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Les terreurs de l’an 2000

Il paraît qu’aux approches de l’an 1000, tout le monde s’affolait : on attendait la fin du monde pour la circonstance. Afin de s’assurer le Ciel, chacun se dépouillait au profit des gens d’Église. Aussi ne manquait-on pas de vocations.

C’était le bon temps.

Et voilà : je viens de te décrire en trois lignes « Les Terreurs de l’An 1000 ».

C’est du moins ce qu’on m’a enseigné en classe ; mais je me méfie : en vieillissant, j’ai découvert que mes professeurs n’en étaient pas à une sornette près. Il doit en être de même des tiens.

Surtout, ne va pas leur montrer ce papier si tu tiens à ma peau et à la tienne !

D’autant qu’après tout, c’est peut-être vrai : entre deux sornettes j’ai depuis découvert des vérités qui étaient venues là se perdre. Ainsi, ils m’ont fait apprendre « Marignan 1515 ». Eh bien ! figure-toi que c’est vrai : quelqu’un me l’a confirmé.

En tous cas, la proximité de l’an 2000 se présente de façon très différente. En premier lieu, les chrétiens ne sont pas plus généreux pour les gens de ma profession (je dis « pas plus », mais j’ai le devoir de préciser qu’ils l’ont toujours été). En second lieu, ils ne s’affolent pas, mais ce qui s’appelle pas du tout. Or, ils le devraient.

J’ai un petit pincement au cœur quand je pense que j’ai derrière moi deux mille ans de christianisme, deux mille années de grâce (c’est la formule : « en l’an de grâce 1999 », « en l’an de grâce 2000 »). Il paraît qu’on hérite de ses ancêtres, non seulement tel ou tel trait du visage, tel tic, telle démarche, tel talent, mais encore une sorte de pli chrétien. J’en suis personnellement convaincu. Sainte Jeanne d’Arc n’aurait pas été ce qu’elle fut sans les mille ans d’Église qui l’avaient précédée, sans la foi d’une foule de gens qui avaient vécu avant elle en son pays des Vosges, et dont elle n’a fait la connaissance qu’au Ciel.

Pour moi, ce n’est pas mille ans, mais mille cinq cents ans…

J’éprouve un autre pincement à la pensée que tant d’années se sont écoulées depuis mon baptême. On dit (à tort) que les Chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres. Sans entrer dans ce problème d’évaluation, je vois bien que je suis un homme du fourgon, le genre de type qu’il faut traîner.

Mais laissons de côté ces lugubres considérations !

La Sainte dont je parlais tout à l’heure fut, sous les remparts d’Orléans, blessée à l’épaule par un vireton. Que fit-elle ? Elle arracha l’instrument et reprit l’assaut.

Qu’est-ce qu’une flèche d’arbalète si je la compare au péché !

Or ma façon sera la sienne et tu vas comprendre.

Il se trouve que j’ai faibli ; il se trouve que je suis blessé. Je ne vais sûrement pas coucher là-dessus : j’arrache le truc, je me relève, et hop !

Et voilà : à moi, si Dieu le veut, de nombreuses années de grâce ! Et ensuite (et cela, je sais qu’Il le veut), je ne sais combien de millénaires de gloire.