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Sermon pour le quatrième Dimanche de Pâques (année B)

(Liturgie de la Parole : Ac 4 8-12 ; Ps 117 ; 1 Jn 3 1-2 ; Jn 10 11-18)


« Je suis Le Bon Pasteur [1]. »

Non pas un pasteur parmi d’autres, mais le vrai, l’unique pasteur. Avant Lui, plusieurs s’étaient présentés en tant que roi, prêtre, prophète ou juge, mais personne ne s’était jamais présenté avec le titre de « Pasteur », hormis Dieu seul dans la bouche du prophète Ézéchiel. On lit en effet au livre d’Ézéchiel :

« Ainsi parle le Seigneur YHWH. Malheur aux pasteurs d’Israël ! Vous n’avez pas fortifié les brebis chétives, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené celle qui s’égarait, cherché celle qui était perdue. Elles se sont dispersées, faute de pasteur, pour devenir la proie de toute bête sauvage. Eh bien ! pasteurs, écoutez la Parole de YHWH. Voici que Je vous reprends Mon troupeau. Désormais J’en aurai soin Moi-même. C’est Moi qui les ferai paître, et dans un bon pâturage. Je les ferai reposer. Je chercherai celle qui est perdue, Je ramènerai celle qui est égarée, Je panserai celle qui est blessée, Je guérirai celle qui est malade. Celle qui est grasse et bien portante, Je veillerai sur elle. Je les ferai paître avec justice [2]. »

Ainsi donc, avec le titre de Bon Pasteur, Jésus annonce la réalisation tant attendue par les petites gens de la prophétie d’Ézéchiel.

À cause du peu de considération dont jouissaient les bergers au temps de Jésus, à la différence des gouvernants de ce monde avides d’honneurs et de privilèges, l’image du berger évoque l’humilité. Jésus ne veut Se présenter que sous les traits d’un amour sauveur qui mérite la confiance en raison du sacrifice qu’Il offrira de Lui-même… Comment, en effet, aurait-Il pu mieux faire la preuve de Son amour qu’en donnant Sa vie pour nous ? Comme dans la prophétie d’Ézéchiel, Jésus oppose Sa conduite à la rapacité des voleurs et à la lâcheté des mercenaires. À la suite du Christ, être pasteur dans l’Église implique donc l’engagement complet dans le sacrifice, un dévouement sans limites, et exclut toute recherche de soi-même.

Certaines voix dénoncent aujourd’hui la présence de l’esprit franc-maçon parmi le clergé. Il n’y a pas trop à s’en étonner ; Paul VI l’avait déjà évoqué en ces termes :

« Ce qui me frappe quand je considère le monde catholique, c’est qu’à l’intérieur du catholicisme une pensée de type non-catholique semble parfois avoir le dessus, et il se peut que cette pensée non catholique à l’intérieur du catholicisme devienne demain la plus forte [3] »…

Comment reconnaître cet esprit, entré dans l’Église tel une « fumée de Satan […] par quelque fissure [4] » ? En ce qu’il est l’esprit même du monde, avide d’honneur et de plaisir, dur et froid, hautain et distant, triste et paresseux, qui égare par excellence les âmes en se parant du crédit de l’intelligence savante, mettant la soit-disant science au-dessus de la foi, s’opposant surtout, d’une façon ou d’une autre, à la réalisation de cette petite phrase : « Il y aura un seul troupeau et un seul pasteur [5] ». Tout pasteur qui n’est pas « un » avec l’unique Pasteur ici-bas représenté par le pape, « le doux Christ de la terre [6] » comme l’appelait sainte Catherine de Sienne, n’est pas un vrai pasteur. Et il ne suffit pas de se prétendre tel, il faut encore le montrer par une obéissance concrète à l’enseignement pontifical… Un signe, entre autres, de cet esprit franc-maçon, c’est la résistance passive, ou le refus argumenté, d’affirmer ouvertement et avec fierté, à tout homme, et a fortiori aux disciples de Bouddha, de Mahomet, comme de tout autre « sauveur », que Jésus est le seul Nom donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvé, et qu’en dehors de Lui, il n’y a pas de salut [7]… Au nom de raisons théologiques aussi savantes et alambiquées que fausses, comme par exemple l’évolution des conditions d’existence, ou même celle des dogmes, la « tolérance » ou la crainte de « culpabiliser », il est devenu incorrect d’oser affirmer, sinon de croire, ce pour quoi les martyrs ont versé leur sang avec joie !

Prions le Bon Pasteur de reprendre Lui-même en main Son troupeau si malmené par le loup entré dans la bergerie tandis que les mauvais pasteurs ne le défendent pas. Prions en invoquant le Nom de Jésus, le seul qui puisse nous sauver [8]. « Le nom de Jésus, dit le Catéchisme, est le seul nom qui contient la Présence qu’il signifie [9] »… Jésus signifie : YHWH sauve. Parce que Jésus est le seul homme qui a été digne de Dieu, Il est aussi le seul par lequel nous pouvons trouver grâce auprès de Dieu. Hors de Jésus, nous demeurons tous sous la condamnation et la malédiction du péché, dont l’enfer est la conséquence ultime et définitive. Je vous invite à invoquer souvent le Nom de Jésus avec tout l’amour dont votre cœur est capable, et Jésus, qui est présent dans Son Nom, viendra en vous… avec la victoire sur toutes vos tentations et tous vos ennemis, avec la Joie infinie, absolue et parfaite qu’est Dieu même… « Le nom de Jésus est le seul nom qui contient la Présence qu’il signifie [10] »…

Jésus présente comme fruit de Son sacrifice la connaissance mutuelle du Père et du Fils donnée à Ses disciples. La connaissance par laquelle Dieu Se connaît Lui-même ! « Mes brebis Me connaissent comme le Père Me connaît et que Je connais le Père [11]. » Avons-nous vraiment pris conscience que la vie éternelle est une connaissance ? « La vie éternelle, c’est de Te connaître, Toi, le seul vrai Dieu, et Celui que Tu as envoyé [12] », dira encore Jésus.

Un être sans connaissance est enfermé en ce qu’il est en lui-même par sa nature, sans aucune communication avec les autres êtres, qui sont pour lui comme s’ils n’existaient pas, tandis que l’être doué de connaissance possède cette prodigieuse perfection d’être enrichi à la mesure de ce qu’il connaît… La connaissance est donc la présence, non pas certes matérielle, mais intentionnelle, de l’objet connu dans le sujet connaissant, de sorte que le sujet connaissant devient intentionnellement l’objet connu en dilatant son être propre à la mesure de l’objet connu. Seul Dieu connaît Dieu. Dieu est, en Sa nature divine, Intelligence parfaite de Lui-même et Amour parfait de Lui-même, tant il est vrai que, Se connaissant Lui-même, Il ne peut pas ne pas S’aimer Lui-même. Cette connaissance, inaccessible à toute intelligence créée, est ce qui Le constitue dans Sa réalité de Dieu, Sa vie propre. Eh bien, c’est cela même que Jésus nous communique : la vie même de Dieu, l’intelligence parfaite que Dieu a de Lui-même, en sorte que nous devenons ce que nous connaissons ! La grâce nous donne comme objet de connaissance et d’amour ce qui est l’objet propre de l’Intelligence et de la Volonté divines, elle rend ainsi présent Dieu au dedans de nous comme objet connu et aimé, et par là elle nous fait posséder la Joie absolue, infinie et parfaite ! Le Fils est l’Image du Père, la Pensée, le Verbe, la Parole par laquelle le Père Se connaît en tant que Père. Il est donc en tout semblable au Père, à la seule différence qu’Il n’est pas le Père, mais le Fils. Et comment le Père et le Fils ne S’aimeraient-Ils pas l’Un l’Autre puisqu’Ils sont aussi parfaits l’Un que l’Autre ? Leur Amour, en tout semblable à Eux, à l’exception de la différence de leurs Personnes, est Dieu Lui-même, Dieu seul pouvant aimer Dieu comme Dieu le mérite. Par le don de la Grâce, nous entrons donc dans cette vie de connaissance et d’amour qu’est la vie même de Dieu. Nous devenons « participants de la nature divine [13] ».

« Mes brebis Me connaissent, comme le Père Me connaît, et que Je connais le Père, et Je donne ma vie pour mes brebis [14]. »

C’est par le don de Sa Vie, par amour pour le Père, que Jésus nous a révélé que Dieu est Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit (ou Amour qui Les unit), et par cette connaissance, Il nous a introduits dans la Vie même de Dieu qui est Joie et Vie éternelle.

Même si « ce que nous serons ne paraît pas encore clairement, nous le savons, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu [15] ! »

« Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
« Éternel est Son Amour [16] ! »

Amen ! Alléluia !

1. Jn 10 11.

2. Ez 34 2…16.

3. Guitton (Jean), Paul VI secret, Paris, Desclée De Brouwer, 1979, p. 168.

4. Paul VI, Homélie du 29 juin 1972 (La Documentation catholique, n. 1613, 16 juillet 1972, p. 658).

5. Jn 10 16.

6. Cf. Ste Catherine de Sienne, Lettres XXXV (312), n. 5 ; XLVIII (197), n. 2 ; LXXXVII (41), n. 5 ; CXLIV (95) ; CCLXXXVI (278), n. 1 (Lettres de sainte Catherine de Sienne, traduites de l’italien par Étienne Cartier, Paris, Poussielgue, collection « Bibliothèque dominicaine », 1886, 2nde édition, t. I, pp. 315, 399 ; t. II, pp. 138, 435 ; t. IV, p. 69).

7. Cf. Ac 4 12.

8. Ibid.

9. Catéchisme de l’Église Catholique, n. 2666.

10. Ibid.

11. Jn 10 14-15.

12. Jn 17 3.

13. 2 P 1 4.

14. Jn 10 14-15.

15. 1 Jn 3 2.

16. Ps 117 1.