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202.37 Réincarnation

« Les hommes ne meurent qu’une fois, après quoi il y a un jugement. »

He 9 27

« Si l’âme est immortelle et qu’elle s’insinue dans le corps au moment de la naissance, pourquoi de notre vie passée n’avons-nous aucun souvenir ? Pourquoi ne conservons-nous aucune trace de nos anciennes actions ? Car si les facultés de l’esprit sont altérées au point que tout souvenir du passé soit sorti de sa mémoire, un tel état, à mon sens, n’est pas tellement éloigné de la mort. Ainsi donc il te faut confesser que l’âme d’autrefois est morte, et que celle de notre temps a été créée de notre temps. […]

« Pourquoi enfin la violence courroucée s’attache-t-elle toujours à la race cruelle des lions, la ruse aux renards ; pourquoi chez les cerfs l’instinct de la fuite se transmet-il du père aux enfants ; pourquoi une timidité héréditaire fait-elle trembler leurs membres ? En un mot, pourquoi toutes les qualités de ce genre s’engendrent-elles dès le plus jeune âge dans les membres et dans l’instinct de chacun, sinon parce que, dans chaque germe, dans chaque espèce, réside une âme déterminée qui partage la croissance de chaque corps ? Que si l’âme était immortelle, et passait d’un corps dans un autre, les mœurs des animaux se confondraient : souvent un chien de race hyrcanienne fuirait l’attaque d’un cerf hautement encorné ; dans les airs l’épervier tout tremblant s’envolerait à l’approche de la colombe ; les hommes seraient sans raison et les animaux raisonnables. Car c’est une erreur de prétendre que l’âme, tout en demeurant immortelle, se modifie en changeant de corps. Tout ce qui se change se décompose : donc il périt. Les parties de l’âme en effet se déplacent et se transposent : aussi doivent-elles pouvoir se décomposer dans l’organisme, pour finalement périr toutes avec le corps. Dira-t-on que les âmes humaines émigrent toujours dans des corps humains, je ne laisserai pas de demander pourquoi de sages elles peuvent devenir sottes, pourquoi l’enfant n’a pas l’expérience de l’homme, ni le poulain l’entraînement du cheval dans toute sa force. »

Lucrèce, De la nature, III, 670-678, 741-764 (traduction par Alfred Ernout, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1935 [4e édition], pp. 126-127, 129-130).

« Toute croissance, toute information organique est lente, progressive. La mort est au contraire une désinformation instantanée. Les bourgeonnements périodiques des individualités sur la ligne continue des cellules germinales et les morts périodiques des “bourgeons” sont en dent de scie – nous voulons dire : l’information se fait en pente douce, la désinformation, en pente raide. Un film à l’envers de ces dents de scie serait antinaturel, un film dans lequel les cendres et les os redeviendraient instantanément un adulte vivant qui se désinformerait lentement jusqu’à l’état embryonnaire et cellulaire.

« Cette dissymétrie, remarquons-le par parenthèses, enlève toute vraisemblance aux doctrines de métempsycose ou de réincarnation, si communes en Asie. Si quelque chose survit à la mort d’un homme ou d’un animal, ce quelque chose ne peut recommencer une autre existence individuelle, puisque toutes les existences individuelles sont des fils continus et, ne commençant pas à proprement parler, ne peuvent donc offrir, à un fil qui vient de s’interrompre par la mort, un recommencement.

« […] La réincarnation asiatique est fausse, pour la raison que nous avons indiquée (un nouveau-né continue une ligne d’existence cellulaire germinale, il ne peut donc reprendre la ligne d’existence d’un autre adulte). »

Ruyer (Raymond), La Gnose de Princeton. Des savants à la recherche d’une religion, Paris, Fayard, collection « Pluriel », 1977, pp. 382, 401.