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Pourquoi se confesser ?

Jésus est venu donner le Salut « non pas aux justes, mais aux pécheurs [1] », en détruisant « les œuvres du diable [2] » que sont les péchés. Comment le fait-Il ? Essentiellement par le baptême, ainsi qu’en témoigne notre antique profession de foi : « Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés ». Pendant longtemps, au début de l’Église, il n’y avait pas d’autre moyen d’obtenir la rémission de ses péchés que le baptême, tant il était évident qu’être devenu chrétien signifiait avoir rompu définitivement avec Satan, le péché et ce qui y conduit, ainsi que nous nous le rappelons chaque année encore au cours de la veillée pascale. C’était l’époque héroïque des Martyrs, où l’on préférait être déchiré par la dent des fauves plutôt que d’offenser le Seigneur. Puis vint le temps de la reconnaissance officielle de l’Église et l’entrée en masse des païens en son sein, accompagnée d’une évolution de la réception du pardon des péchés, possible dès lors aussi après le baptême. Jésus, prévoyant, en avait Lui-même donné la possibilité : « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus [3]. » Je voudrais ici réfléchir sur le fait de la réitération des péchés, sur le fondement de la nécessité d’avoir recours au sacrement de la pénitence et de la réconciliation, et dans un prochain article à la manière de se confesser.

Contrairement à ce que je vois si souvent cru en toute bonne conscience, le péché n’est pas une fatalité ! Outre qu’il y a « péché » et « péché », péché mortel, péché véniel et imperfection…, beaucoup, entendant dans l’Église répéter, par exemple au début de chaque Eucharistie, que nous sommes pécheurs, s’imaginent qu’il ne peut en être qu’ainsi : que nous sommes nécessairement pécheurs ! C’est écrit dans les textes : on ne peut pas faire autrement que de pécher et d’en demander inlassablement pardon ! Et d’ailleurs l’expérience le confirme… En conséquence de quoi, puisque nous sommes pécheurs : péchons !…

Je pose alors une question : où serait la victoire du Christ sur Satan, originel et perpétuel instigateur du péché, si nous étions à son égard dans la même situation qu’avant Sa mort et Sa résurrection ? De quoi le Christ nous aurait-Il libérés ?

Eh bien, non ! Le péché n’est pas une fatalité !

Nous pouvons ne pas pécher ! Et ça, c’est une bonne nouvelle à annoncer à cor et à cri ! Même à des chrétiens ! Nous sommes libérés du pouvoir de Satan !

« Considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus [4]. » « Aujourd’hui, libérés du péché et asservis à Dieu, vous fructifiez pour la sainteté, et l’aboutissement, c’est la vie éternelle [5] ! » « C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Donc tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug du péché [6]. » « Si nous sommes morts au péché, comment continuer de vivre en lui [7] ? » « Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas ; l’Engendré de Dieu le garde et le Mauvais n’a pas prise sur lui [8]. » « Quiconque demeure en Lui ne pèche pas [9]. »

La petite Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face a écrit que depuis l’âge de quatre ans, elle n’avait jamais rien refusé au Bon Dieu… Le saint Curé d’Ars, dans toute sa vie, n’a confessé que deux péchés véniels… Le confesseur de saint Benoît-Joseph Labre a déposé lors du procès de canonisation que ce dernier, venant régulièrement en confession, avouait : « Je n’ai rien à accuser… » Le péché n’est pas une fatalité ! « Soyez saints, parce que Je suis saint [10] ! » « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait [11] », n’a cessé de nous demander le Seigneur ! Serait-ce que Dieu Se moque de nous en nous exhortant à pareille exigence ?! Ou bien serait-ce nous qui ne croyons pas encore qu’une telle grâce puisse nous être donnée ?

Dieu nous veut saints, et Il nous donne tout ce qu’il nous faut pour cela ! Lorsque nous quittons le confessionnal et que nous avons reçu l’absolution, soyons bien assurés que non seulement notre faute a été pardonnée, lavée, au point qu’il n’en reste plus rien et que Dieu Lui-même ne s’en rappellera jamais plus, mais [16] encore, qu’en nous rétablissant en état de grâce, Dieu nous donne tout ce qu’il nous faut pour faire Sa volonté… et donc de pouvoir ne jamais pécher… Sinon, en quoi serait-il juste de devoir nous accuser d’avoir péché, si nous ne pouvions faire autrement ?! Mais, évidemment, si nous quittons le confessionnal en pensant que nous sommes toujours pécheurs, alors nous retomberons ! Pécheurs, certes, nous le restons… mais alors, potentiellement, car Dieu, pour nous donner Sa grâce ne nous retire pas pour autant notre liberté… Il dépend donc de nous que nous ne fassions pas passer de la puissance à l’acte cette possibilité qu’est le péché, et pour cela, Dieu, dans l’absolution, nous en donne la grâce. Nous devrions ne jamais pécher !

Que nous péchions encore, voilà qui est véritablement incompréhensible ! Que des chrétiens qui ont reçu la grâce d’être unis substantiellement au Christ puissent à nouveau Le crucifier pour leur compte par leurs péchés [12], voilà qui est véritablement monstrueux !

De cet effroyable malheur, je vois plusieurs raisons :

  1. La première, et la plus fondamentale, c’est que nous ne croyons pas. Nous ne croyons pas que Dieu nous a réellement arrachés au pouvoir de Satan, et introduits dans le Royaume de Son Fils [13].
  2. La seconde est que nous ne mesurons pas l’abîme de souffrance (et donc l’amour) que Notre Seigneur a assumé pour nous arracher au malheur du péché.
  3. La troisième est que nous ne croyons pas que le péché nous damne, et que pour un seul péché mortel, nous méritons l’enfer. Comme le disait Pie XII : nous avons perdu le sens du péché [14].

À ce triple malheur, nous devons opposer une triple résistance :

  1. La première des causes de nos péchés se conjure par une prière fervente et assidue pour demander la grâce de la Foi, à l’école des Saints et de l’Écriture Sainte.
  2. La seconde disparaît par la contemplation attendrie de la Passion de Notre Seigneur qui a porté le poids de nos péchés sans l’avoir en rien mérité, tandis que nous, qui l’avions mérité, en sommes ainsi par Lui gracieusement délivrés…
  3. La troisième est fournie par la pénitence. Marie a dit et répété à Lourdes, et ailleurs, à la suite des prophètes et de son Fils [15] : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! » L’exercice d’une pénitence continuelle nous garde vigilants dans la conscience du danger continuel où nous sommes de nous laisser dérober le trésor de la vie éternelle. « Je vous le dis à tous : veillez ! Vous ne connaissez ni le jour ni l’heure [16] »…

Ainsi donc, bien qu’il ne devrait plus être possible que nous péchions encore, nous qui avons été illuminés et avons goûtés au don céleste, à la belle parole de Dieu et aux forces du monde à venir, et qui sommes devenus participants de l’Esprit-Saint, voilà que dans Son infinie Miséricorde, Dieu daigne, malgré cela, nous pardonner encore… Pour ce faire, Il a institué le sacrement de la pénitence et de la réconciliation. Et cependant, combien est méprisé ce si grand don qu’est le pardon ! Combien ne vont pas se confesser et n’accomplissent pas à ce sujet le précepte de l’Église ?!

Pour s’en justifier, certains se croient bien inspirés de dire qu’ils se confessent directement à Dieu, comme les protestants ou les musulmans, qu’ils n’ont pas besoin d’aller voir un prêtre ! Le problème est que Dieu ne nous a pas sauvés directement du haut du Ciel, d’un coup de baguette magique ! Pour nous sauver, Dieu S’est fait Homme ! Le Salut nous vient par un homme : le Christ Jésus ! Être chrétien, c’est croire que le Salut nous vient par un homme : le Christ Jésus. Et Jésus, avant de remonter au Ciel, a voulu que ce Salut continue à être donné par un homme… le prêtre, homme envoyé par le Seigneur pour agir in persona Christi, et pouvoir ainsi remettre les péchés que Dieu seul peut remettre puisqu’ils sont des offenses faites à Dieu ! Refuser donc d’aller demander à un prêtre le pardon de ses péchés, cela revient à dire, niant l’abîme infranchissable qu’a creusé le péché entre l’homme et Dieu [17] : « Moi, je n’ai pas besoin d’un médiateur entre Dieu et moi. » Autrement dit : « Je n’ai pas besoin de Jésus-Christ. » C’est rejeter la Foi… et donc toute possibilité de pardon !

[17] Le fondement de la nécessité de la réception du sacrement du pardon des péchés est donc le même que celui de la religion chrétienne : l’Incarnation. Dieu a tant aimé les hommes qu’Il leur a même confié Son œuvre de Salut… Refuser la médiation de l’Église, laquelle n’est autre que le Christ incarné en l’humanité d’aujourd’hui, c’est refuser le Christ Lui-même et Son salut. Aller demander le pardon à un prêtre, c’est confesser : « Moi, je crois que le salut me vient par un homme, le Christ Jésus. »

1. Mt 9 13.

2. 1 Jn 3 8.

3. Jn 20 23.

4. Rm 6 11.

5. Rm 6 22.

6. Ga 5 1.

7. Rm 6 2.

8. 1 Jn 5 18.

9. 1 Jn 3 6.

10. Lv 19 2.

11. Mt 5 48 ; cf. Jc 1 4.

12. Cf. He 6 6, 10 26-31 ; 2 P 2 20.

13. Cf. Col 1 13.

14. Cf. Pie XII, Radiomessage au Congrès national catéchistique des États-Unis, 26 octobre 1946 (La Documentation catholique, n. 979, 8 décembre 1946, col. 1380) : « Peut-être que le plus grand péché dans le monde d’aujourd’hui, c’est que les hommes ont commencé à perdre le sens du péché. » Cf. Jean-Paul II, Exhortation apostolique post-synodale Reconciliatio et pænitentia, 2 décembre 1984, n. 18 (La Documentation catholique, n. 1887, 6 janvier 1985, pp. 14-15) : « Le péché de ce siècle est la perte du sens du péché. »

15. Cf. Mt 3 2, 4 17.

16. Cf. Mc 13 37 ; Mt 25 13.

17. Cf. Lc 16 26.