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C’est comme cela et je n’y peux rien

Et si, j’y peux malheureusement quelque chose.

J’ai pris de la race le jour de mon baptême (je suis racé, pas raciste). Je n’y peux rien parce que c’est un cadeau. J’y peux hélas tout de même quelque chose : que je puis en effet fourrer le cadeau au placard.

Certains le font et je ne le ferai pas.

Il s’agit d’une race et non pas d’un club. C’est la race de Dieu ; et donc, pas n’importe quoi.

Et pourtant, c’est la race de ceux qui ne la ramènent pas. Qu’on le sache : nous ne sommes pas snobs pour un sou. Nous ne cherchons pas à nous faire remarquer. Mais nous ressemblons à ce type qui était si paresseux que cela avait fini par se savoir. Nous sommes tellement distingués (la réalité est plus forte que le mot) que cela en vient à transparaître. Jésus, bien sûr, dit les choses beaucoup mieux : « N’agissez pas pour être vus [1] ». Mais par ailleurs : « Vous êtes la lumière du monde. […] Que votre lumière brille devant les hommes, afin que, voyant vos bonnes œuvres, ils en viennent à glorifier votre Père qui est dans les cieux [2]. »

Mais attention. Ne cherchez pas à voir cet effet que vous produisez. Tout serait loupé.

Dans le fond, puisque nous appartenons au beau monde, nous avons perdu l’autre de vue. Teilhard de Chardin (que je cite rarement) a composé un livre auquel il a donné ce titre : Le Milieu Divin [3]. Ce milieu, c’est le nôtre.

J’aimerais vous présenter quelques unes de nos relations : les Apôtres (qui pour la plupart vivaient de la pêche) ; sainte Félicité (une esclave) ; sainte Jeanne d’Arc (qui ne savait ni A ni B) ; saint Benoît Labre (un pouilleux) ; sainte Bernadette (qui collectionnait les fautes d’orthographe)…

Quelqu’un me dira que je suis passé maître dans l’art de la sélection.

Je lui demande pardon, car je n’ai pas terminé ; et veuillez ne plus m’interrompre :

Sainte Clotilde, cette reine qui s’était retirée des affaires et mourut dans un couvent (ne disons pas qu’elle avait quitté le monde puisqu’elle ne lui avait jamais plus appartenu depuis son baptême) ; saint Louis, qui voulut finir sur la cendre (il était tertiaire de saint François). Saint François de Borgia, qui était grand d’Espagne, renonça à sa fortune et se fit Jésuite (quelle chute !).

Je suis obligé de m’arrêter.

J’en connais qui se disent : « Ah, c’est affreux ! Je sais maintenant ce qui m’attend ! »

Vous en savez en ce cas plus long que moi.

Je n’ai voulu que vous décrire une mentalité : la nôtre. Comprenez bien que saint Louis n’était pas pouilleux, que sainte Félicité n’était pas Jésuite, que saint François de Borgia ne faisait pas de fautes d’orthographe, que sainte Bernadette ne pêchait pas sur le lac, que saint Benoît-Joseph Labre n’était pas dépourvu de culture.

Restez forts si vous l’êtes ; blonds aussi longtemps que possible ; doués pour la peinture, etc. Mais vous vous rendez bien compte que votre classe est d’un autre ordre.

Figurez-vous que j’en connais parmi vous qui ont depuis longtemps compris tout cela.

N’allez pas vous dire : « C’est à moi qu’il pense ». Vous vous donneriez à vous-même la preuve que vous êtes à côté de la plaque.

1. Cf. Mt 6 1.

2. Mt 5 14…16.

3. Teilhard de Chardin (Pierre), Le Milieu divin. Essai de vie intérieure, Paris, Seuil, 1957.