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Recension de : Danese (Attilio), Di Nicola (Giulia Paola), Une auréole pour deux. Maria et Luigi Beltrame Quattrocchi, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2004.

Couverture du livrePlusieurs couples de saints et bienheureux figurent au martyrologe de l’Église : saint Basile l’Ancien et sainte Emmélie (fêtés le 30 mai, ils furent les parents exceptionnels de quatre saints qu’ils formèrent à la vie chrétienne : saint Basile le Grand, saint Grégoire de Nysse et saint Pierre de Sébaste, évêques, et sainte Macrine la Jeune, vierge consacrée), saint Henri II de Saxe-Bavière et sainte Cunégonde de Luxembourg (fêtés le 13 juillet), saint Elzéar de Sabran et la bienheureuse Delphine (fêtés le 26 septembre, ils furent longtemps proposés comme modèle aux couples de tertiaires franciscains), etc. Cependant, les procès de béatification ou de canonisation eurent lieu séparément pour chacun des membres du couple.

Le 21 octobre 2001, pour la première fois dans l’histoire de l’Église, le Pape Jean-Paul II a béatifié ensemble, en tant que couple, Luigi Beltrame Quattrocchi (1880-1951) et Maria Corsini (1884-1965). La date de leur fête liturgique a été fixée au jour anniversaire de leur mariage (25 novembre 1905).

La Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques les a choisis comme « parrains spirituels » pour l’année 2005. Afin de mieux les connaître, nous vous conseillons de lire leur biographie, écrite par deux universitaires italiens, Attilio Danese et Giulia Paola Di Nicola : Une auréole pour deux. Maria et Luigi Beltrame Quattrocchi, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2004.

Quelles belles vies ! Dieu soit béni pour ces époux pleinement chrétiens, qui nous montrent le chemin du Royaume et témoignent de la présence active du Christ dans le cœur de ceux qui L’aiment. « Tout arbre bon produit de bons fruits [1] » : quatre enfants, dont deux prêtres et une religieuse, la benjamine – demeurée célibataire – se consacrant au service de ses saints parents. Ne pourrions-nous donc pas prendre exemple sur ces amis de Dieu ?

« À la maison Beltrame, un seul geste, une seule parole déplacée, un mouvement d’impatience étaient considérés comme autant d’attaques contre l’harmonie familiale et donc contre le Seigneur. Les enfants ont d’ailleurs avoué qu’ils ont bien été obligés plus tard de constater une différence entre l’atmosphère de la famille et celle du séminaire, au désavantage de ce dernier [2]. »

« Dans la vie des Beltrame Quattrocchi la communion quotidienne, le rosaire, la méditation scandent la journée par des rythmes aussi réguliers que possible pour une famille [3]. »

Lors du procès de béatification, un témoin rappelait :

« Tant que la servante de Dieu [Maria Beltrame Quattrocchi] fut sur cette terre, elle faisait réciter le rosaire à la pieuse petite bande que nous formions, suivi des litanies et des intentions de la journée, puis du Pater, de l’Ave Maria, du Gloria. La prière psalmodiée, faite de répétitions rythmées et organisées, a toujours semblé rébarbative au médiocre chrétien que je suis ; pourtant, lorsque j’étais guidé par tante Maria, ma participation était fervente comme elle ne l’a plus jamais été ; sa manière de réciter n’avait rien de stéréotypé, sa voix pénétrait en moi […] et cette liturgie immuable de chaque soir revêtait à mes yeux une saveur différente. […] Quand [Maria] priait, elle semblait s’extraire de tout ce qui l’entourait, comme prise par une sorte de transport mystique, et son exemple était vraiment contagieux, si bien que j’avoue n’avoir plus jamais réussi à prier avec autant d’intensité et de ferveur qu’à l’époque où, en fin de journée, elle réunissait la famille pour le chapelet du soir [4]. »

Prêchant en actes et en paroles, Maria écrivait à son fils aîné :

« Aime le sacrifice […] et sans faire exprès de les chercher, accueille avec amour toutes les contrariétés, les efforts, les ennuis, les soucis de la journée, pour Lui, pour t’oublier toi-même, pour être saint, mieux encore pour venir en aide aux âmes [5]. »

Ce même fils rappelait quelle était l’autorité de sa sainte mère :

« Quand il fallait nous punir, elle le faisait comme il faut, sans jamais se fâcher, avec un calme et une parfaite maîtrise de soi, bien plus mortifiants et efficace qu’une colère. Et quand cela lui semblait opportun, elle n’hésitait pas à faire voler quelques rares gifles bien envoyées, forte de la maxime “Quand il le faut, il le faut !” ».

« La punition la plus grave est d’envoyer les enfants au lit sans un baiser, “sauf quand, repentants et contrits, nous inondions notre oreiller de larmes, et qu’elle venait nous dire tout bas une petite parole affectueuse de correction, scellée par la baiser et la petite croix sur le front tant attendus. Combien de fois est-ce arrivé [6] !” »

Souvenir qui éclaire celui de son frère cadet :

« Je me souviens que le jour de mon ordination sacerdotale, maman, en baisant avec émotion mes mains à peine consacrées, me dit avec une tendresse indicible, mi-sérieuse, mi-taquine : “Maintenant tu es prêtre. À partir de maintenant, non seulement tu peux me bénir, mais aussi me remettre mes péchés. Mais je suis et je reste toujours ta mère : rappelle-toi bien que, si un jour, Dieu nous en préserve !, tu devais te montrer infidèle, personne ne t’éviterait de recevoir une paire de claques de la part de ta mère” [7]. »

1. Mt 7 17.

2. Danese (Attilio), Di Nicola (Giulia Paola), Une auréole pour deux. Maria et Luigi Beltrame Quattrocchi, Paris, Éditions de l’Emmanuel, 2004, p. 152.

3. Ibid., pp. 265-266.

4. Ibid., pp. 266-267.

5. Ibid., p. 278.

6. Ibid., p. 49.

7. Ibid., p. 59.