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La défense par Origène de la plausibilité de la vérité chrétienne contre un païen

Situation du document dans son contexte

Surtout connu comme exégète et théologien, Origène (c. 185-253) est aussi un monument de l’apologétique chrétienne. Sollicité par son ami Ambroise, il entreprit de réfuter le Discours véritable (Ἀληθής λόγος) de Celse ; cet obscur philosophe païen du IIe siècle, très informé sur le christianisme, s’était attaqué avec autant de virulence que de méthode à la religion nouvelle qui semait de plus en plus le trouble dans l’esprit de ses contemporains. À dire vrai, ce Discours véritable ne semble pas avoir eu la moindre influence : quelques apologistes contemporains ont pu le connaître [1] mais aucun ne l’a cité, et son texte ne nous a été transmis que par l’œuvre d’Origène. Il présente cependant l’intérêt de rassembler toutes les attaques lancées jusqu’alors contre le christianisme, tant par la synagogue que par le paganisme ou les hérétiques, offrant ainsi l’occasion d’une réfutation générale dont l’apologétique ultérieure s’est largement inspirée. Qui plus est, ladite réfutation est une œuvre de maturité : composés quelques années avant la mort de l’auteur, les huit livres du Contre Celse « sont un des derniers écrits du maître et constituent en quelque sorte son testament spirituel [2] ».

Notre objet

Dans le cadre très limité de cette étude, nous nous contenterons d’exposer brièvement l’argumentation mise en œuvre par Origène pour, non seulement défendre la plausibilité de la vérité chrétienne face à un philosophe païen, mais encore pour asseoir « la crédibilité objective de la foi chrétienne [3] ». En effet, pour Origène, la foi chrétienne n’est pas qu’une vérité parmi d’autres, une religion de plus qui pourrait enrichir le panthéon du syncrétisme ambiant ; elle est LA vérité, en tant qu’elle est fondée sur la parole de Celui qui a affirmé : « Je suis la Vérité [4] ».

Pertinence d’une argumentation

C’est sans doute ce qui explique que, spontanément, Origène ait hésité à répondre à la demande de son ami, préférant, à l’instar du divin Maître, se taire et ne rien répondre [5]. N’est-ce pas par sa seule force que la vérité doit s’imposer [6] ? « Les faits » – c’est-à-dire la vie du Christ et de Ses disciples – ne constituent-ils pas « une réfutation manifeste et un discours plus fort que tous les écrits [7] » ? Nonobstant ces considérations liminaires, Origène a quand même cédé aux instances d’Ambroise, et pour un motif éminemment charitable : protéger la foi des faibles, susceptibles d’être « ébranlés » et « retournés [8] » par le Discours véritable.

Fondements de l’argumentation

Comme nous l’avons rappelé plus haut, Celse avait réuni des accusations antichrétiennes jusqu’alors dispersées. Origène fut donc obligé de fonder sa réfutation sur plusieurs plans : l’Ancien Testament à l’encontre des charges d’origine juive ; le Nouveau Testament à l’encontre des charges d’origine hérétique ; la raison naturelle à l’encontre des charges d’origine païenne. La méthodologie ainsi mise en œuvre, qui sera entérinée par l’apologétique ultérieure [9], situe chaque acteur du Discours véritable par rapport au véritable Λόγος, le Christ-Vérité : embryonnaire et dévoyée chez les païens, partielle et dépassée chez les Juifs, réinterprétée chez les hérétiques, la vérité n’est absolue que dans le christianisme « normatif ».

Fides et ratio

Origène a été l’un des premiers à comprendre que la raison n’est pas opposée au christianisme, et qu’elle peut légitimement élaborer un discours sur Dieu – théologie – non moins véritable que celui de l’hellénisme [10]. S’adressant à des êtres doués de raison (quand bien même ils n’en usent pas souvent…), la Révélation est nécessairement fondée rationnellement pour être reçue par ses destinataires. À très proprement parler, elle constitue même, comme l’affirmait saint Justin, « la seule philosophie sûre et profitable [11] », à tout le moins « le vrai point de rencontre et de confrontation entre la pensée philosophique et la pensée théologique [12] ». Et Origène en tire cette conclusion :

« S’il était possible que tous les hommes délaissent les affaires de la vie pour consacrer leurs loisirs à la philosophie, nul ne devrait poursuivre d’autre voie que celle-là [13]. »

Mais est-il possible à chacun de méditer ainsi, à l’abri des vicissitudes de l’existence ? Et ce mode de vie propre à la contemplation fût-il assuré, combien auraient la capacité de mener une telle réflexion ? De toute évidence, bien peu :

« Il est clair que tous les hommes, sauf de très rares exceptions, ne pourraient ainsi obtenir l’avantage retiré de la simple foi, mais resteraient dans une vie corrompue [14]. »

Aussi n’y a-t-il rien d’illégitime – au moins au temps d’Origène – à ce que la plupart des chrétiens croient sans examen approfondi des dogmes. Cette distinction sera elle aussi reprise par l’apologétique ultérieure [15]. Il suffit que certains chrétiens au moins soient en mesure de justifier rationnellement leur foi pour que tombe l’accusation de « fidéisme » assénée par Celse [16].

C’est sur ce fond de rationalité universelle qu’Origène va développer son argumentation face à la critique composite de son adversaire. En choisissant de répondre point par point au Discours véritable, l’apologète livre une réfutation certes complète mais passablement embrouillée. Il paraît cependant possible de distinguer deux pôles dans son argumentaire : d’une part, la disqualification de l’adversaire et la démonstration de l’inanité de ses prétentions, qui font valoir par contraste la crédibilité du christianisme ; d’autre part, la défense et la justification des fondements de la foi chrétienne.

Disqualification de l’adversaire

Le strict monothéisme commun au judaïsme et au christianisme implique le rejet pur et simple des divinités païennes. Dans le droit fil de la critique biblique traditionnelle [17] et de l’apologétique antérieure [18], Origène tourne en ridicule l’idolâtrie païenne pour mieux faire apparaître le sérieux du culte chrétien.

Les divinités païennes sont ainsi réduites au rang de démons [19], de puissances mauvaises qu’on prétend honorer par le sang et le fumet de graisse, alors que le vrai Dieu réclame qu’on s’élève au-dessus de ces idoles pour Le vénérer [20]. Le monde et ses parties ne peuvent non plus être divinisés : si le soleil, la lune ou les étoiles peuvent en quelque façon « prédire » la pluie ou d’autres événements [21], ce ne sont que des créatures qui renvoient à l’« indicible supériorité [22] » de leur Créateur. Celse lui-même tend une perche à son contradicteur en admettant que certains traits de la religion païenne relèvent de l’absurdité : il rappelle en effet que, déjà, Héraclite et Hérodote avaient critiqué le culte des idoles [23]. Dès lors, Origène a beau jeu de faire valoir que cette critique – exceptionnelle dans la tradition païenne – est une règle commune du christianisme, qui enseigne le mépris de tout ce qui peut détourner de Dieu [24].

L’argument chronologique est un lieu commun de l’apologétique judéo-chrétienne [25]. Pour spécieux qu’il soit – supposant une corrélation entre l’antiquité et la vérité d’une religion –, il répond au besoin de ruiner les fondements mythologiques du paganisme gréco-romain en établissant la plus haute antiquité de la religion juive, et de la religion chrétienne qui la continue et l’accomplit. Contre Celse qui arguait de la nouveauté suspecte du christianisme [26], Origène peut donc revendiquer son enracinement dans une tradition bien antérieure [27]. Par là même – autre lieu commun de l’apologétique – il peut aussi affirmer que les vérités partielles possédées par la tradition philosophique grecque dépendent de la vérité totale possédée par la tradition judéo-chrétienne, celles-là ayant été empruntées – voire volées [28] – à celle-ci [29]. Et il s’ensuit que tout argument soutenant la plausibilité de ladite tradition vaut aussi pour le christianisme…

Défense et justification des fondements de la foi chrétienne

Cette partie de l’apologie repose principalement sur trois arguments christologiques, puisque la foi chrétienne n’est fondée que si la divinité du Christ est prouvée : ce qui peut s’établir grâce aux prophéties et aux miracles d’une part [30], à la réussite historique du christianisme d’autre part.

L’argument tiré des prophéties vétérotestamentaires présuppose la possibilité même de ces prédictions. La critique rationaliste esquissée par Celse [31] – la prophétie nie le libre arbitre – n’était que de pure forme, puisqu’il admettait par ailleurs la vérité des oracles païens. La question de fait étant tranchée, Origène, à la suite de saint Justin dans son Dialogue avec Tryphon, peut montrer que « si telle ou telle prophétie a été accomplie par tel ou tel personnage de l’Ancien Testament, l’ensemble des prophéties, concernant le Messie, n’ont eu leur pleine réalisation, en dépit des dénégations intéressées des juifs, que dans la personne de Jésus [32]. »

L’argument tiré des miracles repose sur le même mouvement de pensée : la critique rationaliste – les miracles contredisent les lois de la nature – est battue en brèche par Celse qui admet les prodiges de la mythologie païenne [33] ; l’insigne valeur morale du thaumaturge et la fin éminemment bonne des miracles distinguent Jésus des démons et sorciers. Le plus grand des miracles, la Résurrection [34], est d’un tout autre ordre que les réapparitions d’Orphée ou Protésilas. Enfin, les chrétiens continuent d’accomplir des miracles [35].

Les « origines humbles et méprisables [36] » du christianisme ne pouvaient que choquer juifs et païens : les premiers, en raison d’une espérance messianique faussée par une perspective terrestre, attendaient le roi libérateur qui soumettrait la terre à Juda ; les seconds pouvaient difficilement placer un fils de charpentier dans leur panthéon déjà bien encombré de super-héros. Or, en dépit de la naissance obscure du Christ, de Sa vie errante, de Sa mort ignominieuse, de la médiocrité et de la trahison de Ses apôtres [37], des persécutions subies par Ses disciples, on ne peut nier la réussite historique du christianisme, ni la transformation des cœurs et du monde qu’il a opérée [38]. À vues humaines, cette expansion était impossible, l’échec était certain ; dès lors, n’a-t-on pas la preuve de la divinité du Christ et de l’œuvre accomplie par Son Église ?

Conclusion

Moins d’un siècle après la mort d’Origène, Eusèbe de Césarée ne craignait pas de prophétiser à propos du Contre Celse, en affirmant qu’il était « une présentation générale de tout ce qui a été dit et sera dit par qui que ce soit sur le même sujet [39] », autrement dit une « réponse aux hérésies de tous les siècles à venir [40] ». Effectivement, l’apologétique ultérieure continuera à puiser dans l’argumentation développée par l’Alexandrin et, nonobstant son ancrage historique bien déterminé, sa lecture peut être encore utile aujourd’hui. Outre ceux qui ont été relevés plus haut, bien des points du Contre Celse ont conservé une certaine actualité, notamment en matière biblique (authenticité et historicité des deux Testaments, lecture critique et allégorique contre lecture « fondamentaliste », etc.). Pour notre part, nous retiendrons ces deux éléments :

Origène ne craint pas l’usage de la raison pour attester la plausibilité de sa foi ; à l’encontre du néo-fidéisme de nos contemporains, il était bien conscient que l’acte de croire est un acte de l’intelligence [41].

La vitalité divine de l’Église constitue la meilleure apologie du christianisme [42] ; c’était sans doute l’argument le plus neuf utilisé par Origène. Qu’en est-il lorsque l’Église, comme c’est le cas aujourd’hui en France, offre le désolant spectacle d’un moribond ?

Bibliographie

Logo Altaner (Berthold), Précis de patrologie, Mulhouse, Salvator, 1961, pp. 293-307.
Logo Athénagore, Supplique au sujet des chrétiens et Sur la résurrection des morts, traduction par Bernard Pouderon, Paris, collection « Sources chrétiennes » (n. 379), 1992.
Logo Bardy (Gustave), « Origène », Dictionnaire de théologie catholique, t. XI, Paris, Letouzey et Ané, 1931, col. 1489-1565.
Logo Bareille (Georges), « Apologistes (Les Pères) », Dictionnaire de théologie catholique, t. I, Paris, Letouzey et Ané, 1901, col. 1580-1602.
Logo Bareille (Georges), « Celse », Dictionnaire de théologie catholique, t. II, Paris, Letouzey et Ané, 1905, col. 2090-2100.
Logo Cayré (Fulbert), Patrologie et histoire de la théologie, t. I, Paris, Desclée, 1927 (4e édition), pp. 183-210.
Logo Crouzel (Henri), « Origène », Dictionnaire encyclopédique du christianisme ancien, t. 2, Paris, Cerf, 1990, pp. 1828-1837.
Logo Drobner (Hubertus R.), Les Pères de l’Église. Sept siècles de littérature chrétienne, traduit de l’allemand par Joseph Feisthauer, Paris, Desclée, 1999, pp. 127-134.
Logo Hamman (Adalbert), « Celse », Dictionnaire encyclopédique du christianisme ancien, t. I, Paris, Cerf, 1990, pp. 445-446.
Logo S. Justin martyr, Œuvres complètes, Paris, Migne, collection « Bibliothèque », 1994.
Logo Le Boulluec (Alain), « La foi (pistis) entre croyance et savoir selon Origène dans le Contre Celse », Théologiques, vol. 13, n. 1, 2005, pp. 59-78.
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Logo Origène, Contre Celse, traduction par Marcel Borret, Paris, Cerf, collection « Sources chrétiennes », 1967-1976 : t. I (livres I et II), n. 132, 1967 ; t. II (livres III et IV), n. 136, 1968 ; t. III (livres V et VI), n. 147, 1969 ; t. IV (livres VII et VIII), n. 150, 1969 ; t. V (introduction générale, tables et index), n. 227, 1976.
Logo Puech (Aimé), Recherches sur le « Discours aux Grecs » de Tatien, suivies d’une traduction française du « Discours… » avec notes, Paris, Félix Alcan, collection « Université de Paris. Bibliothèque de la Faculté des lettres » (n. 17), 1903.
Logo Quasten (Johannes), Initiation aux Pères de l’Église, t. II, traduction par Jean Laporte, Paris, Cerf, 1957, pp. 49-123.
Logo Rayroux (Paul-Alfred), Essai sur l’apologétique d’Origène d’après le traité « ΚΑΤΑ ΚΕΛΣΟΥ », Montauban, Vidallet, 1872
Logo Tertullien, Apologétique, traduction par Jean-Pierre Waltzing, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France (n. 49), 1961.
Logo Théophile d’Antioche, Trois livres à Autolycus, traduction de Jean Sender, Paris, Cerf, collection « Sources chrétiennes » (n. 20), 1948.
Logo S. Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils, Paris, Cerf, 1993.
Logo S. Thomas d’Aquin, Somme théologique, Paris, Cerf, 1984.

1. Cf. Minucius Félix, Octavius, 10-12 (traduction par Jean Beaujeu, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France [n. 178], 1974) ; Tertullien, Apologétique, XXI (traduction par Jean-Pierre Waltzing, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France [n. 49], 1961) ; Théophile d’Antioche, Trois livres à Autolycus, III (traduction de Jean Sender, Paris, Cerf, collection « Sources chrétiennes » [n. 20], 1948).

2. Bardy (Gustave), « Origène », Dictionnaire de théologie catholique, t. XI, Paris, Letouzey et Ané, 1931, col. 1560.

3. Le Boulluec (Alain), « La foi (pistis) entre croyance et savoir selon Origène dans le Contre Celse », Théologiques, vol. 13, n. 1, 2005, p. 60.

4. Jn 14 6.

5. Cf. Mt 26 63, 27 12-14 ; Mc 14 61, 15 5 ; Lc 23 9 ; Origène, Contre Celse, préface, 1-2 (traduction par Marcel Borret, Paris, Cerf, collection « Sources chrétiennes » [n. 132], 1967, pp. 65-69).

6. Cf. Concile œcuménique Vatican II, Déclaration De libertate religiosa, 1 : « La vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance. »

7. Origène, op. cit., préface, 1 (trad. cit., pp. 65-67).

8. Cf. ibid., préface, 4 (trad. cit., p. 73).

9. Cf. S. Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils, I, ii (traduction par Réginald Bernier et Maurice Corvez, Paris, Cerf, 1993, p. 21) : « Réfuter toutes les erreurs est difficile, pour deux raisons. La première, c’est que les affirmations sacrilèges de chacun de ceux qui sont tombés dans l’erreur ne nous sont pas tellement connues que nous puissions en tirer des arguments pour les confondre. C’était pourtant ainsi que faisaient les anciens docteurs pour détruire les erreurs des païens, dont ils pouvaient connaître les positions, soit parce qu’eux-mêmes avaient été païens, soit, du moins, parce qu’ils vivaient au milieu des païens et qu’ils étaient renseignés sur leurs doctrines. – La seconde raison, c’est que certains d’entre eux, comme les Mahométans et les païens, ne s’accordent pas avec nous pour reconnaître l’autorité de l’Écriture, grâce à laquelle on pourrait les convaincre, alors qu’à l’encontre des Juifs, nous pouvons disputer sur le terrain de l’Ancien Testament, et qu’à l’encontre des Hérétiques, nous pouvons disputer sur le terrain du Nouveau Testament. Mahométans et Païens n’admettent ni l’un ni l’autre. Force est alors de recourir à la raison naturelle à laquelle tous sont obligés de donner leur adhésion. »

10. Cf. Jean-Paul II, Lettre encyclique Fides et ratio, 14 septembre 1998, n. 39 (La Documentation catholique, n. 2191, 1er novembre 1998, p. 915).

11. S. Justin, Dialogue avec Tryphon, 8 (traduction de Georges Archambault, Œuvres complètes, Paris, Migne, collection « Bibliothèque », 1994, p. 110).

12. Jean-Paul II, op. cit., n. 79 (loc. cit., p. 929).

13. Origène, op. cit., I, 9 (trad. cit., p. 99).

14. Ibid. (trad. cit., p. 101).

15. Cf. S. Thomas d’Aquin, op. cit., I, iv (trad. cit., pp. 23-24) : « C’est à bon droit que les vérités sur Dieu auxquelles la raison naturelle peut atteindre sont proposées aux hommes comme objets de foi » ; Somme théologique, Ia, q. 2, a. 2, sol. 1 (Paris, Cerf, 1984, t. I, p. 171) : « Rien n’empêche que ce qui est, de soi, objet de démonstration et de science ne soit reçu comme objet de foi par celui qui ne peut saisir la démonstration. »

16. Cf. Origène, op. cit., I, 9 (trad. cit., p. 99) : « N’examine pas, mais crois ».

17. Synthétisée en Sg 13-14.

18. Cf., par exemple, S. Justin, Grande Apologie, 5-6, 9 (traduction de Louis Pautigny, Œuvres complètes, Paris, Migne, collection « Bibliothèque », 1994, pp. 24-25, 27-28).

19. Cf. Origène, op. cit., III, 37 (trad. cit., t. II, p. 87).

20. Cf. id., VIII, 5 (trad. cit., t. IV, pp. 187-189).

21. Cf. id., V, 12 (trad. cit., t. III, p. 45).

22. Id., V, 11 (trad. cit., t. III, p. 41).

23. Cf. id., I, 5 ; VII, 62-66 (trad. cit., t. I, pp. 89-91 ; t. IV, pp. 159-169).

24. Cf. id., III, 15, 40 (trad. cit., t. II, pp. 41, 95).

25. Cf. Josèphe (Flavius), Contre Apion, I, 73-160 (traduction par Léon Blum, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1930, 1972, pp. 15-31) ; S. Justin, op. cit., 23, 44, 54, 59 (trad. cit., pp. 42, 62-63, 74-75, 78-79) ; Théophile d’Antioche, op. cit., III, 16-23 (trad. cit., pp. 146-154).

26. Cf. Origène, op. cit., I, 26 ; II, 4 (trad. cit., t. I, pp. 147, 289).

27. Cf. id., IV, 21, 36 ; VI, 7 ; VII, 28 (trad. cit., t. II, pp. 233-235, 273-277 ; t. III, p. 193 ; t. IV, p. 79).

28. Cf. id., VII, 30 (trad. cit., t. IV, p. 83) : accusation de plagiat.

29. Cf. id., IV, 11-12 ; VI, 19 (trad. cit., t. II, pp. 209-213 ; t. III, pp. 225-229).

30. Cf. id., I, 2 (trad. cit., t. I, p. 83).

31. Cf. id., II, 20 (trad. cit., t. I, p. 337), et la belle réponse d’Origène : « Ce n’est pas celui qui a prédit qui est cause de l’événement futur, parce qu’il a prédit qu’il arriverait ; mais l’événement futur, qui arriverait même sans être prédit, fournit au voyant la raison de le prédire ».

32. Bareille (Georges), « Celse », Dictionnaire de théologie catholique, t. II, Paris, Letouzey et Ané, 1905, col. 2096. Cf. Origène, op. cit., I, 49-56 ; II, 28 (trad. cit., t. I, p. 209-231, 357-359).

33. Cf. Origène, op. cit., I, 6, 38, 68 ; II, 48 (trad. cit., t. I, pp. 91-93, 181-183, 267-269, 391-395).

34. Cf. id., II, 54-63 (trad. cit., t. I, pp. 413-433).

35. Cf. id., I, 46 (trad. cit., t. I, p. 197).

36. Rayroux (Paul-Alfred), Essai sur l’apologétique d’Origène d’après le traité « ΚΑΤΑ ΚΕΛΣΟΥ », Montauban, Vidallet, 1872, p. 18. Cf. Origène, op. cit., I, 28, 32 (trad. cit., t. I, pp. 151-153, 163-165).

37. Cf. Origène, op. cit., I, 62-65 (trad. cit., t. I, pp. 245-259).

38. Cf. id., I, 29-31 ; III, 22-27, 34 (trad. cit., t. I, pp. 153-163 ; t. II, pp. 51-67, 79-83).

39. Eusèbe de Césarée, Contre Hiéroclès, 1 (traduction par Marguerite Forrat, Paris, Cerf, collection « Sources chrétiennes » [n. 333], 1986, p. 101).

40. Quasten (Johannes), Initiation aux Pères de l’Église, t. II, traduction par Jean Laporte, Paris, Cerf, 1957, p. 72.

41. Cf. Catéchisme de l’Église Catholique, nn. 155, 176 ; Congrégation pour le Clergé, Directoire général pour la catéchèse, 15 août 1997, n. 175 : « Voici en particulier les tâches de la catéchèse des adultes : […] Développer les fondements rationnels de la foi. Une intelligence correcte de la foi doit manifester la conformité de l’acte de foi et des vérités à croire avec les exigences de la raison humaine. L’Évangile est toujours actuel et approprié, d’où la nécessité de promouvoir efficacement une pastorale de la pensée et de la culture chrétienne, ce qui permettra de dépasser certaines formes d’intégrisme et de fondamentalisme, et d’éviter les interprétations arbitraires et subjectives. »

42. Cf. Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, 8 décembre 1975, n. 41 (La Documentation catholique, n. 1689, 4 janvier 1976, p. 8) : « Pour l’Église, le témoignage d’une vie authentiquement chrétienne, livrée à Dieu dans une communion que rien ne doit interrompre mais également donnée au prochain avec un zèle sans limite, est le premier moyen d'évangélisation. »