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À l’abordage !

C’est l’expression qui me vient à l’esprit quand je revois les confessionnaux de ma jeunesse. On pouvait craindre parfois de les voir capoter tant l’assaut se faisait vif, surtout les veilles de fêtes. Les dames et les demoiselles constituaient le gros de la troupe. Le torrent charriait pourtant quelques hommes courageux.

C’est devenu le contraire : il n’y a plus d’assaut ; il n’y a plus de prêtre ; souvent, le confessionnal a disparu. Les pénitents sont surtout des hommes (toujours courageux). Les dames et les demoiselles sont allées se faire écouter ailleurs (où ça, je me le demande !). Je crois que les confesseurs d’autrefois ne leur disaient pas grand-chose et se contentaient de leur prêter l’oreille, ce qu’ils ont peut-être désappris. Sans doute est-ce dommage. Dieu, qui fait bien toutes choses, a voulu qu’elles fussent ainsi.

Les dames prenaient courage dans le procédé. Autrement dit, pour simplifier, Monsieur arrivait avec son courage et Madame repartait réconfortée. Je simplifie, c’est bien sûr : il n’est drôle pour personne de raconter ses misères, sauf pour quelques piqués (ou piquées).

Je ne me suis jamais habitué. Il est vrai que je ne suis pas piqué. Juste un tout petit peu.

Dans sa liturgie, l’Église nous fait prier pro devoto femineo sexu [1], pour cette moitié de l’humanité qui se montre en principe plus portée sur les choses de la religion. En ces temps que nous vivons, c’est le contraire qui est vrai. Cela n’est pas normal et c’est probablement grave.

Qui verra-t-on en plus grand nombre dans le Ciel quand nous y entrerons (nous irons au Ciel, bien sûr, c’est décidé) ? Les hommes ou les femmes ? C’est le secret de Dieu, laissons-le Lui. On n’y distinguera plus, en tous cas, celles qui font les demandes et les réponses et ceux qui ménagent leur salive. Tout le monde chantera et personne n’aura conscience de le faire, un peuple abandonné à son Dieu reconnaissant. Oui, un Dieu reconnaissant pour nos pauvres offrandes, nos offrandes de pauvres.

« Ineffable abandon ! Divine mélodie !
« Tu dévoiles l’amour par ton céleste chant… [2]. »

1. Vers du cantique marial Sancta Maria, attribué à saint Augustin (Sermo CXCIV, De Annuntiatione Dominica, II, 5 ; PL 39, 2107), chanté autrefois comme antienne du Magnificat aux premières vêpres du Commun de la Sainte Vierge.

2. Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, Sainte Cécile, vv. 29-30 (Œuvres complètes, Paris, Cerf/DDB, 1992, p. 639).