Logo Regnat
Best viewed with God
Gratuité évangélique
Jésus
Viewable With Any Browser Campaign
CSS valide
Valid XHTML 1.0 Transitional

Sermon pour le deuxième Dimanche de Pâques (année C)

(Liturgie de la Parole : Ac 5 12-16 ; Ps 117 ; Rm 10 8-13 ; Lc 4 1-13)


« Moi, Jean, votre frère et compagnon dans la persécution, la royauté et l’endurance avec Jésus, je me trouvais dans l’île de Patmos à cause de la Parole de Dieu et du témoignage pour Jésus. C’était le Jour du Seigneur ; je fus inspiré par l’Esprit [1]. »

Pour nous aussi, c’est aujourd’hui « le Jour du Seigneur », le jour où nous célébrons la Résurrection de Jésus d’entre les morts. Et si nous ne sommes pas dans l’île de Patmos, où saint Jean était en exil, nous sommes cependant bien comme lui ici… « à cause de la Parole de Dieu et du témoignage pour Jésus ». « À cause de la Parole de Dieu », car nous croyons vraiment que Dieu S’est révélé à nous par Jésus-Christ Qui est la Parole de Dieu faite chair ; « à cause du témoignage de Jésus », car, comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église Catholique, « la participation à la Messe dominicale est un témoignage de fidélité au Christ et à Son Église [2] ». Ce témoignage rendu à Jésus « le Jour du Seigneur » par notre participation à la Messe est même, enseigne toujours le Catéchisme, « une obligation [3] », une obligation d’amour bien sûr, mais justement, une obligation d’autant plus forte pour le véritable croyant… à tel point que manquer délibérément à l’Eucharistie dominicale constitue une rupture d’Alliance avec Dieu, une infidélité, un péché grave…

C’est parce que Jésus est ressuscité ce jour-là, qu’Il est apparu aux Apôtres ce jour-là [4], et de nouveau à Thomas huit jours après [5], et que saint Jean eut la vision de Jésus ressuscité ce même jour, que ce jour est devenu pour les Chrétiens « le Jour du Seigneur », le premier des jours, la première de toutes les fêtes, le « Dimanche ». Ce jour, qui malheureusement est encore pour les Juifs seulement le premier jour de la semaine, est devenu pour les Chrétiens le huitième, celui qui récapitule les six jours de la Création du monde suivis du jour du repos de Dieu, le sabbat, sabbat que Jésus a effectivement chômé par le repos de Sa Mort ; ce jour est donc le huitième parce qu’il récapitule la première Création et l’accomplit en débouchant, par la Résurrection, dans la vie éternelle. Ce premier jour de la semaine est un jour nouveau, celui de la Recréation, le Jour qui n’aura pas de fin… Le Dimanche accomplit ainsi la vérité spirituelle du sabbat juif et annonce le repos éternel auquel Dieu nous convie. C’est pourquoi lorsque le saint Curé d’Ars voyait des gens manquer la Messe du Dimanche parce qu’ils préféraient travailler, il affirmait que ces gens-là traînaient leur âme en enfer… Dieu nous a donné six jours pour nous occuper de notre vie passagère et Il S’est réservé le dimanche, le « Jour du Seigneur », afin que, au moins ce jour-là, nous levions la tête et que nous regardions vers le Ciel, que nous ayons soin de notre âme et de l’éternité qui approche… Le dimanche est un jour de protestation contre les servitudes du travail et le culte de l’argent. C’est le Jour de la liberté, du repos, de la prière et de la Joie qui nous viennent de la Résurrection de Jésus. « Témoignage pour Jésus » qui n’est autre que l’accomplissement du troisième des dix commandements donnés à Moïse : « Tu sanctifieras le Jour du Seigneur ».

Saint Jean se présente à nous comme notre « frère et compagnon dans la persécution, la royauté et l’endurance avec Jésus [6] ». Saint Jean nous dit par là que nous ne sommes dignes d’être appelés ses frères et compagnons que dans la mesure où nous-mêmes sommes « dans la persécution, la royauté et l’endurance avec Jésus »… Et comment ne pas être « dans la persécution » lorsque Jésus a annoncé : « S’ils m’ont persécutés, vous aussi ils vous persécuteront [7] », et saint Paul : « Tous ceux qui chercheront à vivre avec piété dans le Christ Jésus seront persécutés [8] » ?… « Dans la royauté », car, unis à Celui qui a vaincu le péché et la mort au prix de Son Sacrifice, nous participons de Sa Royauté en étant maître de nous-mêmes, en dominant nos passions, nos sentiments et nos désirs ; en ordonnant également tout ce qui nous appartient à la seule gloire de Dieu, comme un roi gouverne tout ce qui est à lui. « Dans la persévérance avec Jésus », car « seul celui qui tiendra bon jusqu’au bout sera sauvé [9] », ce qui n’est possible qu’avec Jésus puisque « sans Lui nous ne pouvons rien faire [10] », rien faire de grand, de beau, de durable, de méritoire pour la vie éternelle.

Lorsque Jésus apparaît à Ses Apôtres abattus au fond de la tristesse et de la peur, Il leur dit : « La paix soit avec vous [11] » ; alors les Apôtres, enivrés d’une exaltation fébrile à la vue de Jésus, s’entendent dire une deuxième fois : « La paix soit avec vous [12] ». Comme si Jésus, Lui qui est « le Premier et le Dernier [13] », ramenait les extrêmes au juste milieu, à la voie de la Paix. Pas d’excès, ni d’un côté ni de l’autre. Le premier fruit du Sacrifice de Jésus, c’est ainsi la Paix, « Sa paix », la Paix du Ciel. Cette paix avec Dieu, entre nous et en nous-mêmes, qui n’est possible que grâce au pardon de nos péchés, lesquels nous séparent de Dieu, les uns des autres, et nous divisent nous-mêmes, intérieurement. C’est pour expier nos péchés, les effacer, que Jésus S’est offert en sacrifice d’expiation. C’est pourquoi la première chose que Jésus fait ensuite, c’est de communiquer à Ses Apôtres le pouvoir de remettre les péchés [14]. Et Il souffle sur eux pour cela [15]. De même que l’Esprit de Dieu « tournoyait au-dessus des eaux [16] » originelles de la Création, de même préside-t-Il ici au commencement de la Recréation. Cette Re-création de l’Humanité inaugurée dans la Résurrection de Jésus à laquelle les Apôtres reçoivent la mission d’œuvrer, avec l’aide de l’Esprit-Saint. Ils opéreront cette Recréation des âmes en leur communiquant, selon qu’elles en seront dignes ou non, le pardon de leurs péchés au Nom de Jésus qui l’a mérité pour tous.

Lorsque Jésus ressuscité apparut la première fois à Ses Apôtres, Thomas n’était pas là [17]. Celui-ci refusa de croire qu’une chose pareille ait pu arriver [18]. Aussi, Jésus apparaît-Il une deuxième fois, exprès pour lui, et Il le fait alors que Thomas se trouve à nouveau réuni avec les autres Apôtres [19], comme pour lui dire – et nous dire – que la vérité sur Jésus ne se peut connaître qu’en étant en communion avec Son Église assemblée autour de Pierre, et plus tard de son successeur. Car l’Église est le lieu de la réconciliation donnée par le pardon des péchés, elle est « le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité du genre humain, c’est sa nature et sa mission universelle [20] ».

C’est ainsi que, parce qu’ils s’imaginent pouvoir se dispenser de la Communion de l’Église pour aller au Ciel, certains ne croient pas que Jésus est ressuscité, mais que Son âme s’est seulement réincarnée dans un autre corps… Alors que justement Jésus demande à Thomas de se rendre compte que le Corps qu’il voit est bien le Corps de Jésus, le même que celui qui a souffert sur la Croix, à preuve ces Blessures où il peut enfiler ses doigts, blessures qui signent son identité [21] !

La Résurrection de Jésus est le témoignage parfait que Dieu donne de la bonté de la Création. Si Dieu ressuscite le corps, le corps voit sa bonté, sa beauté et sa noblesse reconnues et confirmées. Il n’est pas quelque chose que l’on utilise – même pour son plaisir –, il est le temple de la vraie dignité humaine, parce qu’il est un édifice de Dieu dans le monde.

Jésus est ressuscité ! Il est vivant parmi nous !

Heureux ceux qui croient sans voir [22] !

1. Ap 1 9-10.

2. Catéchisme de l’Église Catholique, n. 2182.

3. Ibid., n. 2181.

4. Cf. Jn 20 19-23.

5. Cf. Jn 20 24-29.

6. Ap 1 9.

7. Jn 15 20.

8. 2 Tm 3 12.

9. Mt 10 22, 24 13  Mc 13 13.

10. Cf. Jn 15 5.

11. Jn 20 19.

12. Jn 20 21.

13. Ap 22 13.

14. Cf. Jn 20 23.

15. Cf. Jn 20 22.

16. Gn 1 2.

17. Cf. Jn 20 24.

18. Cf. Jn 20 25.

19. Cf. Jn 20 26.

20. Cf. Concile œcuménique Vatican II, Constitution dogmatique De Ecclesia, n. 1.

21. Cf. Jn 20 27.

22. Cf. Jn 20 29.