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Un saint triste est un triste saint

Allons donc nous distraire avec les saints.

Le premier de cette joyeuse compagnie sera bien entendu saint François de Sales. C’est lui qui m’a fourni le titre. Il se fit le champion de la suavité. Si tu pouvais être un peu plus suave !

Il ne suffit tout de même pas d’être joyeux pour être saint : j’ai connu des lurons qui ne sont pas au calendrier.

Ne pas se montrer triste est tout de même un bon début.

À l’œuvre donc. Et ne viens pas me dire ensuite que c’est dur : je le sais.

Passons à saint Laurent, qui mourut rôti sur un gril. Pendant l’opération, il disait à l’empereur Dèce : « Vois, misérable, tu as cuit un côté. Retourne-moi, et mange ».

Je ne suis pas trop sûr qu’il accompagnait d’un sourire cette invitation.

Saint Thomas More demande qu’on l’aide à monter sur l’échafaud. « Pour la descente, je m’en tirerai bien tout seul ». Puis après avoir embrassé le bourreau : « J’ai le cou très court, attention ! Il y va de ton honneur ! »

Il était bien sûr d’un naturel optimiste. Tout de même, personne ne m’empêchera d’admirer son courage : de toutes façons, se disait-il, je dois mourir sur cette machine. Autant le faire en beauté.

Avec saint Philippe Néri, la jeunesse romaine avait tous les droits ; enfin presque tous : « Ils me casseraient des bâtons sur le dos, j’en serais ravi, pourvu qu’ils ne pèchent pas. »

Par nature (par mauvaise nature), saint Vincent de Paul avait tendance à se renfrogner. C’est lui qui nous l’apprend. On peut être certain qu’il a réagi : tout le monde lui courait après. On ne court pas après les teigneux.

Un prêtre bedonnant disait un jour à l’Abbé Vianney : « J’aimerais, quand vous mourrez, pouvoir m’accrocher à votre soutane. Vous êtes sûr du ciel : j’entrerai dans la foulée ». Réponse du saint : « Surtout pas. La porte est étroite, c’est Jésus qui le dit : nous resterions tous deux dehors ». Je vois d’ici le bon sourire qui accompagnait la remarque.

Que dire de la Sainte Vierge ?

On parle de la bienheureuse Vierge. Elle en a vu de toutes les couleurs, chacun le sait. Mais je l’imagine contemplant son petit garçon. C’est elle qui lui a appris à sourire.

Mais, me diras-tu : Où avez-vous lu que Jésus souriait ? C’est vrai que ce n’est pas dans l’Évangile, pas plus d’ailleurs que la couleur de ses yeux. Mais ce bon Maître m’apprend de lui-même qu’il est doux : « Je suis doux et humble [1] ». Le sourire accompagne bien évidemment la douceur.

Jésus se montrait parfois sévère (quand il le fallait). Ou triste : pendant son agonie, voici ce qu’il révélé à ses Apôtres : « Mon âme est triste à en mourir [2] ».

On serait surpris de te voir rire dans les circonstances où le contraire s’impose.

La joie qui est un des fruits du Saint-Esprit [3] est par définition surnaturelle. T’expliquer cela, j’en suis incapable. Mais courage, inscris-toi au club ; adhère à la joyeuse compagnie des Saints. Toi, tu sauras me faire comprendre ensuite.

1. Mt 11 29.

2. Mt 26 38 ; Mc 14 34.

3. Cf. Ga 5 22.