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Sermon pour le Baptême du Seigneur (année B)

(Liturgie de la Parole : Is 42 1…7 ; Ps 28 ; Ac 10 34-38 ; Mc 1 7-11)


L’Église célèbre aujourd’hui la fête du baptême du Seigneur. Lui qui est sans péché a cependant voulu recevoir le baptême de Jean, et reconnaître ainsi, publiquement, que telle était la volonté de Dieu que l’on s’y soumît. Car le Salut de Dieu ne peut être donné qu’à ceux qui se reconnaissent pécheurs, regrettent leurs péchés et demandent à en être lavés, purifiés et à être régénérés dans les eaux diluviennes de la Miséricorde divine. Cela est possible grâce au caractère humano-divin de Jésus, qui partage à la fois la condition humaine jusque dans les ultimes conséquences occasionnées par le péché, et d’autre part l’unicité divine, ainsi que la voix venue du Ciel – à la suite du témoignage du Baptiste – l’enseigne : « C’est Toi Mon Fils bien-aimé ; en Toi J’ai mis tout Mon Amour [1]. » Jésus, Fils de Dieu en tout égal au Père…

Le Jubilé de l’an 2000 nous invite à raviver en nous la Foi que confesse l’Église, car seule la Foi connaît Jésus-Christ. Or beaucoup, aujourd’hui même, qui se disent encore catholiques, ne connaissent pas Jésus… Même des gens très instruits et hauts placés ne reconnaissent plus en Jésus « le Seigneur de tous [2] », mais une figure de sauveur parmi d’autres, au nom d’un relativisme partout présent.

En résumé, il nous faut tenir au sujet de Jésus-Christ quatre affirmations fondamentales : la première, c’est qu’Il est Dieu ; la deuxième, c’est qu’Il est homme ; la troisième, c’est qu’Il possède la nature divine et la nature humaine sans que celles-ci soient ni fondues ni séparées mais unies ; et c’est la quatrième affirmation : unies dans une unique personne qui est celle du Fils éternel de Dieu.

Première affirmation : Jésus-Christ est réellement et substantiellement Dieu. Non point, comme saint Jean Baptiste et comme nous, un homme participant par grâce à la nature divine, mais Dieu par nature, Dieu dans la plénitude de la divinité. En témoignent Ses miracles et la sublimité de Son enseignement comme de Sa vie. Il enseigne des mystères que la raison humaine n’aurait jamais pu découvrir et qu’elle ne pourra jamais comprendre, et dont les plus grands philosophes n’avaient jamais eu la moindre idée ; un tel enseignement ne peut venir que de Dieu. Il réclame une sainteté de vie qui dépasse absolument tout ce dont les forces humaines sont capables, de sorte que jamais un homme n’aurait pu avoir l’idée de telles exigences ; un tel enseignement ne peut venir que de Dieu. De plus, Il a Lui-même affirmé qu’Il était Dieu : « Le Père et Moi, nous sommes un [3] », « Avant qu’Abraham existât, Je Suis [4] ». En S’attribuant l’unique instant sans succession de l’éternité divine, « Je Suis », Il confesse Sa nature divine. « Si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés [5] » ; « Le ciel et la terre passeront mais Mes paroles ne passeront pas [6] ». Nous pourrions multiplier les citations bibliques qui témoignent de la conscience qu’avait Jésus d’être Dieu. Ainsi donc, si certains vénèrent Jésus comme un grand sage ou un grand héros, si les musulmans le considèrent comme un prophète et si le brahmanisme, avec le New-Age, voient en Lui une manifestation de Dieu, seuls sont chrétiens ceux qui adorent Jésus-Christ comme Dieu.

Deuxième affirmation : Jésus-Christ est réellement et substantiellement homme, possédant véritablement la nature humaine. À chaque page de l’Évangile, on voit Jésus Se comporter et agir en homme : naître, grandir, avoir faim, soif et sommeil, être fatigué, souffrir, pleurer, aimer Ses amis et Son pays, et mourir.

Une erreur très répandue aujourd’hui ne voit dans la résurrection de Jésus qu’un symbole ou un mythe signifiant la pérennité de ce qu’Il représentait : une erreur contredite par le témoignage de l’Évangile qui atteste que saint Thomas a touché de ses mains la cicatrice des plaies sur le corps ressuscité de Jésus [7], que les Apôtres L’ont vu manger, ce que Lui-même leur donne comme preuve qu’Il n’est pas un fantôme [8]. C’est donc bien l’homme réel qui a repris vie au matin de Pâques.

Troisième affirmation : il y a en Jésus-Christ deux natures réellement distinctes, la nature divine et la nature humaine, sans confusion ni mélange entre elles, pour la bonne raison qu’il y a entre la nature humaine et la nature divine une distance infinie. Et effectivement, dans l’Évangile on voit Jésus parler et agir tantôt comme Dieu et tantôt comme homme. Malheureusement, ils ne sont pas rares ceux qui confondent en Jésus-Christ ce qui est de Sa nature divine et de Sa nature humaine. C’est ainsi qu’ils vous diront que la présence du Christ dans l’Eucharistie ne leur présente aucune difficulté à croire puisque le Christ est Dieu et que Dieu est partout présent. Mais cette réponse est une véritable hérésie, appelée « monophysisme », qui confond la nature divine de Jésus-Christ, par laquelle Il est partout présent, avec Sa nature humaine, dont la présence est localisée ; or c’est de la présence de cette nature humaine dont il est question dans l’Eucharistie. Quand Jésus-Christ affirme que le Père est plus grand que Lui [9], Il parle évidemment selon Sa nature humaine, puisque par Sa nature divine Il est l’égal du Père ; il y a donc ainsi des paroles du Christ qu’il est impossible de comprendre si l’on confond en Lui nature humaine et nature divine.

Quatrième affirmation : affirmer que Jésus-Christ est Dieu, c’est affirmer que cet homme est Dieu, donc qu’il n’y a pas en Lui une personne humaine distincte de la personne divine mais une seule personne qui est à la fois Dieu et homme. C’est d’ailleurs pourquoi Marie peut véritablement être appelée « Mère de Dieu », car elle n’a pas enfanté une personne humaine en donnant le jour à Jésus, mais la Seconde Personne de la Trinité qui existe depuis toujours et pour toujours… Dans l’Évangile, il est clair que c’est la même personne qui parle et agit comme homme et qui parle et agit comme Dieu. Il faut donc se garder de confondre unité de personne avec unité de nature : c’est l’unique personne du Fils de Dieu qui a pris notre nature humaine sans pour autant cesser d’être Qui Il est de toute éternité. Jésus peut dire en vérité : « Je suis homme » et « Je suis Dieu ».

Ce qui constitue le Mystère, ce que nous ne pouvons pas comprendre, c’est précisément qu’une nature humaine n’ait pas pour sujet d’attribution une personne humaine mais la Personne divine de Dieu le Fils.

Mais si nous ne pouvons pas comprendre ce mystère, grâce à la Révélation nous pouvons l’exprimer en des termes exacts qui nous font connaître la vérité objective de ce mystère de l’Incarnation.

Certes, cette connaissance objective du mystère de Dieu révélé en Jésus-Christ ne paraît pas possible à beaucoup, qui préfèrent penser que la raison ne peut pas connaître ce qui est métaphysique, que tout est relatif, et que devant le mystère de Dieu et de l’homme il est plus sage de renoncer au dogme. C’est pourquoi, de plus en plus, celui qui veut persévérer dans la foi de la Bible et de l’Église se trouve d’abord relégué dans un désert et doit s’orienter ensuite vers la folie de Dieu afin de pouvoir y reconnaître la sagesse véritable.

1. Mc 1 11.

2. Ac 10 36.

3. Jn 10 30.

4. Jn 8 58.

5. Jn 8 24.

6. Mt 24 35 ; Mc 13 31 ; Lc 21 33.

7. Cf. Jn 20 24-29.

8. Cf. Lc 24 36-43.

9. Cf. Jn 14 28.