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239 Apologétique, polémique

« Il ne suffit pas de trouver le vrai ; il faut de plus expliquer la cause de l’erreur. C’est un moyen d’affermir encore la conviction qu’on a ; et quand on voit nettement pourquoi une chose a pu nous paraître vraie, sans l’être cependant, on s’attache avec d’autant plus de force à la vérité qu’on a découverte. »

Aristote, Éthique à Nicomaque, VII, 14, 1154a24 (traduction de Jules Barthélemy Saint-Hilaire, Paris, Librairie Générale Française, collection « Le Livre de poche classique », n° 4611, 1992, édition 1994, p. 313).

Traduction de Jean Voilquin, Paris, Garnier, collection « Classiques Garnier », 1961, p. 347 :

« Il faut non seulement exposer la vérité, mais découvrir aussi la cause de l’erreur commune ; cette manière de faire contribue à affermir la confiance : quand on établit rationnellement la motif qui fait paraître vrai ce qui ne l’est pas, on renforce les raisons de croire à la vérité. »

« Diverses tâches se présentent concrètement à la catéchèse. Parmi elles : […] présenter le message chrétien de sorte que ceux qui sont appelés à annoncer l’Évangile au milieu de cultures souvent païennes et parfois post-chrétiennes soient rendus capables de “rendre compte de l’espérance qui est en eux” (1 P 3 15). Une bonne apologétique, qui favorise le dialogue entre la foi et la culture, est aujourd’hui indispensable. »

Congrégation pour le Clergé, Directoire général pour la catéchèse, 15 août 1997, n. 110 (Paris, Téqui, 1997, pp. 120-121).

« Si l’on pense que toutes les religions et leurs fondateurs se valent, que l’on compare donc la mort de ceux-ci et l’on trouvera quelques différences : Moïse, le Bouddha, Confucius sont tous morts à un âge avancé, couronnés de succès malgré toutes les déceptions, entourés de leurs disciples et de leurs adeptes, “rassasiés de vie” comme les patriarches d’Israël. Selon la tradition, Moïse est mort face à la Terre promise, au milieu de son peuple, à l’âge de cent vingt ans, sans que sa vue se soit brouillée ni que sa vigueur ait diminué. Le Bouddha est décédé à quatre-vingts ans, paisiblement, au milieu de ses disciples, après avoir réuni une grande communauté de moines, de moniales et de partisans laïques. Confucius, revenu vers la fin de sa vie à Lou, d’où il avait été chassé comme ministre de la Justice, s’éteint après avoir consacré ses dernières années, d’une part, à la formation d’un groupe de disciples, nobles pour la plupart, qui recueilleront et poursuivront son œuvre, d’autre part, à la rédaction des anciens textes de son peuple, qui ne seront transmis à la postérité que sous la forme qu’il leur avait donnée. Mahomet, enfin, après avoir savouré les dernières années de sa vie comme chef politique de l’Arabie, mourut au sein de son harem et dans les bras de sa favorite.

« Voyons maintenant le sort de Jésus : c’est un homme jeune, qui disparaît à trente ans après une vie active de trois ans au plus, et peut-être de quelques mois seulement ; rejeté par la société, trahi et renié par ses disciples et ses adeptes, méprisé et raillé par ses adversaires, abandonné des hommes et de Dieu, il meurt d’un supplice qui reste parmi les plus horribles et les plus barbares que la cruauté des hommes ait inventé. »

Küng (Hans), Être chrétien, traduit de l’allemand par Henri Rochais et André Metzger, Paris, Seuil, 1978, p. 383.

« Comment, après une fin aussi catastrophique, un nouveau commencement s’est-il produit ? Comment a pu naître, après sa mort, ce mouvement en faveur de Jésus si gros de conséquences pour le sort ultérieur du monde ? Comment est apparue une communion qui se rattache précisément au nom d’un crucifié, comment s’est formée une communauté, une “Église” chrétienne ? Ou bien pour préciser encore la question :

« Comment se fait-il que cet hérésiarque condamné soit devenu le Messie d’Israël et donc le “Christ” ; ce prophète désavoué, le “Seigneur” ; ce corrupteur démasqué, le “Rédempteur” ; ce blasphémateur banni, le “Fils de Dieu” ?

« Ces disciples qui ont laissé leur maître mourir dans l’isolement le plus complet, comment se fait-il que, restés sous l’emprise de sa “personnalité”, de ses paroles et de ses actes, ils ne se soient pas bornés à adhérer à son message, à reprendre courage peu après la catastrophe et à poursuivre en fin de compte la prédication de son message sur le règne et la volonté de Dieu – à reprendre par exemple le sermon sur la montagne ? Comment expliquer qu’ils aient fait aussitôt de ce Jésus lui-même le véritable contenu de leur message ?

« Comment se fait-il par conséquent qu’ils aient prêché non pas seulement l’évangile de Jésus, mais Jésus lui-même en tant que l’évangile, de sorte que le messager lui-même est inopinément devenu objet du message et l’annonce du règne de Dieu, annonce de Jésus, Christ de Dieu ?

« Comment expliquer que ce Jésus soit devenu le centre de leur prédication, non pas malgré sa mort, mais justement à cause de sa mort, et donc en tant que crucifié ? Sa revendication n’était-elle pas désespérément compromise par sa mort ? N’avait-il pas recherché un but grandiose et n’avait-il pas échoué sans espoir dans son désir ? Dans la situation religieuse et politique de l’époque, pouvait-on concevoir un handicap psychologique et sociologique plus lourd pour la survie de sa cause que cette fin publique et catastrophique dans la dérision et l’ignominie ?

« Pour quelle raison a-t-on pu relier la moindre espérance à cette fin précisément désespérée, proclamer Messie de Dieu précisément celui qui avait été jugé par Dieu, ériger en signe de salut le gibet de la honte, et faire de l’évident fiasco du mouvement le point de départ de son extraordinaire renouveau ? Sa cause étant liée à sa personne, n’avait-on pas donné sa cause pour perdue ?

« Ceux qui, si peu de temps après un échec aussi flagrant, se sont présentés comme ses messagers et n’ont craint ni les fatigues, ni les adversités, ni la mort, d’où ont-ils tiré la force de répandre cette “bonne” nouvelle parmi les hommes et finalement jusqu’aux limites de l’Empire ?

« Comment s’est formé cet attachement au maître, si différent de l’attachement suscité par d’autres mouvements à la personnalité de leur fondateur, tel que Marx pour les marxistes ou encore Freud pour les freudiens convaincus ? Comment se fait-il donc que Jésus ne soit pas seulement honoré, étudié et suivi comme le fondateur et le maître qui a vécu il y a des années, mais qu’en particulier dans l’assemblée liturgique il soit prêché comme vivant, et connu comme actuellement agissant ? Comment est née l’idée singulière qu’il dirige lui-même les siens, sa communauté, par son Esprit ? »

Küng (Hans), Être chrétien, traduit de l’allemand par Henri Rochais et André Metzger, Paris, Seuil, 1978, pp. 394-395.

« Dès le départ, la jeune communauté des croyants a reconnu comme sa tâche particulière la sollicitude active en faveur de ceux qui souffrent. La sollicitude méthodique envers les malades est précisément devenue une démarche spécifique et distinctive du christianisme par rapport aux autres religions mondiales. Elle apparaît avec les soins aux malades organisés et dispensés par l’évêque et les diacres dans les communautés primitives ; puis viennent les nosocomia (hôpitaux) institués au IVe siècle, les infirmeries des monastères médiévaux, multipliées surtout à partir de la réforme clunisienne, et les ordres hospitaliers militaires ou civils ; aujourd’hui encore de nombreux établissements de soin résultent de l’initiative des ordres ou congrégations catholiques et protestants. »

Küng (Hans), Être chrétien, traduit de l’allemand par Henri Rochais et André Metzger, Paris, Seuil, 1978, p. 676.

« L’apologétique est au témoignage ce que le sermon est à l’exemple. »

Lubac (Henri, de), Sur les chemins de Dieu, Paris, Aubier, 1956, p. 180.

« On constate communément un fait étonnant : “La foi en Yahvé s’est toujours opposée avec la dernière intransigeance à toutes les formes du culte des morts”. “Chose surprenante, pendant fort longtemps le judaïsme n’a pas pensé à l’angoisse dernière et s’en est désintéressé. Ce peuple, autant que les Grecs, était bien de ce monde, d’ici-bas, mais il vivait pourtant incomparablement plus en direction d’un futur et de buts”. L’amour obstinément exclusif que la foi d’Israël en la promesse éprouve à l’égard des accomplissements survenant ici-bas et dans l’histoire, est une énigme ; mais il est aussi la présupposition qui seule permet de comprendre la Résurrection du Christ comme la Résurrection du Crucifié, et non pas comme le symbole à la fois de l’espérance d’une immortalité et de son correspondant : la résignation à la vie.

« Tout ce qui est mort représente pour Israël le comble de l’impureté ; de telles souillures excluent du culte. Certes, la tentation de conjurer les morts existait en Canaan ; mais la contradiction même que lui oppose Israël fait clairement apparaître que la foi en la promesse doit se détacher de toute communion sacrée avec les morts. Les morts sont séparés de Dieu et de la communion de vie avec lui. Comme Dieu et sa promesse signifient la vie, la véritable amertume de la mort ne se trouve pas seulement dans la perte de la vie, mais aussi dans la perte de Dieu, dans l’abandon de Dieu. »

Moltmann (Jürgen), Théologie de l’espérance. Études sur les fondements et les conséquences d’une eschatologie chrétienne, traduit de l’allemand par Françoise et Jean-Pierre Thévenaz, Paris, Cerf-Mame, collection « Cogitatio Fidei » (n. 50), 1970, pp. 223-224.