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Sermon pour le sixième Dimanche de Pâques (année B)

(Liturgie de la Parole : Ac 10 25…48 ; Ps 97 ; 1 Jn 4 7-10 ; Jn 15 9-17)


Chers frères et sœurs, aujourd’hui Jésus est ressuscité ! Aujourd’hui nous célébrons Sa Résurrection d’entre les morts ! Nous le faisons en ces temps particulièrement marqués par la guerre et tous les égoïsmes, les incompréhensions et les haines qui la précèdent, et la mort qui lui succède. Et c’est précisément dans ce contexte contrasté de mort et de Résurrection que nous célébrons également la Journée mondiale pour la Vie, demandée par notre Pape et fixée par les Évêques en France en ce jour de la Fête des Mères, tant il est vrai que c’est aux mères qu’est confiée le don de la vie… Puissions-nous vraiment célébrer le don de la vie que tous nous avons reçu gratuitement et dont nous ne devrions pas cesser de nous émerveiller et de rendre grâce à Dieu ! Mais il est un don encore plus grand que celui de la vie naturelle et mortelle, c’est celui de la Vie divine et éternelle, que Dieu nous a fait en ressuscitant Jésus d’entre les morts, si seulement par Lui, avec Lui et en Lui, nous renonçons à cette vie terrestre ! Fêtons donc aujourd’hui non seulement notre mère selon la chair, mais bien plus encore celle que Jésus nous a donnée pour Mère du haut de la Croix [1], car vraiment Marie nous a donné la vraie vie, la Vie divine : son Fils Jésus-Christ, notre Seigneur !

Seul l’amour donne la vie ; aussi, de façon providentielle, tous les textes de la liturgie de ce sixième dimanche de Pâques nous parlent d’amour, et d’un amour qui dépasse toutes les frontières. « Dieu est amour [2] », c’est pourquoi Il nous a donné la vie. Seul l’amour qui vient de Dieu est capable de faire vivre, c’est pourquoi, pour vivre, Jésus nous appelle à aimer « comme Dieu » ! « Comme le Père M’a aimé, Moi aussi Je vous ai aimés. Demeurez en Mon amour [3]. » La merveille inouïe est là : la Communication de l’Amour trinitaire en Jésus se transforme en amour fraternel. Recevant en Jésus cet amour divin, nous devons à notre tour nous aimer de ce même amour, d’un amour sans frontières : dans la première lecture, Pierre confesse que « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes [4] ». Et si le psaume chante que Dieu « S’est rappelé Sa fidélité […] en faveur de Son peuple [5] », c’est pour ajouter aussitôt qu’Il a pareillement « révélé Sa justice aux nations [6] », « Sa Victoire [à la] terre entière [7] »… Dans la deuxième lecture, saint Jean nous redit le but pour lequel « Dieu a envoyé Son Fils unique dans le monde [8] » : ce but c’est « que nous vivions par [Jésus [9]] ». Que nous vivions donc, et que nous vivions par Jésus ! Vivant du même amour dont Jésus nous a aimés, c’est-à-dire d’un amour universel, qui n’exclue personne, pas davantage l’ennemi que l’enfant à naître. Jésus disait : « Je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on l’ait en surabondance [10] » ! « Si vous êtes fidèles à Mes commandements, vous demeurerez dans Mon amour [11]. » Ces commandements, voilà qu’Il les résume en un seul : « Ce que Je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres [12]. » Sans cet amour, on ne peut pas vivre. L’Amour jugera le monde : « Tout ce que tu as fait ou n’as pas fait au plus petit des Miens, c’est à Moi que tu l’as fait ou ne l’a pas fait [13] » !

Et puisque nous célébrons la Journée mondiale pour la vie, considérons un instant ces plus petits que sont les embryons. Jésus a été un embryon, et ainsi tout ce qui est fait aujourd’hui aux embryons, que ce soit dans les laboratoires ou dans les salles d’avortements, est fait à Jésus… Ce n’est pas sans raison ni signification que l’Église excommunie quiconque participe, fut-ce indirectement, à un avortement. Comment pourrait-elle mieux dire la gravité de l’avortement, aujourd’hui hélas si banalisé que même parmi les chrétiens on en trouve pour le pratiquer et le justifier, ainsi que son souci d’en garder la conscience des fidèles pour leur salut ?

Dans son encyclique Evangelium Vitæ, Jean-Paul II dénonce « la tendance, toujours plus largement admise, à interpréter les crimes […] contre la vie comme des expressions légitimes de la liberté individuelle, que l’on devrait reconnaître et défendre comme de véritables droits [14] ». Cette tendance s’enracine « dans une mentalité hédoniste et de déresponsabilisation en ce qui concerne la sexualité et [elle suppose] une conception égoïste de la liberté, qui voit dans la procréation un obstacle à l’épanouissement de la personnalité de chacun [15] ». Ce n’est un secret pour personne que la franc-maçonnerie, qui veut détruire la civilisation judéo-chrétienne, a décidé à cette fin de détruire la famille :

« Pour détruire la famille nous devons l’attaquer dans son maillon le plus faible, l’enfant qui n’est pas né encore. Donc nous sommes pour l’avortement [16]. »

C’est pourquoi, en sens contraire, Mère Teresa ne pouvait qu’affirmer :

« Le plus grand destructeur de la paix aujourd’hui est l’avortement. Si une mère peut tuer son propre enfant, qu’est-ce qui nous empêche, vous et moi, de nous entretuer [17] ? »

Et en effet, une société qui tue ses enfants a nécessairement perdu son âme et son espérance… Comment se plaindre ensuite de la montée du terrorisme dans la société lorsque nous l’acceptons à l’égard des enfants à naître que nous avons tous été ? Les fondements et la cohésion de la vie en société ne sont plus le respect de la dignité intrinsèque de l’être humain, mais l’utilité de celui-ci, l’égoïsme et le pouvoir du plus fort. L’endroit le plus dangereux au monde, ce n’est pas la route avec ses milliers de morts, ni le SIDA, ni même le suicide, mais le sein des mères puisqu’un enfant conçu sur trois est avorté… L’avortement est bel et bien une guerre où coulent le sang et les larmes. Une vraie guerre, avec de vrais blessés et de vrais morts : ces couples ayant renié le fruit de leur amour, ces mères inconsolables, tous ces enfants avortés, nos frères et sœurs…

« Les croyants, même ceux qui participent activement à la vie ecclésiale, tombent trop souvent dans une sorte de dissociation entre la foi chrétienne et ses exigences éthiques à l’égard de la vie, en arrivant ainsi au subjectivisme moral et à certains comportements inacceptables. Il faut alors nous interroger, demande le Pape, avec beaucoup de lucidité et de courage, sur la nature de la culture de la vie répandue aujourd’hui parmi les chrétiens, les familles, les groupes et les communautés de nos diocèses [18]. »

Nous sommes appelés à entrer en résistance afin que nous ne nous laissions pas nous aussi conditionner par la culture de mort véhiculée par de forts courants culturels, économiques et politiques pour lesquels le mariage n’est pas une institution divine, la sexualité l’expression du don de soi, la famille la communauté de vie et d’amour d’un homme et d’une femme et de leurs enfants, l’enfant un produit mais non un don de Dieu, et la vie sacrée depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. Jamais aucune loi humaine ne pourra prétendre légitimer l’euthanasie et l’avortement qui sont des crimes. Nul doute que cette résistance doive s’étendre aux lois qui privent les parents de l’exercice inaliénable de leurs responsabilité parentale, à la reconnaissance de la légitimité de l’homosexualité, et tant d’autres chose du même genre.

« Des lois de cette nature, enseigne le Pape, non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s’y opposer par l’objection de conscience [19]. »

C’est entendu : obligation grave et précise de s’opposer à ces lois. Où en sommes-nous effectivement dans nos familles, les groupes et les communautés de notre diocèse de cette obligation ? Où sont-elles, ces instances locales, régionales, paroissiales, diocésaines, chargées de défendre la vie humaine ? Évangéliser, c’est annoncer la vie qui l’emporte sur la mort !

« L’Église […] reçoit du Christ l’“Évangile de la Vie” et elle se sent responsable de l’annonce de cet Évangile à toute créature. Elle doit l’annoncer avec courage, même s’il lui faut pour cela aller à contre-courant, par la parole et l’action, devant les individus, les peuples et les États, sans aucune peur [20]. »

« Qui n’est pas avec Moi est contre Moi, avertissait Jésus, et qui n’amasse pas avec Moi disperse [21] »…

Que Notre Seigneur daigne accorder à notre paroisse et à tous les disciples du Christ qui la composent la joie de L’enfanter dans le cœur de nombreux enfants [22] pour la joie de leurs mères et de Marie !

1. Cf. Jn 19 26.

2. 1 Jn 4 8, 16.

3. Jn 15 9.

4. Ac 10 34.

5. Ps 97 3.

6. Ps 97 2.

7. Ps 97 2, 4.

8. 1 Jn 4 9.

9. Ibid.

10. Jn 10 10.

11. Jn 15 10.

12. Jn 15 17.

13. Cf. Mt 25 31-46.

14. Jean-Paul II, Lettre encyclique Evangelium Vitæ, 25 mars 1995, n. 18 (La Documentation catholique, n. 2114, 16 avril 1995, p. 359). Les italiques sont dans le texte.

15. Ibid., n. 13 (op. cit., p. 357).

16. Propos rapportés par le professeur Jérôme Lejeune dans un discours prononcé le 8 octobre 1987 à Rome devant les Pères du Synode sur la vocation et la mission des laïcs dans l’Église et dans le monde (L’Osservatore romano, édition hebdomadaire en langue française, n. 42/1975, 20 octobre 1987, p. 1).

17. Bse Teresa de Calcutta, discours lors de la réception du prix Nobel de la paix à Oslo, 11 décembre 1979.

18. Jean-Paul II, ibid., n. 95 (op. cit., p. 399).

19. Ibid., n. 73 (op. cit., pp. 388-389). Les italiques sont dans le texte.

20. Jean-Paul II, Lettre « Le massacre des innocents », 19 mai 1991 (La Documentation catholique, n. 2033, 4 août 1991, p. 726).

21. Mt 12 30.

22. Cf. Mc 3 35.