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233.7 Liberté de choix entre le bien et le mal, libre-arbitre

« L’obéissance est simple et vraie, lorsque la nature raisonnable garde la volonté reçue de Dieu non par nécessité mais de plein gré. »

S. Anselme de Cantorbéry, Cur Deus Homo, I, 10 (Œuvre, t. III, traduction par Michel Corbin, Paris, Cerf, 1988, pp. 336-337).

« La vraie liberté ne relève pas d’un arbitraire subjectif, mais elle est liberté dans l’obéissance. La liberté de l’arbitraire subjectif est une illusion, car elle livre l’homme à ses impulsions en sorte qu’il obéit, à chaque instant, à ses désirs et à ses passions. Cette liberté vide est, en réalité, tributaire des désirs et des passions de l’instant. La vraie liberté est liberté face aux suggestions de l’instant ; elle résiste à l’appel et à la pression des suggestions momentanées. Cela n’est possible que si le comportement humain est déterminé par un motif qui dépasse les limites de l’instant présent, c’est-à-dire par une loi. La liberté est obéissance à une loi, dont la validité a été reconnue et acceptée par l’homme, qui l’admet comme la loi de son être propre. Celle-ci ne peut être qu’une loi, qui a son origine et son fondement dans l’au-delà. Nous pouvons lui donner le nom de loi de l’esprit ou, en termes chrétiens, de loi de Dieu. Cette idée d’une liberté constituée par la loi, cette obéissance libre ou cette liberté obéissante, était bien connue à la fois de la philosophie grecque antique et du christianisme. Cette conception a maintenant disparu et les temps modernes l’ont remplacée par l’idée fallacieuse de la liberté, saisie dans le sens d’un arbitraire subjectif qui ne reconnaît aucune borne, aucune loi de l’au-delà. Il s’en suit alors un relativisme, qui n’admet pas l’existence d’exigences éthiques absolues et de vérités absolues. Le nihilisme marque l’aboutissement de cette évolution. »

Bultmann (Rudolf), Jésus. Mythologie et démythologisation, traduit de l’anglais par Christian Payot, Paris, Seuil, 1968, pp. 209-210.

« Pour un penseur français de la fin du XVIIIe siècle, la liberté était le “droit de n’obéir qu’aux lois” ; c’était raisonnable, mais d’autres ont aussitôt prétendu que l’idée même de “loi” était contraire à celle de “liberté”, et que celle-ci requérait avant tout l’abolition de l’État, entreprise ardue qui jusqu’ici n’a jamais abouti qu’à un renforcement du pouvoir central tel que ce dernier, pour donner le change, se voit forcé de faire dire aux mots le contraire de ce qu’ils signifient, d’appeler “liberté” l’obligation de lui obéir, et d’envoyer le bon sens à l’asile. Pour les intellectuels raffinés, qui ne veulent rien devoir à Dieu, aux hommes ou à la nature, la liberté est la faculté toute conceptuelle de se créer soi-même en échappant au présent aussi bien qu’au passé pour vivre à l’état de projet, dans un monde imaginaire où les fantasmes chevauchent les abstractions. Pour ceux qui ont connu la prison, la liberté se présente tout simplement sous l’aspect d’un bouton de porte. Il résulte de cette multiplicité d’acceptions que l’on ne sait plus ce que le mot veut dire, ni de quelle chose il est censé rendre compte. Pour beaucoup, la liberté serait la faculté de faire tout ce que l’on veut : pour les saints, ce serait plutôt la faculté de faire aussi ce que l’on ne veut pas, par charité, par détachement, ou pour plaire à Dieu. »

Frossard (André), « N’ayez pas peur ! ». Dialogue avec Jean-Paul II, Paris, Robert Laffont, 1982, pp. 141-142.

« La liberté n’est pas d’abord possibilité de choisir – ce n’est là que conséquence psychologique et morale. La liberté est d’abord cette capacité métaphysique, ce droit ontologique à assumer personnellement son destin de manière responsable, c’est-à-dire en en rendant compte. »

Gesché (Adolphe), L’homme, Paris, Cerf, collection « Dieu pour penser », 1993 (édition 2001), p. 65.

« Pour faire le bien, deux conditions sont […] requises : un don de Dieu, qui est la grâce, et le libre arbitre. Sans le libre arbitre, il n’y aurait pas de problème ; sans la grâce, le libre arbitre ne voudrait pas le bien, ou, s’il le voulait, il ne pourrait pas l’accomplir. La grâce n’a donc pas pour effet de supprimer la volonté, mais, de mauvaise qu’elle est devenue, de la rendre bonne. Ce pouvoir de bien user du libre arbitre (liberum arbitrium) est précisément la liberté (libertas). Pouvoir faire le mal est inséparable du libre arbitre, mais pouvoir ne pas le faire est une marque de liberté, et se trouver confirmé en grâce au point de ne plus pouvoir faire le mal est le degré suprême de la liberté. »

Gilson (Étienne), La philosophie au Moyen Âge. Des origines patristiques à la fin du XIVe siècle, Paris, Payot, 1944 (2e édition), p. 135.

« Être libre, c’est vouloir et pouvoir choisir ce que l’on doit choisir, et le choisir réellement. »

Jean-Paul II, in : Frossard (André), « N’ayez pas peur ! ». Dialogue avec Jean-Paul II, Paris, Robert Laffont, 1982, p. 147.

« La liberté étant essentiellement, selon le mot de saint Thomas, la faculté de choisir entre les moyens qui conduisent à la fin, et la fin dernière de tout être créé étant, qu’il la veuille ou qu’il la refuse, préétablie par celui qui a fait cet être, la liberté humaine postule elle-même une loi ou ordination de la raison, assignant ce qu’il faut faire et ne pas faire, demande elle-même à être protégée par la loi. »

Maritain (Jacques), Trois réformateurs. Luther – Descartes – Rousseau, Paris, Plon, 1925 (édition 1947), p. 233.

« Dieu [a] créé l’homme libre et maître de lui. »

S. Théophile d’Antioche, Trois livres à Autolycus, II, 27 (traduction de Jean Sender, Paris, Cerf, collection « Sources chrétiennes », n. 20, 1948, p. 111).