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241 Théologie morale (charité, fautes)

Charité

« “Pourquoi avons-nous jeûné sans que Tu le voies, nous sommes-nous mortifiés sans que Tu le saches ?” C’est qu’au jour où vous jeûnez, vous traitez des affaires, et vous opprimez tous vos ouvriers.
« C’est que vous jeûnez pour vous livrer aux querelles et aux disputes, pour frapper du poing méchamment. Vous ne jeûnerez pas comme aujourd’hui, si vous voulez faire entendre votre voix là-haut !
« Est-ce là le jeûne qui Me plaît, le jour où l’homme se mortifie ? Courber la tête comme un jonc, se faire une couche de sac et de cendre, est-ce là ce que tu appelles un jeûne, un jour agréable à Yahvé ?
« N’est-ce pas plutôt ceci, le jeûne que Je préfère : défaire les chaînes injustes, délier les liens du joug ; renvoyer libres les opprimés, et briser tous les jougs ?
« N’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé, héberger chez toi les pauvres sans abri, si tu vois un homme nu, le vêtir, ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair ?
« Alors ta lumière éclatera comme l’aurore, ta blessure se guérira rapidement, ta justice marchera devant toi et la gloire de Yahvé te suivra.
« Alors tu crieras et Yahvé répondra, tu appelleras, Il dira : Me voici ! Si tu bannis de chez toi le joug, le geste menaçant et les paroles méchantes,
« si tu te prives pour l’affamé et si tu rassasies l’opprimé, ta lumière se lèvera dans les ténèbres, et l’obscurité sera pour toi comme le milieu du jour. »

Is 58 3-10

« Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! Moi Je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car Il fait lever Son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Mt 5 43-48

« Mais Je vous le dis, à vous qui M’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas. Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant. Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car Il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants. »

Lc 6 27-35

« Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’aura rien préparé ou fait selon sa volonté, recevra un grand nombre de coups. Quant à celui qui, sans la connaître, aura par sa conduite mérité des coups, il n’en recevra qu’un petit nombre. À qui on aura donné beaucoup il sera beaucoup demandé, et à qui on aura confié beaucoup on réclamera davantage. »

Lc 12 47-48

« Nul n’a plus grand amour que celui-ci : déposer sa vie pour ses amis. »

Jn 15 16

« Il ne s’agit point, pour soulager les autres, de vous réduire à la gêne ; ce qu’il faut, c’est l’égalité. Dans le cas présent, votre superflu pourvoit à leur dénuement, pour que leur superflu pourvoie aussi à votre dénuement. Ainsi se fera l’égalité, selon qu’il est écrit : Celui qui avait beaucoup recueilli n’eut rien de trop, et celui qui avait peu recueilli ne manqua de rien. »

2 Co 8 13-15

« Il est […] clair que l’amour [dans la prédication de Jésus] n’est pas conçu comme un sentiment qui vivifie ou amollit la vie de l’homme, mais comme une certaine attitude de la volonté. L’amour du prochain ou de l’ennemi ne repose pas sur une impression sentimentale ou émue de sympathie ou d’admiration qui sache sentir même dans la personne la plus abjecte l’étincelle du divin, de l’humanité noble et impérissable : il repose sur le commandement de Dieu. L’amour n’est donc pas une émotion particulièrement forte, car les sentiments et les émotions remplissent la vie humaine de l’âme de toutes les nuances et les transitions possibles. Si l’amour était un sentiment ou une passion, on pourrait penser qu’il existe, à côté de l’amour et de la haine, une troisième possibilité, l’indifférence. Mais si l’amour signifie le sacrifice de sa propre volonté pour le bien de l’autre dans l’obéissance à Dieu, il n’existe manifestement pour l’homme que l’alternative de l’amour ou de la haine. Quiconque n’aime pas, quiconque est indifférent, et reste en proie à ses sentiments naturels, à son “moi” naturel, est dans la haine. Car ne faire du bien qu’à ceux qui nous font du bien, n’être aimable que pour ceux qui sont aimables avec nous, cela s’appelle marchander, c’est agir comme le font aussi les païens et les pécheurs, c’est-à-dire que c’est le comportement de l’homme naturel, égoïste. En vérité, l’amour qui se fonde sur la sympathie, sur l’émotion, n’est qu’amour de soi ; car c’est un amour des préférences, des prédilections, et mon moi reste le critère de ces préférences, de ces choix ; l’amitié et l’amour sexuel sont des expressions du moi naturel ; ils ne sont ni mauvais ni bons en tant que tels ; ils sont mauvais si la volonté de l’homme est mauvaise. Mais voir en eux l’accomplissement du commandement divin de l’amour, c’est falsifier ce commandement, et mettre l’amour de soi à la place de l’amour du prochain. Car le prochain n’est pas tel ou tel auquel ma sympathie me lie, mais c’est chacun, non pas en général, mais chacun dans le cas concret de la rencontre. “Tu aimeras.” La volonté est interpellée, c’est-à-dire l’homme, à la condition qu’il soit placé par Dieu dans la décision et qu’il ait à se décider par son acte libre. C’est seulement lorsque l’amour est conçu comme un sentiment, qu’il est absurde d’ordonner l’amour. Le commandement de l’amour montre que l’amour est compris comme un comportement de la volonté.

« Un tel amour n’a manifestement rien de faible ni de tendre. Il n’est certes pas constitué par des émotions sentimentales et ne voit pas le prochain dans son donné empirique comme quelque chose de particulièrement précieux que l’on puisse admirer ou cultiver. Il n’est pas la joie que procure la personnalité de l’autre et le soin que l’on prend d’elle. Car ce n’est jamais ainsi, en tant que personnalité, que Jésus voit l’homme. Il voit l’homme sous le commandement de Dieu. Ainsi le véritable amour du prochain ne dorlotera pas le prochain et ne l’amollira pas, mais au contraire le verra comme celui qui se tient dans la décision et agira en fonction de lui. Ou bien ne doit-on pas comprendre l’appel à la repentance de Jésus comme un acte d’amour ? »

Bultmann (Rudolf), Jésus. Mythologie et démythologisation, traduit de l’allemand par Florence Freyss et Samuel Durand-Gasselin, Paris, Seuil, 1968, pp. 111-112.

« L’amour des hommes reste une idée trop générale. L’humanité est universelle, assurément ; mais il nous faut être plus précis. “Étreignez-vous, peuples, dans ce baiser de l’univers entier”, proclame le célèbre Hymne à la joie de Schiller et de Beethoven. Jésus ne fait pas la moindre allusion à une telle embrassade. Ce baiser universel ne coûte rien, à l’inverse du baiser à ce malade, à ce prisonnier, à ce hors-la-loi, à ce miséreux bien particulier. L’humanisme est d’autant plus facile à vivre qu’il s’adresse davantage à l’humanité entière et qu’il entre moins en contact avec l’individu concret et sa misère. On intervient plus volontiers en faveur de l’Extrême-Orient qu’en faveur de la paix dans sa propre famille ou dans son propre domaine d’influence. L’Européen humaniste se “solidarise” plus facilement avec les Noirs d’Amérique du Nord ou d’Afrique du Sud qu’avec les travailleurs immigrés dans son propre pays. Plus le prochain est éloigné et plus il est facile de proclamer – verbalement – qu’on l’aime. »

Küng (Hans), Être chrétien, traduit de l’allemand par Henri Rochais et André Metzger, Paris, Seuil, 1978, pp. 289-290.

« Chacun de ces termes [érôs, agapê, amor, caritas] signifie amour. […] Les théologiens n’ont pas ménagé leurs efforts pour creuser le fossé entre l’érôs sensuel des Grecs et l’agapê désintéressée au sens où l’entend Jésus. Pour ce faire, ils ont pu s’appuyer sur une donnée lexicale effectivement saisissante : le substantif agapê ne se rencontre guère dans la littérature grecque profane et le verbe agapan (aimer) y apparaît marginal. Inversement, le mot érôs est absent du Nouveau Testament, et n’est cité que deux fois dans l’Ancien Testament grec, au livre des Proverbes, avec une valeur dépréciative. De toute évidence, le terme était compromis par tout ce qu’il évoquait, dans le monde grec, d’érotisme morbide et de sexualité purement pulsionnelle, pratiqués jusque dans les cultes païens. »

Küng (Hans), Être chrétien, traduit de l’allemand par Henri Rochais et André Metzger, Paris, Seuil, 1978, pp. 294-295.

« Dès le départ, la jeune communauté des croyants a reconnu comme sa tâche particulière la sollicitude active en faveur de ceux qui souffrent. La sollicitude méthodique envers les malades est précisément devenue une démarche spécifique et distinctive du christianisme par rapport aux autres religions mondiales. Elle apparaît avec les soins aux malades organisés et dispensés par l’évêque et les diacres dans les communautés primitives ; puis viennent les nosocomia (hôpitaux) institués au IVe siècle, les infirmeries des monastères médiévaux, multipliées surtout à partir de la réforme clunisienne, et les ordres hospitaliers militaires ou civils ; aujourd’hui encore de nombreux établissements de soin résultent de l’initiative des ordres ou congrégations catholiques et protestants. »

Küng (Hans), Être chrétien, traduit de l’allemand par Henri Rochais et André Metzger, Paris, Seuil, 1978, p. 676.

« Il faut reconnaître qu’il y a des moments où l’on éprouve une furieuse envie de faire passer les principes de boxe anglaise avant les principes de charité chrétienne. »

Larigaudie (Guy, de), Résonances du Sud, Paris, Plon, 1938, p. 76.

« La charité sociale peut […] être sans prétention. Il y a une grève juste : peut-être me dérange-t-elle alors qu’elle ne concerne pas mes propres intérêts. Accepter le dérangement, ne pas grogner, se sentir solidaire avec les grévistes qui luttent pour la défense de leurs droits, c’est aussi de la charité chrétienne. Peu remarquée, mais pas moins exquise pour cela. »

Luciani (Albino), Humblement vôtre, traduit de l’italien par Michel Pochet, Paris, Nouvelle cité, 1978, pp. 195-196.

« C’est une bonne chose que d’avoir choisi la cause des pauvres, des marginaux, du Tiers monde. Attention pourtant, il ne faut pas qu’avec l’excuse des pauvres lointains et organisés vous négligiez ceux qui sont à côté de vous. Ta mère est là, pauvre et proche : pourquoi lui désobéis-tu et la rudoies-tu ? Ton professeur est là, pauvre et proche lui aussi : pourquoi es-tu avec lui aussi peu respectueux et sans pitié ? »

Luciani (Albino), Humblement vôtre, traduit de l’italien par Michel Pochet, Paris, Nouvelle cité, 1978, pp. 256-257.