Logo Regnat
Best viewed with God
Gratuité évangélique
Jésus
Viewable With Any Browser Campaign
CSS valide
Valid XHTML 1.0 Transitional

Sermon pour le deuxième Dimanche de l’Avent (année C)

(Liturgie de la Parole : Ba 5 1-9 ; Ps 125 ; Ph 1 4…11 ; Lc 3 1-6)


« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez Sa route [1] » !

Certes, le Seigneur est déjà venu, il y a deux mille ans, mais Il continue à venir, à chaque instant… C’est pourquoi il nous faut continuer à préparer Son chemin… et d’autant plus qu’Il revient pour juger les vivants et les morts… La première venue a été marquée par la Croix, la deuxième s’accomplit par la Foi, la troisième dans la Gloire.

La première venue nous a été donnée pour nous permettre de connaître Dieu et Son amour pour nous, cet amour qui nous appelle à revenir vers Dieu de Qui notre péché nous a éloignés. La deuxième venue est le temps qui nous est laissé pour accomplir ce retour vers Dieu.

La troisième venue sera la manifestation aux yeux de tous que cet homme, Jésus de Nazareth, mort l’an 15 du règne de l’empereur Tibère, était Dieu… qu’Il avait donc le droit absolu à être obéi, à régner dans nos cœurs et nos volontés. Or, comme l’écrit saint Jean, « Il est venu chez les Siens et les Siens ne L’ont pas accueilli [2] »… La première venue est du passé, la deuxième du présent, la troisième du futur.

Le temps présent nous est donc laissé pour nous permettre de passer de la première venue du Christ à la troisième et dernière, de l’humilité de notre condition humaine, librement et amoureusement assumée par le Christ, à la Gloire de Sa divinité à nous donnée moyennant la Foi. Car sans la Foi il est impossible de comprendre quelque chose au Mystère de Dieu et de notre destinée. La Foi seule permet de reconnaître dans la Croix la Gloire, de relier la première venue de Dieu avec la dernière, de passer des larmes du semeur à la joie du moissonneur [3]. Dès lors, « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez Sa route [4] » s’entend du travail de la Foi permettant à Dieu d’investir de Sa Gloire l’humiliation de notre condition humaine. Ô Mystère insondable de l’amour de Dieu pour l’humanité ! Dieu veut nous donner Sa Gloire ! La Gloire de Dieu nous est donnée, que voulons-nous de plus ? Et si la Gloire de Dieu ne nous suffit pas, qu’est-ce qui nous suffira ?

« Dieu a décidé […] qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu. […] Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de Sa Gloire [5] », prophétisait Baruch. Voilà ce que l’amour, c’est-à-dire le Saint-Esprit – qui est l’Amour de Dieu en personne –, « dans la connaissance vraie et la parfaite clairvoyance [fait] discerner ce qui est plus important [6] » : la Gloire de Dieu !

La Gloire de Dieu désigne Dieu même en tant qu’Il Se révèle en Sa majesté, Sa puissance, l’éclat de Sa sainteté, le dynamisme de Son être. Le devoir de l’homme est de reconnaître et de célébrer la gloire divine, la gloire du Créateur, de Celui qui a tout fait de rien et qui continue à nous donner ce que nous sommes et ce que nous avons, la gloire du Sauveur, de Celui qui après S’être fait homme est allé jusqu’à mourir sur une croix, comme sur un trône royal, pour nous arracher au péché et à la mort et nous ramener portés en triomphe, la gloire du Sanctificateur, de Celui qui nous introduit « dans la vérité toute entière [7] », dans la plénitude de la justice obtenue grâce à Jésus-Christ. La conscience de cette gloire engendre le sentiment de la dignité et de l’honneur chrétien. Au milieu d’un monde qui s’est perdu pour n’avoir pas voulu rendre à Dieu la gloire qui Lui est due, les chrétiens se savent, eux, aimés de toute éternité d’un amour infini dont la Croix est le signe, parce que la Croix est le mépris parfait de toute gloire terrestre, et l’affirmation sublime de la liberté que donne Dieu… Heureux ceux qui ne cherchent que la seule gloire de Dieu car ils sont délivrés de la vanité, de la séduction, de l’esclavage de tout ce qui n’est pas Dieu ! Ad majorem Dei gloriam, disait saint Ignace : tout pour la plus grande Gloire de Dieu !

Préparer le chemin du Seigneur, aplanir sa route, signifie se convertir, demander et recevoir le pardon de ses péchés. Alors, les montagnes de notre orgueil et les collines de notre vaine gloire se trouvent rasées, anéanties devant la connaissance de la seule véritable gloire, celle de Dieu, tandis que les ravins de nos iniquités se trouvent comblés par Sa miséricorde. Alors la Gloire peut rejoindre la Croix et l’eau du Baptême nous régénérer dans la justice originelle.

Jean « proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés [8] », qui ne sera donné que par Jésus, car Dieu seul peut pardonner les péchés. Pas moyen d’obtenir le pardon de ses péchés sans une conversion qui non seulement amène à les regretter, à ne plus les recommencer, mais encore à les réparer, pour autant qu’on le peut, par des œuvres de miséricorde et de justice, et cela dans un élan de reconnaissance infini et d’amour joyeux. Il faut redire la nécessité de la confession comme acte de libération, de rénovation, d’affranchissement vis-à-vis du passé et de l’action destructrice de la faute tant qu’on la tient enfermée en soi. Les succès de la psychothérapie devraient suffire à prouver que le péché n’est pas une invention de la religion judéo-chrétienne, mais bien le fardeau de tous les hommes : le vrai fardeau dont il leur faut d’abord être délivrés s’ils doivent et veulent devenir libres. Mais qui vient encore se confesser ? Qui a soin de son âme ? Se confesser régulièrement signifie avoir soin de son âme, de sa beauté, de sa pureté, de sa vitalité, entravée ou détruite à chaque péché, et cela par amour de Jésus qui n’a que faire de tout ce que nous pouvons Lui offrir s’Il nous voit tolérer quelque attache au péché pour la rémission desquels Il est mort. On n’hésitera pas à aller voir le psychanalyste mais on ne viendra pas se confesser ; pourtant, le psychanalyste peut-il absoudre, effacer les péchés ? Il ne peut que les expliquer, et souvent les excuser ! Lorsque Dieu pardonne, Il ne Se souvient plus de la faute, Il la détruit dans la mort du Christ, et c’est ainsi, et ainsi seulement, que nous pouvons en être délivrés. Pourquoi Jésus a-t-Il dit à Ses Apôtres : « Recevez l’Esprit-Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus [9] » ? Pauvre Jésus, Tu ne savais sûrement pas ce que Tu disais : cela n’a aucun intérêt de se confesser !

Ce n’est pas pour rien que Jean prêchait dans le désert ! Il prêchait « un baptême de conversion pour le pardon des péchés [10] ». Mais celui qui n’a pas de péché à offrir au pardon de Dieu, celui-là n’a pas besoin non plus d’un sauveur, il n’a pas besoin de Jésus ! Jésus n’est pas venu pour lui. Car Jésus Lui-même a dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs [11]. » Se convertir ne consiste pas en des actes particuliers de repentir, de regret, mais en un retournement unique, durable et total de tout l’être entrant dans une nouvelle voie. Celui qui se convertit ramène sa vie de l’extérieur où elle se disperse vers l’intériorité où réside la vérité. Il se quitte lui-même pour rencontrer Dieu, et trouvant Dieu, il se retrouve lui-même en Dieu, car tout est en Dieu… mais il se retrouve nouveau, dans la joie et la gloire de Dieu. Cette conversion, ce retour vers Dieu, ce passage à un être nouveau, à un être différent, est fondamental dans le christianisme. Pour devenir chrétien, l’homme doit nécessairement se transformer, non pas seulement sur un point quelconque, mais sans restriction, jusqu’à la plus intime profondeur de son être, jusqu’à la mort de soi, avec Jésus. Il s’agit de devenir spirituel, de passer de la chair à l’Esprit, de devenir esprit… car l’esprit ne meurt pas, et s’il connaît Dieu, il reçoit en partage la Gloire de Dieu !

« Quelles merveilles fit pour nous le Seigneur ! Quelles merveilles fit pour nous le Seigneur [12] ! »

1. Lc 3 4.

2. Jn 1 11.

3. Cf. Ps 125 5-6.

4. Lc 3 4.

5. Ba 5 7, 9.

6. Ph 1 9-10.

7. Jn 16 13.

8. Lc 3 3.

9. Jn 20 22-23.

10. Lc 3 3.

11. Mt 9 13 ; Mc 2 17 ; Lc 5 32.

12. Ps 125 3.