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Tous les méchants sont buveurs d’eau. C’est bien prouvé par le déluge

Je ne sais qui a écrit cela [1]. Prise dans son sens matériel, l’affirmation est presque toujours fausse. Mais disons que boire de l’eau, c’est être triste ; alors oui, tous les méchants sont buveurs d’eau. Saint Jean Bosco, qui ne buvait jamais son vin pur, était un gai compagnon, et la joie des ivrognes n’est qu’apparente.

Saint Paul nous dit : « Soyez joyeux [2] ». Et ce Don Bosco, qui mettait tant d’eau dans son vin, nous invite à nous méfier du diable : Satan est rusé, et cherche à persuader que le service de Dieu est triste, que toute joie en est absente, qu’il ne permet aucun plaisir.

Or c’est tout le contraire et vous le savez. Quand vous tournez le dos à Dieu, autrement dit quand vous commettez un péché, c’est le bonheur que vous cherchez, et c’est lui que vous ne trouvez pas. Quant aux méchants, ils sont tristes, même s’ils rient très fort. Observez-les si vous en avez le temps et le goût. Vous verrez que c’est vrai.

Nous confondons volontiers la joie et la facilité. Or la joie est une conquête : la conquête d’un Dieu qui veut être pris d’assaut. « Dieu est ma forteresse [3] », dit le Psaume. Autrement dit, Dieu est mon abri. Mais c’est un abri qu’il a fallu prendre. Tel est notre Dieu : Il se donne aux forts. « Le Royaume des cieux souffre violence, et ce sont les violents qui s’en emparent [4]. »

Ce n’est pas la joie qu’il faut chercher, c’est Dieu. Le bonheur est donné par surcroît, mais il est sûrement donné.

On peut d’ailleurs faire comme si on était heureux, alors qu’on se sent triste. Cela plaît à Notre-Seigneur, et c’est une manière comme une autre d’assiéger Dieu. On veut seulement lui faire plaisir. On se met au travail ; on accomplit ce qu’Il demande ; on Lui dit que tout est parfait tandis qu’on sent tout le contraire ; on va même jusqu’à chanter une petite chanson pour faire bonne mesure.

C’est Dieu qu’on cherchait ; et soudain voici qu’on se sent vraiment joyeux : « Tant crions Noël qu’il vient [5] ».

Et si le service de Dieu me rend triste, c’est que je fais fausse route : ou bien je n’accomplis pas ce que Dieu me demande, ou bien je l’accomplis mal. Autrement dit j’ai besoin de conseils.

Comment peut-on s’ennuyer dans la vie quand on sait cela. Alexandre a fait la conquête du monde. Christophe Colomb a découvert l’Amérique ; Tintin a marché sur la lune, et nous, nous allons à la conquête de Dieu. Ce sera peut-être long ; nous nous égarerons souvent ; il y aura des chutes ; l’Autre nous tendra des pièges, mais la victoire est au bout, le succès est assuré. Celui qu’on cherche est là déjà. S’Il se cache, c’est pour éprouver notre amour. En réalité, Il ne demande qu’à être pris.

Il ne perd pas de vue les opérations ; Il conduit tout ; Il fait notre route.

1. Ségur (Louis-Philippe, de), « Chanson morale », Contes, fables, chansons et vers, Paris, Buisson, 1801, p. 223.

2. 2 Co 13 11 ; cf. 2 Co 6 10, 1 Th 5 16.

3. Ps 17 3 ; cf. Ps 27 8, 51 9, 90 2, 143 2.

4. Mt 11 12.

5. Villon (François), « Ballade des proverbes » (Œuvres complètes, Paris, Jannet, 1854, pp. 221-222).