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236 Eschatologie (antéchrist, avènement du Royaume de Dieu, prophéties, vie éternelle)

« Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

Mt 22 14

« Le Très-Haut a fait le monde présent pour beaucoup (d’hommes), mais le monde futur pour peu (d’entre eux). Je vais te dire une parabole, Esdras : si tu interroges la terre, elle te répondra qu’elle produit en grande quantité l’argile dont on fait la poterie, mais en petite quantité la poussière dont l’or est tiré. Telle est aussi la règle du monde présent : beaucoup sont créés, mais peu sont sauvés. »

4 Esd 8 1-3

« APOCATASTASE. (Grec : rétablissement, restitution.) Dans l’Écriture, seul Ap 3, 21 emploie cette expression au sens d’une restitution des biens du paradis par le Messie (dans le judaïsme tardif et dans Mc 9, 12, cette œuvre est attribuée à Élie, tandis que dans Mc 9, 13 Jésus l’applique à Jean-Baptiste et l’entend au sens d’une préparation du peuple pour la venue du Messie). Dans la théologie postérieure, le terme désignera la restitution de toute la création (avec les pécheurs, les damnés et les démons) dans un état de parfaite béatitude (apocatastase équivalant en ce sens à réconciliation universelle). Cette doctrine de l’apocatastase a été défendue peut-être par Origène, certainement par Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, Didyme l’Aveugle, Évagre le Pontique, Diodore de Tarse, Théodore de Mopsueste, Jean Scot Érigène et quelques théologiens du moyen âge et de l’époque moderne. L’affirmation directe de la certitude de l’apocatastase a été rejetée par le Magistère de l’Église comme hérétique (D. 211, 429, 531). Cette condamnation doit être comprise positivement comme une indication renvoyant à la liberté de décision de l’homme et au caractère inéluctablement ouvert de la situation de libre décision où il se trouve ; tandis que négativement elle exclut pour l’homme la possibilité d’une conversion après la mort. Mais la Révélation ne nous renseigne pas sur la manière dont Dieu réalisera son dessein de salut […], voulu comme définitif dès le commencement, en faveur de l’homme, ni sur la question de savoir s’il y aura des hommes réellement damnés, s’il y en aura peu ou beaucoup. »

Rahner (Karl), Vorgrimler (Herbert), Petit dictionnaire de théologie catholique, traduit de l’allemand par Paul Démann et Maurice Vidal, Paris, Seuil, collection « Livre de vie » (n. 99), 1970 (édition 1995), pp. 35-36.

« Demeurons surpris d’étonnement de voir (ô spectacle bien étrange), de voir, dis-je, en ce banquet [cf. Jn 12 1-11] Jésus entre Judas et Madeleine, deux esprits, deux mouvements et deux fins bien différentes. Judas pense à vous trahir, ô Jésus mon Seigneur, et Madeleine ne pense qu’à vous aimer ; il pense vous livrer aux Juifs et elle pense à se livrer à vous, et à vous livrer à son amour ; il tend par son péché à un des plus bas lieux des enfers et il y sera dans peu d’heures, elle tend par son amour à un des plus hauts sièges du Paradis et elle y est établie pour jamais. Et toutefois il semble, ô Jésus, que vous liez ici en quelque manière ces deux mouvements si contraires et ces esprits si différents, car l’un pense à votre mort et l’autre sans y penser tend à votre sépulture, puisque par son action elle sert à votre sépulture et en prévient, comme vous dites, le temps et l’onction. Ô liaison étrange de Judas et de Madeleine, et sur votre sujet, ô Jésus ! Et liaison opérée par la conduite de votre esprit qui veut réparer en Madeleine ce qu’il perd en Judas ; et aussi, voyons-nous, comme en la place que Judas perd en la famille de Jésus, la délaissant pour aller aux Enfers, il semble que Jésus y substitue Madeleine, car il la fait un nouvel apôtre de grâce, de vie et d’amour, apôtre vers les apôtres mêmes, pour leur annoncer la vie et la gloire de Jésus. »

Bérulle (Pierre, de), Élévation à Jésus-Christ notre Seigneur sur la conduite de Son esprit et de Sa grâce vers sainte Madeleine, l’une des principales personnes de Sa suite et des plus signalées en sa faveur et en Son évangile, ch. IV (Œuvres complètes, vol. 8, Paris, Cerf, 1996, p. 432).

« Rien ne compte dans la vie que de savoir pourquoi l’on vit et d’accorder ses actes à cette connaissance. »

Festugières (André-Jean), L’idéal religieux des Grecs et l’Évangile, Paris, Gabalda, collection « Études bibliques », 1932, p. 264.

« Les fins dernières ! Ne sait-on pas qu’aujourd’hui il n’y a guère d’âmes qui ne soient intoxiquées par un origénisme plus ou moins vulgaire : par la conviction secrète que Dieu “pardonne” en fin de compte ? »

Florensky (Paul), La colonne et le fondement de la vérité. Essai d’une théodicée orthodoxe en douze lettres, traduit du russe par Constantin Andronikof, Lausanne, L’Âge d’Homme, collection « Slavica », 1975, p. 140.

« L’origénisme vulgaire […] est persuadé que la doctrine de l’enfer contient un “secret”, et “les gens intelligents” ont depuis longtemps compris cette subtilité divine : c’est que, “bien entendu”, il n’y a pas et il n’y aura jamais aucune espèce d’enfer : Dieu va pardonner à tout le monde ; pour l’instant, il fait seulement “peur” aux pécheurs pour que ces derniers se corrigent. »

Florensky (Paul), La colonne et le fondement de la vérité. Essai d’une théodicée orthodoxe en douze lettres, traduit du russe par Constantin Andronikof, Lausanne, L’Âge d’Homme, collection « Slavica », 1975, pp. 167-168.

« Il y en a […] qui tranchent : “Tout ça, c’est les curés qui l’ont inventé, pour avoir plus de bénéfice” ; ou : “Tout ça, c’est de la blague, Dieu est bon, il pardonnera” ; ou encore : “Nos péchés, après tout, ce n’est pas grand chose…” etc. »

Florensky (Paul), La colonne et le fondement de la vérité. Essai d’une théodicée orthodoxe en douze lettres, traduit du russe par Constantin Andronikof, Lausanne, L’Âge d’Homme, collection « Slavica », 1975, p. 450, n. 429.

« Prenons comme exemple concret l’histoire du pieux abbé Œgger que nous raconte Anatole France. Ce prêtre était un rêveur à la vive imagination, préoccupé surtout du sort de Judas, se demandant si vraiment, ainsi que l’affirme la doctrine de l’Église, il avait été condamné à la damnation éternelle de l’enfer, ou si, au contraire, Dieu lui avait fait grâce. Œgger partait de cette réflexion raisonnable que, dans sa sagesse infinie, Dieu avait élu Judas pour mener à son apogée l’œuvre rédemptrice de Jésus-Christ. Il était impossible que cet instrument nécessaire, sans lequel l’humanité aurait été exclue du salut, ait été damné pour l’éternité par un Dieu infiniment bon. Pour mettre fin à ses doutes, Œgger se rendit une nuit à la chapelle, implorant un signe qui lui ferait comprendre que Judas avait été sauvé. Alors il sentit à l’épaule un attouchement céleste. Le jour suivant Œgger fit part à l’archevêque de la décision qu’il avait prise d’aller par le monde prêcher l’évangile de l’infinie miséricorde de Dieu. […]

« Mais pourquoi donc notre pieux abbé était-il tourmenté par la vieille légende de Judas ? Il s’en alla donc par le monde prêcher l’évangile de la miséricorde. Au bout de quelque temps, il abjura le catholicisme et se fit swedenborgien. Nous comprenons maintenant sa fantaisie concernant Judas : il était lui-même le Judas qui trahit son Seigneur ; c’est pourquoi il lui fallait avant tout s’assurer de la miséricorde divine pour pouvoir être tranquillement Judas. »

Jung (Carl-Gustav), Métamorphoses de l’âme et ses symboles. Analyse des prodromes d’une schizophrénie, traduction de Yves Le Lay, Genève, Georg, 1989, pp. 83-86 [pour l’histoire de l’abbé Guillaume Caspar Lencroy Œgger, cf. France (Anatole), Le jardin d’Épicure, Paris, Calmann Lévy, 1895 (6e édition), pp. 98-101].

« Ce qu’on appelle le retard de la parousie n’a guère paralysé les communautés préconstantiniennes, et ne les a guère conduites à s’adapter à des circonstances après tout impossibles à modifier. Au contraire, elles ont vécu dans la conscience des temps messianiques, et elles ont pratiqué elles-mêmes l’accomplissement des promesses prophétiques de paix. C’est cela, manifestement, qui a donné aux communautés de ce temps-là leur caractère fascinant, et qui a conduit à l’expansion du christianisme. »

Moltmann (Jürgen), Jésus, le Messie de Dieu, traduit de l’allemand par Joseph Hoffmann, Paris, Cerf, collection « Cogitatio Fidei » (n. 171), 1993, p. 195.