Logo Regnat
Best viewed with God
Gratuité évangélique
Jésus !
Viewable With Any Browser Campaign
CSS valide
Valid XHTML 1.0 Transitional

Un p’tit coin d’paradis

« Un p’tit coin d’paradis, sous un coin d’parapluie ! »

C’était une chanson de Brassens [1], mais ce n’est pas à elle que je pense. Je pense à un de ces « petits mots » que saint Jean Bosco glissait à l’oreille de tel garçon, dont il savait qu’il en avait besoin : « Courage ! Un petit coin de Paradis arrangera tout ».

Il n’est pas question du même paradis.

Ce n’est pas non plus le même parapluie ; et on n’y est pas en même compagnie. Peut-être s’agit-il de la même averse.

Réglons d’abord ce qui importe le plus, la question de la compagnie. Dans le cas Brassens, c’est probablement une bergère. « Prends un abri, bergère, à ma droite en marchant [2]… » (je pourrai vous le chanter aussi). Dans notre cas, c’est un personnage qui n’est pas nommé ; Celui qui a dit un jour : « Courage, j’ai vaincu le monde [3] ! »

Notons en passant que les bergères sont devenues extrêmement rares.

Est-ce la même averse ? Peut-être, après tout : « Je me sens seul et il n’y en a que pour les autres !… J’ai encore loupé mon affaire, je me demande à quoi je suis bon… Je manque de moyens financiers… Je perds mon temps : on m’oblige à faire ce pour quoi je ne suis pas doué… Je suis couvert de défauts : c’est la guerre de tranchées dont je n’entrevois pas la fin… En un mot j’ai le cafard et je me demande qui, à ma place, ne l’aurait pas ! »

Et puisque les bergères ont cessé de courir les fondrières, force nous est de chercher ailleurs une solution. Du côté du ciel, peut-être, puisque les averses nous en viennent :

« Sa vérité vous environnera comme un bouclier ; vous ne craindrez rien de tout ce qui effraie durant la nuit [4]. »

Et nous en arrivons au parapluie. Seigneur, je vous demande pardon de vous comparer à cet instrument. Un bouclier, c’est tout de même plus noble.

Et c’est vous-même qui avez choisi l’image. Il s’agit de votre parole ; le texte est de vous. L’idée du pépin, elle, m’était venue à moi, comme certaines pensées bizarres viennent aux esprits bizarres. Mais un bouclier, ça, c’est autre chose !

Il s’agit sûrement du bouclier des braves, celui qui portait le vainqueur et que supportaient les guerriers, qui s’en trouvaient abrités et qui étaient tout de même bien un peu vainqueurs aussi.

Ô mon Dieu, vous me portez et je vous porte. Je vous garde et vous me protégez. Vous me promettez la victoire, mais par goût vous vous intéressez de préférence aux lurons (ils sont joyeux par définition) qui ne se laissent pas trop faire.

À ce propos, je voudrais faire une confidence à ceux qui ont eu le courage de me lire jusqu’au bout : je suis joyeux parce que je veux l’être ; je suis joyeux quand je veux l’être.

Avec moins de mots, Don Bosco en disait aussi long.

« Courage, un petit coin de paradis arrangera tout »

1. Publiée en 1953 et intitulée Le parapluie, cette chanson valut à son auteur le Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros en 1954. Comme souvent, l’abbé Montarien citait de mémoire les deux premiers vers du refrain, qui sont en fait :

« Un petit coin de parapluie,
Contre un coin de Paradis. »

2. Vers de la célèbre chanson Il pleut, il pleut, bergère, écrite en 1780 par Philippe-François-Nazaire Fabre, dit Fabre d’Églantine.

3. Jn 16 33.

4. Ps 90 5.