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Qui se plaint pèche

Ce n’est pas moi qui le dis, mais saint François de Sales [1]. Je suis d’accord avec lui, d’abord parce qu’il m’inspire confiance, ensuite parce que l’expérience m’a instruit.

Quand tu te plains, sans t’en donner trop l’air, tu t’en prends à Dieu ; ou au prochain, ce qui, paraît-il, est la même chose. Quand une affaire se présente mal, on cherche le remède, s’il existe, et s’il n’existe pas, on décide que c’est bien comme ça : mon Dieu, je vous aime ! Si tu as froid aux pieds, pique un cent mètres. Par contre, si tu es moche…

Se plaindre des autres, cela porte un nom : ça s’appelle murmurer. Et c’est un péché, en effet. Les autres ont tort quelquefois, mais tu n’as pas raison de te plaindre d’eux. Le Chrétien est un homme distingué, c’est-à-dire qui se distingue. On rencontre dans le métro de mauvais chrétiens qui poussent des hurlements chaque fois que quelqu’un leur monte sur le pied ; il s’y trouve aussi, heureusement, de vrais chrétiens, qui présentent l’autre pied avec un sourire. Que dire de ceux qui font tout un foin quand un impudent les a bousculés, mais qui ne se gênent pas pour bousculer les autres.

Il est tout de même permis de se plaindre en justice quand le tort causé est important. On a même le devoir de le faire si on a la responsabilité de la victime. Quand tu seras père de famille (on en est venu à prendre n’importe qui pour cette importante fonction), il te faudra défendre les intérêts de tes enfants par tous les moyens, même légaux.

Sans jamais oublier le proverbe : « En cent livres de procès, il n’y a pas une once d’amitié [2] ».

Et puis, il faut que tout le monde vive. Je pense aux hommes de loi.

On a encore le devoir de se plaindre quand on souffre sérieusement ; je dis « sérieusement ». Mais pas à n’importe qui. Si tu es malade, arrange-toi pour voir le médecin. Pour les bobos sans gravité, débrouille-toi tout seul. Si ce sont des peines d’âme, dis cela à ton confesseur (à personne d’autre, tu m’entends !). Le seul fait d’exposer certains tourments suffit parfois à les faire disparaître. L’opération peut être d’ailleurs difficile.

« En souriant je brave la mitraille [3] ! » (sainte Thérèse de Lisieux)

1. Introduction à la vie dévote, III, 3 (Paris, Gigord, 1928, 3e édition, p. 130).

2. Cf. Camus (Jean-Pierre), Collot (Pierre), L’esprit de saint François de Sales, évêque et prince de Genève, XII, 1 (Œuvres complètes de saint François de Sales, évêque et prince de Genève, t. I, Paris, Béthune, 1836, p. 359).

3. Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, Mes armes (Œuvres complètes, Paris, Cerf/DDB, 1992, p. 741).