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Le mot de l’Abbé

CœursJ’ai écrit trois articles pour Birex : un premier sur la joie, un autre sur la confession, un dernier sur un sujet qui m’est sorti de la tête [1]. Peut-être s’agissait-il de la Sainte Vierge (c’est en effet assez volontiers que je parle d’elle).

Tant pis si c’est le cas ; ou plutôt tant mieux : je récidive. De Maria nunquam satis (on ne parle jamais trop de Marie [2]).

Faut-il vous présenter le personnage ?

  1. Vous savez que Marie est la Mère de Dieu, et le lui rappelez chaque jour (du moins je l’espère) en récitant l’Ave. Non qu’elle risque de l’oublier, mais elle a plaisir à l’entendre répéter, et vous plaisir à le dire. Quel réconfort de la savoir si puissante et toute attentive ! Si proche de Dieu et si proche de nous !

  2. Être la Mère de Dieu, c’est se trouver placé au sommet de la création, au dessus des anges. Par nature, les anges dépassent Marie, mais aucun d’entre eux, tout uni à Dieu qu’il soit, ne l’est de façon si étroite.

    C’est un honneur pour nous. Ayant considéré l’univers qu’il avait créé, Dieu a posé son regard sur une créature humaine, quelqu’un de notre race. Nous pouvons donc espérer de Dieu par Marie. Je ne comprends pas que nous espérions si peu, quand on a de telles relations…

  3. MariePendant des siècles, Dieu avait préparé Marie pour Jésus et Jésus pour nous. À cause de Jésus, il communique à Notre-Dame, dès le premier instant, sa propre vie, oubliant la sentence portée contre la race des hommes au temps de nos premiers parents. Autrement dit, considérant par avance les mérites du Christ, il préserva Marie du péché originel dès le début de son être. L’Évangile nous dit que le corps de Notre-Seigneur fut enseveli dans un tombeau neuf [3]. Il convenait plus encore que la Mère de Jésus fut immaculée dès sa conception.

  4. Marie nous a donné Jésus, c’est-à-dire tout : les sacrements, la grâce, le salut ; si bien que finalement Marie nous a tout donné. Mais parlons au présent : Dieu a, pour ainsi dire, de la suite dans les idées ; il reste dans ses plis ; son plan se ressemble d’un bout à l’autre. C’est encore par Marie qu’il nous donne Jésus, c’est-à-dire tout ; et il aime que nous le sachions : demander les choses par Marie, c’est plaire à Dieu.

  5. Depuis l’Annonciation [4], la Sainte Vierge n’a pour ainsi dire plus quitté Jésus. Elle l’a porté puis mis au monde ; elle s’est occupée de lui quand il était petit ; pendant son ministère public, elle n’était pas sans le voir ; nous la retrouvons au pied de la Croix [5]. Actuellement, elle partage dans le Ciel la gloire de son fils ressuscité : elle y est avec son corps. Les bonnes âmes, dont vous êtes, je l’espère, ont du mal à penser à Jésus sans penser à sa Mère. Et quand elles pensent à Notre-Dame, celle-ci leur montre aussitôt Jésus.

  6. Mais Notre-Seigneur nous dit que tous ces privilèges de Marie ne sont pas ce qu’elle a de plus beau. À une femme qui enviait le bonheur de la Mère de Jésus, celui-ci répondit : « Heureux surtout ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique [6] ». Il pensait bien sûr d’abord à la Sainte Vierge.

Conclusions :

  1. Puisque nous ne pouvons imiter la Sainte Vierge dans ses privilèges, imitons-la dans sa fidélité.
  2. Vous avez bien compris que nous avons intérêt à prier Marie : elle est terriblement puissante et bonne. Mais, toute question d’intérêt mise à part, prions-la, parlons-lui simplement parce que cela lui fait plaisir. Elle est assez gentille pour cela.

1. « L’année liturgique », Birex, n. 8, automne 1982, p. 4.

2. Adage attribué à saint Bernard de Clairvaux, mais qu’on sera bien en peine de trouver dans ses œuvres…

3. Cf. Mt 27 60, Lc 23 53, Jn 19 41.

4. Cf. Lc 1 26-38.

5. Cf. Jn 19 25-27.

6. Lc 11 28.