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233 Anthropologie théologique (genre humain, homme)

« Présenter la conception paulinienne de l’homme suscite toujours des difficultés particulières du fait que l’Apôtre n’utilise pas une terminologie fixe. Le danger est donc grand de lui prêter une systématisation qui lui est étrangère. Il reste qu’un principe fondamental se dégage nettement : toutes les affirmations de Paul partent d’une vision globale de l’homme. L’âme ou la raison par exemple ne constituent pas une partie plus excellente de l’homme que le corps. Pour Paul l’homme n’“a” pas un corps, une âme, un cœur, la raison ou la volonté, mais il est tout cela sous des rapports à chaque fois particuliers. L’homme ne peut donc pas se mettre à distance de son corps comme un je ou un cœur, mais lorsqu’il dit “je”, il est ce “je” en même temps dans sa corporéité. La caractérisation de l’homme comme esprit, âme et corps en 1 Th 5 23 ne vise donc pas à exprimer par exemple un triple niveau ou une hiérarchie, mais à saisir l’homme dans son unité. Souvent à des concepts comme cœur, esprit, corps, on peut substituer tout simplement la personne en tant qu’elle est un “je” qui veut, qui pense, et qui agit, et donc dire simplement “je”. »

Becker (Jürgen), Paul. L’apôtre des nations, traduit de l’allemand par Joseph Hoffmann, Paris, Cerf, collection « Théologies bibliques », 1995, p. 443.

« C’est le propre du rationalisme d’opposer chez l’homme, de manière radicale, l’esprit au corps, et le corps à l’esprit. Au contraire, l’homme est une personne dans l’unité de son corps et de son esprit. Le corps ne peut jamais être réduit à une pure matière : c’est un corps “spiritualisé”, de même que l’esprit est si profondément uni au corps qu’il peut être qualifié d’esprit “incarné”. La source la plus riche pour la connaissance du corps est le Verbe fait chair. Le Christ révèle l’homme à l’homme. Cette affirmation du Concile Vatican II est, en un sens, la réponse, attendue depuis longtemps, que l’Église a donnée au rationalisme moderne.

« […] La séparation de l’esprit et du corps dans l’homme a eu pour conséquence l’affermissement de la tendance à traiter le corps humain non selon les catégories de sa ressemblance spécifique avec Dieu, mais selon celles de sa ressemblance avec tous les autres corps présents dans la nature, corps que l’homme utilise comme matériel pour son activité en vue de la production des biens de consommation. Mais tous peuvent immédiatement comprendre que l’application à l’homme de tels critères cache en réalité d’énormes dangers. Lorsque le corps humain, considéré indépendamment de l’esprit et de la pensée, est utilisé come matériel au même titre que le corps des animaux – c’est ce qui advient, par exemple, dans les manipulations sur les embryons et sur les fœtus –, on va inévitablement vers une terrible dérive éthique.

« Devant une pareille perspective anthropologique, la famille humaine en arrive à vivre l’expérience d’un nouveau manichéisme, dans lequel le corps et l’esprit sont radicalement mis en opposition : le corps ne vit pas de l’esprit, et l’esprit ne vivifie pas le corps. Ainsi, l’homme cesse de vivre comme personne et comme sujet. Malgré les intentions et les déclarations contraires, il devient exclusivement un objet. Dans ce sens, par exemple, cette civilisation néo-manichéenne porte à considérer la sexualité humaine plus comme un terrain de manipulations et d’exploitation que comme la réalité de cet étonnement originel qui, au matin de la création, pousse Adam à s’écrier à la vue d’Ève : “C’est l’os de mes os et la chair de ma chair” (Gn 2, 23). »

Jean-Paul II, Lettre Gratissimam sane aux familles, 2 février 1994, n. 19 (La Documentation catholique, n. 2090, 20 mars 1994, p. 271).