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Confidences à Pétronille

J’ai trouvé ce sous-titre quelque part ; il m’a plu.

Tu ne trouves pas que Pétronille est un joli nom ?

Voyons ce que ces trois mots peuvent inspirer aux bavards.

Je ne connais sur la terre aucune Pétronille. Je ne suis pas même trop certain qu’il y en a une au Ciel.

Sainte Pétronille aurait été la fille de saint Pierre. L’Évangile nous parle de la belle-mère de Pierre [1] ; on ne voit pas pourquoi il n’aurait pas eu de fille. Pétronille, c’est le féminin de Pierre. La France étant la fille aînée de l’Église, sainte Pétronille est considérée à Rome comme une des patronnes de notre pays.

Chaque année, le jour de la sainte Pétronille (date que j’ignore [2]), Monsieur Chirac, parce qu’on dit qu’il gouverne la France, est invité à venir occuper sa stalle de Saint-Jean-de-Latran (dont il est chanoine : les rois l’étaient ; il continue la tradition). En réalité, c’est l’ambassadeur qui le remplace. L’un vaut l’autre d’ailleurs.

Passons au côté « confidences ».

Confidences à Pétronille ? Pas plus à elle qu’à d’autres. C’est là mon avis.

Or ce n’est pas facile. Tout le monde aime se raconter. Mais plus on se tait, mieux c’est. Je ne sais plus qui disait ceci : « Je me suis souvent repenti d’avoir trop parlé, jamais de m’être tu [3] ».

J’en viens maintenant au but que je poursuis sournoisement depuis le début de mon petit article.

Je veux te parler d’une exception : confie-toi, ou plutôt confesse-toi vite, si tu ne l’as pas fait depuis longtemps.

Et ensuite, fais-le régulièrement.

Choisis pour cette grande affaire un type dans tes goûts (si tu as le choix, ce qui n’est pas toujours le cas). Certains garçons préfèrent les jeunes ; d’autres s’accommodent plus volontiers des vieux croûtons.

Certains confesseurs savent d’avance ce qu’on va leur raconter, ce qui simplifie l’opération. Saint Jean Bosco avait la réputation de lire le péché dans les yeux de ses gamins. Ceux qui se savaient coupables baissaient la visière de leur casquette. Mais figure-toi qu’il voyait au travers de la casquette. Il me semble que j’en aurait fait tout autant : si tu ne veux pas que je voie tes yeux, c’est qu’il y a quelque chose…

Ce qui n’empêchait pas le saint d’avoir en outre des lumières surnaturelles.

En ai-je rencontré de ce genre ?…

Parmi tout cela, je ne sais plus trop ce que j’ai fait de sainte Pétronille. J’espère qu’elle ne m’en veut pas.

Voilà que je me rappelle maintenant où j’ai lu mon titre : dans la vie d’une sainte dont la copine avait la bonne idée de s’appeler comme ça.

1. Cf. Mt 8 14-15 ; Mc 1 29-31 ; Lc 4 38-39.

2. Sainte Pétronille est fêtée le 31 mai.

3. Maxime attribuée à saint Arsène le Romain, diacre (350–445), fêté le 19 juillet : Loqui, pœnituit me sæpe ; tacuisse, nunquam (Apophthegmata Patrum, De abbate Arsenio, 40 ; PG 65, 106C) ; Loqui me semper pœnituit, tacere nunquam (De vitis patrum, V, xv, 9 ; PL 73, 955A). Valère Maxime attribue des propos semblables à Xénocrate : Quid Xenocratis responsum, quam laudabile! cum maledico quorundam sermoni summo silentio interesset, uno ex his quaerente cur solus linguam suam cohiberet, quia dixisse me inquit aliquando paenituit, tacuisse numquam (Factorum et dictorum memorabilium libri novem, l. VII, c. 2, ext. 6).