dis et qui te l’enseignerai, si tu le désires.” En quoi diffèrent de ces gens-là ceux – (qui vais-je dire ?) – ceux qui se parent du titre d’Académiciens : “Hommes, donnez votre assentiment à cette thèse que personne ne doit donner son assentiment ; croyez-nous : on ne peut croire personne.” »

Épictète, Entretiens, II, xx, 1-5 (traduction par Joseph Souilhé, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1993 [édition 1999], p. 158).

« La passion ne vient point d’ailleurs que du fait de se voir frustré dans ses désirs ou de rencontrer ce qu’on cherche à éviter. Voilà ce qui amène les troubles, les agitations, les infortunes, les calamités, les chagrins, les lamentations, la malignité ; ce qui rend envieux, jaloux, passions qui empêchent même de prêter l’oreille à la raison. »

Épictète, Entretiens, III, ii, 3 (traduction par Joseph Souilhé, Paris, Gallimard, collection « Tel », 1993 [édition 1999], p. 191).

« En présence de la vérité, notre esprit a devant lui un brouillard. »

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXI (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 62-65).

« Il ne s’agit pas seulement de voir, mais de savoir regarder. »

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXI (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, p. 63).

« Non mirum est in tranquillitate non concuti ; illud mirare, ibi extolli aliquem ubi omnes deprimuntur, ibi stare ubi omnes jacent. »

(Il n’est point étonnant de ne pas être ébranlé en plein calme ; mais il l’est de s’élever quand tous s’abaissent, de rester debout quand tous sont abattus.)

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXI (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 64-65).

« Melius non incipient quam desinent. »

(Empêchons-les de commencer : cela vaut mieux que d’avoir à les supprimer = Il est plus facile de ne pas commencer que de s’arrêter.)

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXII (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 74-75).

« Honesta colimus quantum vacat. »

(Nous cultivons le bien, quand nous ne sommes pas occupés d’autre chose.)

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXV (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 104-105).

« Ebrio secretum sermonem nemo committit : viro autem bono committit ; ergo vir bonus ebrius non erit. »

(On ne confie pas un secret à un homme ivre ; or, on le confie à un homme de bien ; donc l’homme de bien ne s’enivrera pas.)

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXXIII (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 192-195).

« Dormienti nemo secretum sermonem committit ; viro bono autem committit ; ergo vir bonus non dormit. »

(On ne confie pas un secret à un homme qui dort ; or, on le confie à un homme de bien ; donc l’homme de bien ne dort pas.)

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXXIII (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 194-195).

« On s’abstient de ce qui est défendu, plus souvent par honte de mal faire que par volonté de faire bien. »

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXXIII (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 198-199).

« Ex malis bonum non fit : ex multis paupertatibu divitiæ fiunt ; ergo divitiæ bonum non sunt. »

(De plusieurs maux, on ne fait pas un bien ; or avec plusieurs pauvretés on fait de la richesse ; donc la richesse n’est pas un bien.)

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXXVII (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 254-255).

« La géométrie m’apprend à mesurer une grande propriété. Qu’elle m’enseigne plutôt comment trouver la mesure de ce qui suffit à l’homme. L’arithmétique m’apprend à compter et à exercer mes doigts au service de ma cupidité ; qu’elle m’enseigne plutôt que tous ces calculs n’ont pas d’importance, qu’on n’est pas plus heureux pour avoir un domaine qui met les archivistes sur le flanc, et qu’il a bien du superflu, celui qui serait le plus infortuné des hommes, s’il était obligé de faire lui-même le compte de tous ses biens. Que me sert de savoir partager une terre en plusieurs parties, si je ne sais pas la partager avec mon frère ? Que me sert de savoir faire, sans me tromper, le total des pieds compris dans un arpent et de préciser ce que n’a pas compté la chaîne d’arpenteur, si je suis attristé parce qu’un voisin puissant m’aura rogné les bords de mon champ ? On m’apprends les moyens de ne pas perdre une parcelle de mes terres ; je veux savoir, moi, comment je saurai perdre tout mon champ avec le sourire. »

Sénèque, Lettres à Lucilius, LXXXVIII (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 262-263).

« La vertu n’échoit qu’à une âme formée, éduquée et amenée à la perfection par un entraînement assidu. Nous sommes nés pour cette perfection, mais sans elle ; et, même chez les meilleurs, réside avant l’éducation le principe de la vertu, non la vertu. »

Sénèque, Lettres à Lucilius, XC (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, pp. 316-317).

« Tout ce que, grâce à l’aide divine, de longues périodes et maint effort ont entassé, est, en un seul jour, soufflé, dissipé. C’est donner à la hâte du mal un trop long délai que d’employer le mot jour : une heure, une seconde suffisent à mettre sens dessus dessous les empires !

« Ce serait une consolation à notre faiblesse et à celle de nos biens, si l’ensemble des choses mettait aussi longtemps à périr qu’à se former. En fait la croissance est lente, le dommage hâtif. »

Sénèque, Lettres à Lucilius, XCI (traduction de François et Pierre Richard, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1937, p. 321).

« Que de temps pour que le fœtus, une fois conçu, se maintienne jusqu’à l’enfantement ! Que de peines pour que le nouveau-né soit élevé malgré sa faiblesse ! Quelle attention exige sa nourriture pour que son corps débile finisse par avoir tout son développement ! Mais combien peu il faut pour le tuer ! Une ville ne se bâtit qu’en une longue suite d’années ; une heure la détruit. Un moment réduit en cendres la forêt qui a demandé longtemps pour croître. Toutes choses ne subsistent et ne prospèrent qu’à force de précautions ; elles se désagrègent instantanément, inopinément. »

Sénèque, Questions naturelles, III, xxvii, 2 (traduction par Paul Oltramare, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1961 [2e édition], p. 148).

« Plutôt que de savoir ce qui a été fait, qu’il est mieux de chercher ce qu’il faut faire. »

Sénèque, Questions naturelles, III, Pr., 7 (traduction par Paul Oltramare, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1961 [2e édition], p. 115).

« Innombrables sont ceux qui ont tenu des peuples et des villes sous leur domination ; très rares ceux qui ont été maîtres d’eux-mêmes. »

Sénèque, Questions naturelles, III, Pr., 10 (traduction par Paul Oltramare, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1961 [2e édition], p. 116).

« Virtus difficilis inventu est, rectorem ducemque desiderat ; etiam sine magistro vitia discuntur. »

(La vertu est difficile à trouver ; il faut, pour la connaître, un guide, un conducteur. On n’a pas besoin de maître pour apprendre le vice.)

Sénèque, Questions naturelles, III, xxx, 8 (traduction par Paul Oltramare, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1961 [2e édition], p. 159).

« Nous ne pouvons pas nous plaindre de Dieu, notre bienfaiteur, parce que nous avons mésusé de ses dons et fait qu’ils nous fussent pernicieux. »

Sénèque, Questions naturelles, V, xviii, 13 (traduction par Paul Oltramare, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1961 [2e édition], p. 237).

« Nous sommes tous égaux, quand le moment de mourir est venu. »

Sénèque, Questions naturelles, VI, i, 8 (traduction par Paul Oltramare, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1961 [2e édition], p. 250).

« Nobis autem ignorantibus verum omnia terribiliora sunt, utique quorum metum raritas auget ; levius accidunt familiara ; ex insolito formido major est. »

(Dans notre ignorance de la vérité, les choses nous paraissent plus redoutables qu’elles ne sont, surtout celles dont la rareté augmente notre épouvante. Ce qui nous est familier nous touche plus légèrement ; l’insolite rend la peur plus aiguë.)

Sénèque, Questions naturelles, VI, iii, 2 (traduction par Paul Oltramare, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1961 [2e édition], p. 254).

« Nemo quidem sine aliqua jactura sanitatis expavit, similisque est furentis quisquis timet. »

(Il n’est personne sans doute qui n’ait perdu quelque peu de son bon sens sous l’influence d’une grande terreur ; quiconque a peur ressemble à un fou.)

Sénèque, Questions naturelles, VI, xxix, 2 (traduction par Paul Oltramare, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1961 [2e édition], p. 286).

« Tant que les choses suivent leurs cours ordinaire, l’habitude les dépouille de leur grandeur. Car nous sommes ainsi faits que les spectacles quotidiens, si dignes soient-ils de notre admiration, passent inaperçus de nous et que, au contraire, nous prenons plaisir aux choses les plus insignifiantes, si elles ne nous sont pas familières. »

Sénèque, Questions naturelles, VII, i, 1 (traduction par Paul Oltramare, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1961 [2e édition], p. 300).