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« On n’a pas tous les jours vingt ans…

« … ça n’nous arriv’qu’un’ fois seul’ment [1]. »

La chanson n’apprend rien au gens raisonnables. Mais il existe des esprits tordus. On peut aussi aimer la fantaisie. Les premiers se trompent sur leur âge. Pour les fantaisistes, l’âge n’importe pas : c’est à la fois sympathique et dangereux. Nous nous débrouillerons pour être sympathiques autrement.

Parmi les esprits tordus on trouve une reine d’Angleterre, la première Élisabeth. C’est elle qui s’était mis en tête de réorganiser l’Église de son royaume (n’allez pas pour cela la confondre avec l’organiste de l’église anglicane qui passe pour avoir beaucoup de talent).

Cette dame ne se regardait jamais dans une glace. Elle se fiait à ses courtisans qui vantaient sa jeunesse persistante et sa beauté fracassante. Vers la fin de sa vie, il lui vint à l’idée de partager leur satisfaction : elle se fit apporter un miroir.

Le choc fut terrible.

Ah, si la reine d’Angleterre avait eu une belle âme !

Parce que, finalement, la question est là. Nous autres, qui avons des idées simples, nous ne réorganisons pas l’Église : nous nous laissons organiser par elle. Il est vrai que nous ne nous regardons pas non plus dans la glace et je vous en donne la raison : l’âme ne s’y voit pas.

Et c’est pourquoi, nous ne vieillirons jamais vraiment. J’imagine que c’est ce que veut dire le psaume : « Ta jeunesse se renouvellera comme celle de l’aigle [2] ». Et pourtant, nous ne sommes pas des aigles (soit dit tout à fait entre nous).

On prétend que la Sept a vingt ans ; c’est le moins qu’on puisse dire. Mais de toutes façons, elle ne les paraît pas, et chaque jour la trouve plus jeune. Chez d’autres la chose pourrait inquiéter. Dans son cas, le phénomène est réjouissant parce que pour elle, comme pour moi d’ailleurs, c’est encore une fois et d’abord un problème d’âme.

Or, quand on a une belle âme et qu’on célèbre un anniversaire, on se rappelle son catéchisme (ou on l’apprend). On médite ce qu’il nous enseigne sur la prière : « Prier, c’est parler à Dieu pour l’adorer, le remercier, lui demander pardon et obtenir ses grâces ».

« Mon Dieu, je vous adore. J’adore votre Providence qui nous a conduits parmi les écueils. Je devrais dire : “votre miséricordieuse Providence !” Les écueils, nous les avons passés, et nous voilà où nous sommes.

« Il me faut donc vous remercier, et cela m’est bien doux. Vous nous aviez confiés à saint Michel et nous nous étions laissés faire. Il est le Prince de l’armée céleste et la sainte Écriture nous le présente aussi comme l’Ange de la Paix. C’est que la paix se trouve à la pointe de la lance, au dire de sainte Jeanne d’Arc qui le connaissait bien.

« Et pourtant (encore une fois nous sommes entre nous), nous ne sommes pas toujours tout à fait dignes d’admiration. Mais il est dans votre nature de pardonner. Cela aussi, c’est écrit. Ce pardon, paraît-il, il suffit de l’implorer. Nous l’implorons donc !

« Enfin, nous vous confions notre avenir, et vous supplions de le faire toujours plus beau, plus glorieux. Et nous pensons à la vraie gloire, la vôtre. C’est ici notre demande. Embellissez nos âmes… Et aussi, prenez soin de nos corps. »

Nous avons commencé par une chanson et nous finirons par une autre. Voici ce que fredonnait un vieux bonhomme aux environs de 1935 :

« Mais j’ai l’cœur d’un’ si bell’ jeunesse
« Et j’garde l’âm’ si fraîche encor !
« Je n’sais pas c’que c’est qu’la vieillesse
« Au point qu’ça déconcert’ la mort. »

1. On n’a pas tous les jours vingt ans fut l’un des grands succès de la chanteuse Berthe Sylva (1885-1941), enregistré en 1934 (paroles : Charles-Ferdinand Pothier ; musique : Léon Raiter).

2. Ps 102 5.