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Le Baptême

On m’a enseigné autrefois que le baptême efface le péché originel et donne la vie surnaturelle.

C’est deux fois vrai. En effet, avoir le péché originel, c’est ne pas avoir la vie surnaturelle.

Mon catéchisme, plein de pitié pour le débile que j’étais, me disait deux fois la même chose, pour être bien sûr d’être compris.

La vie surnaturelle (ou grâce sanctifiante) me survivra, si je puis dire. Autrement dit, c’est la vraie vie. Mais il dépend de moi. Mourir en état de grâce, c’est en réalité commencer la belle vie.

« Je serais la plus dolente du monde si je savais ne pas être en la grâce de Dieu », disait sainte Jeanne d’Arc [1], qui ne parlait jamais pour ne rien dire.

Puisque Dieu m’a communiqué sa vie, je suis son fils plus qu’adoptif.

Si j’adoptais un enfant, légalement il deviendrait mon fils, mais non pas dans la réalité : sa vie, il la tiendrait toujours de quelqu’un d’autre.

L’adoption divine, c’est une toute autre chose : ma vie surnaturelle, je ne la dois qu’à mon Père du Ciel ; je vis de sa vie. Et voilà pourquoi on s’appelle chrétien, christianus : je suis du Christ. Jésus, bien sûr, est Fils de Dieu par nature. Il n’est pas question pour Lui d’adoption. Mais la vie divine m’est communiquée par Lui ; je suis de ses membres.

Or, « c’est tout un de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de l’Église [2] » (toujours sainte Jeanne d’Arc !). Membre de Jésus-Christ, je suis aussi enfant de l’Église. Un bon chrétien aime l’Église, et il aime fréquenter les églises. Il les voudrait bien tenues ; il souffre quand Notre-Seigneur n’y est pas traité avec un minimum de respect.

À Rouen, on tentait de mettre sainte Jeanne d’Arc (encore elle !) [dans l’embarras] à propos de soumission à l’Église. Dans le même temps, on lui refusait la messe et la communion. On lui interdisait l’accès de la chapelle du château. Excédée, elle finit par répondre : « L’Église, je l’aime et la voudrais [soutenir] de tout mon pouvoir [3] ».

Quand un adulte reçoit le baptême, s’il est bien disposé, il se voit en outre pardonner toutes les fautes qu’il a commises. Il se voit remettre toutes les peines qu’il a encourues.

En principe, c’est le prêtre qui administre le baptême ; ou le diacre. Mais, en cas de nécessité, n’importe qui peut, et doit, baptiser. Sachons donc comment il faut procéder.

Pour baptiser, je verse de l’eau sur le front du candidat en disant : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».

Je verse : il faut que l’eau coule.

De l’eau : ne vous laisser pas impressionner par la chanson : « Fanchon, quoique bonne chrétienne, fut baptisée avec du vin ».

Sur le front : non pas sur les cheveux.

En disant : je prononce les paroles en versant l’eau ; en même temps. Et nous ne nous mettons pas à deux pour faire le travail : je verse et je dis.

Au jour de mon baptême, j’ai renoncé à Satan, à ses pompes et à ses œuvres. Depuis, on a remplacé les pompes par les séductions.

On ne parle plus guère de Satan. N’allez pas vous figurer que c’est parce qu’on lui a tourné le dos. En réalité, il se cache pour nous mieux surprendre. Il demeure l’ennemi de la nature humaine, pour parler comme saint Ignace de Loyola [4]. Il m’en veut parce que Dieu s’intéresse à moi. Ne pouvant nuire à Dieu, il s’en prend à moi.

Les pompes de Satan désignaient dans l’Antiquité les spectacles du cirque. C’était, paraît-il, passionnant. Mais on y sacrifiait aux idoles ; mais on s’y égorgeait allègrement. Les candidats au baptême cessaient d’y mettre les pieds. C’était de l’héroïsme. Actuellement, les pompes, les séductions du diable, ce sont les occasions de péché. Par exemple, certaines émissions de la télé.

Les œuvres de Satan, ce sont tout bonnement les péchés (tout bonnement !).

Le baptême est nécessaire au salut. Jésus a dit en effet : « Personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu [5] ».

C’est dire l’importance de ce sacrement : refuser le baptême, c’est refuser le salut.

Il n’est pas question ici de ceux qui meurent sans que Jésus-Christ leur ait été jamais annoncé. Dieu connaît le secret des cœurs ; Il sait les dispositions de chacun. [6] Il connaît ceux qui n’attendaient que l’occasion. Une occasion qui ne s’est jamais présentée. C’est une manière comme une autre d’avoir le baptême de désir.

Quant aux enfants morts sans avoir reçu le sacrement, Jésus ne nous a rien dit de leur sort. Ils ne sont pas perdus : on ne peut être perdu sans le vouloir. Mais Dieu les prend-il avec Lui ? Sainte Thérèse de Lisieux le pensait [6]. Mais cette opinion lui était toute personnelle et il faut aller au plus sûr. Il ne faut pas tarder à faire baptiser les petits.

Comme tous les sacrements, le baptême a été institué par Notre-Seigneur. Quand peut-on situer l’événement ? Je vais laisser parler le Curé d’Ars :

« Il [Jésus] l’institua quand saint Jean le baptisa. Il mit les pieds dans l’eau du Jourdain, et toutes les eaux furent sanctifiées. Jean se trouvait indigne de baptiser Notre-Seigneur ; il Lui dit : “Ce serait bien plutôt moi qui devrais être baptisé par vous”. Jésus lui dit : “Ne savez-vous pas qu’il faut que la volonté de mon Père s’accomplisse ?” Et saint Jean, humilié, confus, baptisa Notre-Seigneur, et le Saint-Esprit éclaira saint Jean.

« C’est depuis le baptême de Notre-Seigneur qu’on a connu très particulièrement les trois personnes de la Sainte Trinité [7]. »

Le baptême est un des trois sacrements qui imprime dans l’âme un caractère, c’est-à-dire un sceau, une marque ineffaçable. Pour cette raison, on ne reçoit le baptême qu’une fois.

En un sens, pourtant, je puis recevoir le baptême aussi souvent que je le veux. Le caractère baptismal n’est pas un tatouage bête. C’est une source cachée, mais toujours disponible. Si je me mets en ce moment dans les bonnes dispositions de celui qui reçoit le sacrement, immédiatement et de nouveau, je fais jaillir la grâce.

J’entends la Sainte Vierge qui me dit comme à Bernadette : « Allez boire à la fontaine et vous y laver ».

1. Séance d’interrogatoire du samedi 24 février 1431 ; cf. Touchet (Stanislas-Xavier), La sainte de la patrie, Paris, Lethielleux, 1920 (2e édition), t. II, p. 189.

2. Séance d’interrogatoire du samedi 17 mars 1431 ; cf. op. cit., p. 278.

3. Ibid.

4. L’expression « ennemi de la nature humaine » est effectivement utilisée à plusieurs reprises dans les Exercices spirituels (nn. 7, 10, 135, 325, 326, 327, 334).

5. Jn 3 5.

6. Cf. Carnet jaune, 10 juillet 1897 : « Les petits enfants, ça ne se damne pas ! » (Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, Œuvres complètes, Paris, Cerf/DDB, 1992, p. 1033).

7. Cette citation n’a pu être localisée.