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248.47 Ascétisme (abstinence, célibat, flagellation, isolement, jeûne, mortifications corporelles, pauvreté)

Pénitence

« Prions pour ceux qui sont tombés afin qu’ils se relèvent, prions pour ceux qui sont debout, pour qu’ils ne succombent pas à l’épreuve ; prions pour que ceux dont on nous apprend la chute, reconnaissant la grandeur de leur faute, comprennent que ce n’est pas une cure brève et hâtive qu’elle réclame ; prions pour que le pardon accordé aux lapsi soit efficace comme venant après la pénitence, afin que, comprenant bien leur culpabilité, ils consentent à faire preuve de patience en attendant, et n’agitent pas une église encore vacillante ; qu’ils craignent de paraître allumer une persécution intestine, et de mettre le comble à leur culpabilité en se montrant incapable de rester tranquilles. La modestie convient à ceux-là surtout dont les fautes sont l’effet fâcheux de sentiments étrangers à la modestie. Qu’ils frappent à la porte, mais qu’ils ne la brisent pas ; qu’ils s’approchent du seuil de l’Église, mais ne sautent point par-dessus. À la porte du camp de Dieu, qu’ils montent la garde, mais armés de modestie, montrant par elle qu’ils ont conscience d’avoir été des déserteurs. Qu’ils reprennent la trompette de la prière, mais qu’ils n’exécutent pas d’airs de bravoure. Qu’ils prennent les armes de la modestie ; et ce bouclier de la foi, que la crainte de la mort leur a fait abandonner en apostasiant, qu’ils le reprennent, armés maintenant pour faire la guerre au diable, non à l’Église qui pleure encore leur chute. Ils tireront grand profit d’une prière modeste, d’une supplication respectueuse, d’une humilité nécessaire, d’une patience qui ne sera pas oisive. Qu’ils envoient, comme représentants de leur douleur, des larmes ; que des gémissements sortis du fond du cœur soient leurs intercesseurs, et prouvent le regret du crime commis, et la honte qu’ils en ont.

« Ou plutôt, s’ils frémissent à la vue du déshonneur mérité, s’ils explorent, avec la main du médecin sérieux, la plaie mortelle de leur conscience et de leur cœur, les replis sinueux de leur profonde blessure, qu’ils rougissent même de demander la paix : si ce n’est qu’il y a plus de péril et de honte à ne pas l’avoir demandée. En tout cas, s’ils la demandent, que tout se passe dans les formes, que l’on tienne compte de la loi de la demande et du juste temps requis ; que la demande elle-même soit modeste, que la requête soit humble ; car on doit adoucir, non irriter celui à qui on demande, et comme on doit se souvenir de la divine clémence, aussi doit-on se souvenir de la divine justice. S’il est écrit : “Je t’ai fait remise de toute ta dette, parce que tu M’en as prié” [Mt 18 32], il est écrit également : “Celui qui Me niera devant les hommes, Je le nierai devant Mon Père et devant Ses anges” [Mt 10 33]. Dieu, sans doute, est indulgent, mais Il contrôle aussi, et même rigoureusement, l’observation de Ses préceptes, et s’Il invite au festin, il est vrai aussi que celui qui n’a pas la robe nuptiale, Il le fait prendre par les mains et les pieds, et jeter hors de l’assemblée des saints [cf. Mt 22 13]. Il a préparé le ciel, mais Il a préparé aussi le Tartare. Il a préparé un lieu de rafraîchissement, mais Il a aussi préparé des supplices éternels ; Il a préparé une lumière inaccessible, mais Il a préparé une nuit perpétuelle et des ténèbres immenses et sans fin. »

S. Cyprien de Carthage, Lettre XXX, vi, 2 – vii, 2 (Correspondance, traduction par Louis Bayard, Paris, Les Belles Lettres, Collection des Universités de France, 1945, pp. 75-77).

« Comment ceux-là peuvent-ils gémir et faire pénitence, dont certains prêtres empêchent les gémissements et les larmes, estimant à la légère que l’on doit communiquer avec eux, ignorant qu’il est écrit : “Ceux qui vous disent heureux vous égarent et vous trompent sur le chemin où vous devez marcher” [Is 3 12]. Il n’est donc pas étonnant que nos bons et sincères conseils ne servent à rien, quand des flatteries et des complaisances funestes font obstacle à la vérité salutaire, et que l’âme blessée et malade des lapsi éprouve ce qu’éprouvent corporellement les malades et les infirmes : en repoussant comme amers et insupportables des aliments sains et des breuvages salutaires, et en demandant ce qui semble devoir leur plaire et leur être agréable pour le moment, ils vont d’eux-mêmes au-devant de la mort, par leur indocilité et leur intempérance. Les soins sérieux de l’homme de l’art ne servent de rien pour la guérison, quand on se laisse prendre à l’appât d’une complaisance trompeuse. »

S. Cyprien de Carthage, Lettre XXXIV, ii (Correspondance, traduction par Louis Bayard, Paris, Les Belles Lettres, Collection des Universités de France, 1945, pp. 86-87).

« Un théologien palestinien de la fin du premier siècle, R. Eliézer, disait : “Fais pénitence un jour avant ta mort !” Ses élèves lui demandèrent alors : “Mais comment l’homme peut-il savoir le jour où il mourra ?” Il leur répondit : “Raison de plus pour qu’il fasse aujourd’hui pénitence, car il pourrait mourir demain. Ainsi sa vie durant, la mort le trouvera-t-elle faisant pénitence. Salomon aussi en sa Sagesse l’a dit : "Que ton vêtement soit blanc à tout moment et qu’il ne manque jamais d’huile sur ta tête" (Qoh 9, 8)”. »

Jeremias (Joachim), Les paraboles de Jésus, traduction de Bruno Hübsch, Le Puy, Xavier Mappus, collection « Livre de vie », 1962, p. 249.

« Qu’est-ce que la vraie pénitence ? Il y a pénitence quand tu te tais, alors que ta bouche aimerait le mieux parler, quand tu fermes l’œil et ne regardes pas au moment où ton œil aimerait le mieux considérer avec convoitise, et quand, partout où tes sens se tournent vers quelque objet avec le plus grand plaisir, tu t’en détaches, tu t’en détournes et t’en dégages. »

Tauler (Jean), Sermon pour le vendredi avant les Rameaux, n. 1 (Sermons, Paris, Cerf, collection « Sagesses chrétiennes », 1991, p. 107).