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Allons, enfants de la patrie…

On trouve dans les poésies de saint Jean de la Croix ce qu’il appelait des « gloses sur le divin ». Il choisissait une chanson d’amour que tout le monde fredonnait de son temps, changeait un mot par ci, une tournure par là, et on se trouvait tout-à-coup dans un autre monde, celui de Dieu. La chansonnette se voyait promue a lo divino (au mode divin).

La plus connue des ces gloses est celle que sainte Thérèse de Lisieux aimait tant, qu’elle a si bien traduite en vers [1].

« Appuyée sans aucun Appui
« Sans Lumière et dans les Ténèbres
« Je vais me consumant d’Amour. »

On a oublié depuis longtemps la chanson du départ (pas le Chant du Départ, hélas !). La poésie du Saint nous reste, et c’est l’essentiel.

Je vais inventer un exemple pour mieux me faire comprendre. Prenons cet air d’opérette qu’on ne chante probablement plus : C’est l’amour qui flotte dans l’air à la ronde [2], et mettons à la place : Dieu d’amour, qui fis les cieux, la terre et l’onde. Le tour est joué.

La chanson d’amour que j’ai choisie pour la « gloser » a lo divino, c’est le titre. Courage !

Allons vers la Sainte Patrie,
Alternant Pater et Ave
Saint Michel me montre la Vie,
de son étendard élevé. (bis)
Défendons-nous, prenons les armes,
Voici l’heure du grand combat.
Le Chef a besoin de nos bras :
Il n’a que faire de nos larmes.
À vos armes, chrétiens.
Formez vos bataillons.
Marchons, marchons, des Saints Martyrs,
Empruntons les sillons.

Mes vers ne valent pas mieux que ceux de Rouget de Lisle. S’ils tombaient dans l’oubli avec les siens, personne ne le regretterait.

Mais assez rigolé (ah, c’est dur !). Chez les deux poètes (?), c’est-à-dire lui et moi, le mot clé est le mot patrie. Laissons-nous emporter vers les hauteurs.

Vitam sine termino nobis donet in Patria [3] ! (Que Dieu nous donne dans la Patrie la Vie qui n’a pas de fin !) La France, qui est ici-bas notre patrie, n’est pas un quelconque royaume. Un jour viendra pourtant, où nous la quitterons pour la Patrie (P majuscule) ! Un instant de bonheur intense, un instant qui n’en finit pas ! Je vois bien que je dis des bêtises. Mais comment veux-tu que je fasse autrement ? (ne te trompe pas sur le sens !)

« Ta Face est ma seule Patrie, elle est mon Royaume d’amour [4]… » (Ste Thérèse de Lisieux). C’est une des patronnes de notre pays qui a écrit cela, un pays qui lui était si cher. Notre petit Docteur vient à point pour m’aider à me faire comprendre. Quant à la face de Jésus, tu la connais même si tu n’es pas allé à Turin. Bref, il y a patrie et Patrie.

Je suis en bout de page. Terminons avec saint Jean de la Croix, a lo divino.

« Bien que je souffre sans Lumière,
« En cette vie qui n’est qu’un jour
« Je possède au moins sur la terre
« La vie Céleste de l’Amour [5]. »

S’il y a Patrie et patrie, il y a aussi Amour et amour.

1. Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, Glose sur le Divin (Œuvres complètes, Paris, Cerf/DDB, 1992, p. 711) ; cf. S. Jean de la Croix, Œuvres spirituelles, traduction du R. P. Grégoire de Saint Joseph, Paris, Seuil, 1947, p. 1111. Cette hymne a été choisie par le Carmel pour l’Office des Lectures de la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (cf. Les Heures du Carmel, Venasque, Éditions du Carmel, 1998, 2e édition, pp. 186-187).

2. Valse qui clôt l’acte I de l’opérette Les Saltimbanques de Louis Ganne et Maurice Ordonneau (1899).

3. Derniers vers de l’hymne O Salutaris Hostia.

4. Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, Mon Ciel ici-bas !… (Œuvres complètes, Paris, Cerf/DDB, 1992, p. 684).

5. Voir note 1.