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234.25 Espérance

« L’espérance est l’aspect eschatologique de la foi, c’est la foi tournée vers ce qui vient. Si la foi, en tant que confession des origines, est ressourcement en arrière, dans la tradition, l’espérance est le ressourcement en avant, dans l’eschatologie. »

Evdokimov (Paul), L’orthodoxie, Paris, Desclée De Brouwer, collection « Théophanie », 1979, p. 314.

« On a l’habitude de dire que le péché, à son origine, serait que l’homme voudrait être comme Dieu. Mais ce n’est là qu’une des faces du péché. L’autre face d’une telle présomption, c’est l’absence d’espérance, la résignation, l’inertie et l’abattement. Il en naît la tristesse et la frustration, qui introduisent dans tout ce qui vit les germes d’une pourriture douceâtre. Dans l’Apocalypse (Ap 21,8), parmi les pécheurs qui ont pour avenir la mort éternelle, les “découragés” sont mentionnés avant les incroyants, les idolâtres, les meurtriers, et d’autres encore. Pour l’Épître aux Hébreux, l’abdication de l’espérance vivante – c’est-à-dire le fait de désobéir à la promesse au moment de l’oppression et d’être exclu du peuple de Dieu en marche – est le péché qui menace l’espérant sur son chemin. La tentation réside alors, non tant dans la volonté titanique d’être comme Dieu, mais dans la faiblesse, le relâchement, la lassitude, où l’on ne veut pas être ce que Dieu sollicite de nous.

« Dieu a élevé l’homme et lui a donné des perspectives vers la liberté et dans le lointain, mais l’homme reste en arrière et se dérobe. Dieu promet une nouvelle création de toutes choses, dans la justice et dans la paix, mais l’homme fait comme si tout était et restait comme avant. Dieu l’honore de ses promesses, mais l’homme ne se croit pas capable de ce qui est sollicité de lui. Voilà le péché qui menace le croyant le plus profondément. Ce qui l’accuse, ce n’est pas le mal qu’il fait, mais le bien qu’il omet de faire, ce ne sont pas ses méfaits mais ses négligences. Elles l’accusent de manquer d’espérance. En effet, ces péchés dits d’omission reposent toujours sur l’absence d’espérance et le peu de foi. “Ce n’est pas tant le péché qui nous précipite dans le malheur, que le désespoir”, disait Jean Chrysostome. Aussi le Moyen Âge comptait-il l’acedia ou la tristitia au nombre des péchés contre le Saint-Esprit, qui conduisent à la mort. »

Moltmann (Jürgen), Théologie de l’espérance. Études sur les fondements et les conséquences d’une eschatologie chrétienne, traduit de l’allemand par Françoise et Jean-Pierre Thévenaz, Paris, Cerf-Mame, collection « Cogitatio Fidei » (n. 50), 1970, p. 19.

« Nous serons toujours avares dans notre espérance. Les hérésies ont été cette impuissance à oser espérer le plus. »

Tresmontant (Claude), Essai sur la pensée hébraïque, Paris, Cerf, collection « Lectio divina » (n. 12), 1953, p. 149.