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Sermon pour le quatrième Dimanche de l’Avent (année C)

(Liturgie de la Parole : Mi 5 1-4 ; Ps 79 ; He 10 5-10 ; Lc 1 39-45)


Aussitôt après l’Annonciation, Marie se rend auprès de sa cousine Élisabeth, dont l’Archange Gabriel lui a révélé la grossesse comme signe de la capacité de Dieu à faire germer la vie même d’une personne âgée et stérile. Elle n’y va pas pour vérifier ce signe, comme si elle doutait – elle qui est enceinte par l’opération du Saint-Esprit ! –, mais pour assister sa parente. Et voici que l’enfant que porte Élisabeth, prédestiné par Dieu pour être celui qui annoncera au monde son Sauveur, rend son premier témoignage au Christ en tressaillant de joie à l’approche de Marie. C’est lui qui, fidèle à sa vocation, permet à sa mère Élisabeth de reconnaître la présence du Seigneur dans le sein de la Vierge : « Le fruit de ton sein est béni ! Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi [1] ? » D’un coup, tout s’éclaire aux yeux d’Élisabeth : c’est donc Marie qui est l’élue de Dieu pour être la mère vierge du Messie annoncée par le prophète Michée : « Après un temps de délaissement viendra celle qui doit enfanter [2] »… Marie était donc connue de Dieu avant même sa conception… « Celle qui doit enfanter », en vérité dès le commencement de la Création.

Remarquons, en cette année consacrée à l’Esprit-Saint, que si Élisabeth a su reconnaître la venue du Sauveur comme la cause du tressaillement d’allégresse de son fils, c’est parce qu’elle fut à ce moment-là remplie d’une effusion de l’Esprit-Saint. Et en effet, sans l’Esprit-Saint, il est impossible que quelqu’un reconnaisse la vraie personnalité du Fils de Marie. Seul l’Esprit de Dieu connaît Dieu… et Le fait connaître à qui Il veut… Notre connaissance de Jésus-Christ, c’est-à-dire notre foi, est un don de Dieu. Elle n’est pas une production humaine… si cependant notre foi est bien catholique !…

Nous pouvons encore remarquer que c’est à cause du tressaillement de son fils qu’Élisabeth reconnut la présence du Seigneur dans le sein de Marie ; autrement dit, le fœtus n’est pas une excroissance du corps de la mère, mais bien une personne distincte de la mère qui le porte. C’est pourquoi l’avortement est un crime abominable, celui de l’être humain le plus inoffensif et le plus innocent qui soit. Si nous acceptons qu’un enfant innocent soit tué par sa mère elle-même, que n’accepterons-nous pas ?!!! N’allons-nous pas en enfer ? L’Église, depuis le Ier siècle, a toujours condamné l’avortement, et elle sanctionne d’une peine canonique d’excommunication quiconque y participe, ne serait-ce que par le conseil qui peut en être donné ; mais il y a aussi les péchés d’omission : lorsque l’on ne fait rien pour empêcher que de tels crimes s’accomplissent. « Ce que vous n’avez pas fait au plus petit des Miens, à Moi non plus vous ne l’avez pas fait [3]. »

La France reconnait comme légal le droit d’avorter jusqu’à la dixième semaine ; pourquoi pas la onzième ? L’Espagne reconnait ce droit jusqu’à la douzième semaine, l’Italie jusqu’à la treizième, la Suède jusqu’à la dix-huitième, la Chine et le Japon jusqu’au neuvième mois. Est-ce à l’homme de déterminer à partir de quand un être est humain ou non ? Ne lui faut-il pas plutôt reconnaître, comme l’enseigne la science, que depuis la fécondation jusqu’à la mort il ne s’agit que d’un seul et même processus ininterrompu ? L’homme n’est pas le maître de la vie. Il ne la pas inventée ! Elle ne lui appartient pas ! Il l’a trouvée en arrivant au monde et il a à la recevoir avec reconnaissance, à la respecter, à la protéger, à la faire grandir.

L’existence de tout individu ne répond pas d’ailleurs seulement aux lois de la biologie, mais directement à la volonté créatrice de Dieu. L’homme, tout homme, est la seule créature sur terre que Dieu veut pour elle-même [4]. Dieu a voulu l’homme dès le commencement et Dieu le veut dans toute conception et dans toute naissance humaines. Cela concerne tous les êtres humains, y compris ceux qui naissent avec des maladies ou des infirmités. De plus, la vocation ultime de l’homme n’est pas limitée à l’existence terrestre, mais appelée à partager la vie même de Dieu dans l’éternité… Aussi l’homme dépasse l’homme [5]

Et l’homme ne peut oublier qu’il est créé à l’image de Dieu [6] sans attenter à la dignité humaine, comme cela se voit, hélas, dans l’abomination innommable de produire des embryons humains destinés à être exploités comme un matériau biologique disponible… Mais où s’arrêtera cette folie de l’homme qui ne se connaît plus lui-même dans sa réalité de créature de Dieu, et ne sait donc plus s’aimer parce que Dieu l’aime ?

Deux cent cinquante mille êtres humains sont tués chaque année en France par l’avortement d’après les chiffres officiels, cinquante millions dans le monde, mais qui dira le nombre de ceux qui sont supprimés par des pilules dites contraceptives mais qui agissent en fait comme des agents anti-nidatoires, c’est-à-dire comme des abortifs ? Qui pourra calculer le nombre des victimes de cette hécatombe cachée ?

Qui ne voit le lien qui relie la contraception et l’avortement ? L’Institut National des Études Démographiques lui-même écrit que « les contraceptrices sont […] les premières “clientes” de l’IVG parce qu’elles sont […] les plus décidées à éviter une grossesse [7] ». Mais si la contraception est intrinsèquement mauvaise, ce n’est pas d’abord parce qu’elle prédispose à l’avortement, mais parce qu’elle est en contradiction avec la nature même de l’amour conjugal. Au moment de l’acte conjugal, l’homme et la femme sont appelés à confirmer de manière responsable le don mutuel qu’ils ont fait d’eux-mêmes dans l’alliance du mariage. Or le don total de soi à l’autre est empêché par la contraception… Il est refusé à l’amour d’être source de vie… L’amour est défiguré. Et pas seulement lui, mais encore la personne qui est ravalée au rang d’objet de plaisir toujours disponible, toujours utilisable… La personne ne peut jamais être considérée comme un moyen d’atteindre une fin. C’est la personne qui est et qui doit être la fin de tout acte. C’est ainsi seulement que l’action répond à la véritable dignité de la personne.

Le recours à la continence périodique, aux méthodes de régulation des naissances fondées sur l’auto-observation et aux périodes infécondes est seul conforme à l’anthropologie chrétienne et aux critères objectifs de la moralité. Cette conception de la personne et de la sexualité humaine est incompatible, irréductible à celle de la mentalité contraceptive. En isolant la sexualité de la procréation, l’homme a ravalé la personne humaine au rang d’objet de jouissance. En isolant la procréation de la sexualité, l’homme a ravalé l’homme du statut de personne à celui d’objet du désir humain, de manipulation et de recherche dite scientifique. Des milliers d’embryons humains congelés qui ne connaîtront jamais leur parents, qui ne sont le fruit d’aucun amour, attendent le délai légal pour être détruits, parce qu’ils ne servent plus à rien !! Voilà où l’on en est : à traiter l’homme comme du bétail, à se conduire comme des bêtes !!!

Malheur aux Catholiques qui, tout en portant ce nom, par leurs pensées, leurs paroles, leurs actes, défigurent chaque jour l’Amour, le trahissent et le tuent, et qui, par dessus le marché, viennent communier, ajoutant ainsi à leurs péchés celui de sacrilège !

Que Marie, Élisabeth, Jean-Baptiste et Jésus, désormais dans le Royaume des Cieux où ils partagent la gloire, la sagesse et la puissance de Dieu, daignent intervenir pour que dans notre pays qui a officiellement rejeté Dieu et Sa Loi, des hommes et des femmes de plus en plus nombreux se lèvent pour faire reculer la culture de la mort – qui pénètre dans nos foyers et nos esprits par les mass-média, surtout par la télévision –, et que vienne bientôt cette civilisation de l’Amour à laquelle Jean-Paul II nous a appelés à travailler. Car il ne suffit pas de prier, il faut aussi agir, rejoindre nos frères et sœurs qui, au sein d’associations, luttent pour que notre société retrouve dans l’amour du Christ son inspiration et son modèle. Au fond de l’église, deux affiches vous feront connaître l’une d’elles. Elles s’intitulent : « Disons OUI à la Vie ! » Le thème de notre mission paroissiale n’est-il pas : « Osons la Vie » ? Alors, à la suite du Christ qui a dit : « Je suis la Vie [8] », « Osons la Vie ! »

1. Lc 1 42-43.

2. Mi 5 2.

3. Mt 25 45.

4. Cf. Concile œcuménique Vatican II, Constitution pastorale De Ecclesia in mundo huius temporis, n. 24.

5. Cf. Pascal (Blaise), Pensées, n. 434.

6. Cf. Gn 1 26-27.

7. Leridon (Henri), « La seconde révolution contraceptive : la régulation des naissances en France de 1950 à 1985. Présentation d’un Cahier de l’INED », Population, vol. 42, n. 2, 1987, p. 365.

8. Jn 14 6.