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Sermon pour le sixième Dimanche de Pâques (année C)

(Liturgie de la Parole : Ac 11 1…29 ; Ps 66 ; Ap 21 10…23 ; Jn 14 23-29)


En cette année consacrée à la méditation de la Personne et de l’Œuvre de l’Esprit-Saint dans le cadre de la préparation à la célébration du Grand Jubilé de l’an 2000, les lectures, et spécialement l’Évangile, nous parlent de Celui que Jésus appelle « le Défenseur [1] ».

Jésus annonce la venue de la Troisième Personne de la Sainte-Trinité au moment où Lui-même évoque Son Départ de cette terre ; pour tout dire : Son Départ est la condition de la venue de l’Esprit-Saint. En effet, c’est seulement si Jésus va jusqu’à mourir, s’Il va jusqu’au bout de la vie humaine, qu’Il pourra la sauver toute entière… La mort de Jésus est donc nécessaire pour que la vie humaine soit entièrement assumée par Dieu et sauvée dans Sa Résurrection. Tel est le drame que vit tout cœur chrétien ici-bas : la Mort de Jésus lui est nécessaire !… Ô Douleur du cœur qui aime Jésus ! Devoir accepter la Mort de Celui que l’on aime plus que tout pour prix de l’Amour qu’Il nous porte !… Mais Jésus, dans Sa souveraine Liberté et Son éternelle Majesté, invite Ses disciples à se réjouir de Son Départ… Se réjouir non seulement parce que Son Départ est la condition de notre salut, mais se réjouir parce que Jésus va ainsi introduire Sa propre Humanité dans la vie céleste… Si à l’heure de notre mort nous sommes devenus des disciples parfaits du Seigneur, nous devrons être capables nous aussi d’inviter nos proches à se réjouir avec nous de notre départ, puisqu’il sera l’entrée dans la Gloire divine… Ainsi donc, c’est seulement une fois que la vie humaine aura été sauvée en Jésus, que Jésus ne sera donc plus là, que la Présence et l’Œuvre de l’Esprit-Saint s’avéreront nécessaires. Car telle est précisément la raison pour laquelle Dieu enverra l’Esprit-Saint : pour qu’Il nous rappelle tout ce que Jésus a fait et enseigné [2]. Sa mission est de défendre l’héritage du Christ contre l’oubli, les déformations, les erreurs, les hérésies et les schismes. C’est pourquoi Jésus L’appelle : « le Défenseur [3] ». Sa mission est d’affermir et de développer dans l’Histoire les fruits du Salut accompli par Jésus. C’est Lui qui permet de comprendre, d’accueillir et d’annoncer le salut accompli pour tous par Jésus. Nul, en effet, ne peut dire que Jésus est « le Seigneur » sinon par l’Esprit-Saint [4]. C’est Lui qui est chargé d’assurer durablement la transmission et le rayonnement de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ jusqu’à l’achèvement de l’Église. Il achève la Mission du Fils en l’accomplissant continuellement dans les cœurs et les consciences chrétiens.

« Il [aide] à comprendre le sens juste du message du Christ ; [il] en [maintient] la continuité et l’identité de sens alors que changent les conditions et les circonstances. L’Esprit-Saint [fait] en sorte que dans l’Église demeure toujours la vérité même que les Apôtres ont entendue de leur Maître [5]. »

Il est l’Esprit de Dieu. Il est Celui par Qui Dieu Se connaît Lui-même… Il nous est donc donné pour que nous connaissions Dieu comme Dieu Lui-même Se connaît ! Il nous introduit dans la Vérité toute entière [6] !… Il est aussi l’Amour du Père pour le Fils comme l’Amour du Fils pour le Père ; une fois qu’Il nous est donné, nous pouvons donc aimer Dieu de l’Amour même dont Dieu S’aime Lui-même ! Quel cadeau que l’Esprit-Saint ! Prions pour que nombreux soient ceux qui reçoivent le sacrement de Confirmation !

« Si quelqu’un M’aime, il restera fidèle à Ma Parole ; Mon Père l’aimera, Nous viendrons chez lui, Nous irons demeurer auprès de lui [7]. »

Le fruit de l’amour – qui ne peut être que « pratiquant » (« il restera fidèle », dit Jésus), le fruit de l’amour que Jésus promet est la venue du Père et du Fils dans le cœur, l’intimité du fidèle, « chez lui ». Cette venue du Père et du Fils annoncée par Jésus est nécessairement conjointe à celle de L’Esprit, puisque c’est justement Lui qui permet de connaître Qui est Jésus, et par Jésus Qui est le Père. Jésus annonce l’habitation de la Sainte Trinité dans la personne du Chrétien, devenu avec toute l’Église Temple de Dieu, membre du Christ et enfant du Père, en accueillant l’Esprit-Saint. L’habitation de la Sainte Trinité au cœur du fidèle, « dès maintenant », ouvre sur notre « entrée » dans la Cité sainte. En effet, dans l’Évangile, il est question de l’Habitation de Dieu dans l’âme du fidèle, tandis que dans l’Apocalypse [8] il est question de l’Habitation de Dieu dans le Ciel ; autrement dit, si Dieu est Un : l’âme du fidèle est le Ciel de Dieu… C’est d’ailleurs pourquoi saint Jean ne vit point de Temple dans la Cité Sainte : l’union de l’âme avec Dieu sera si parfaite dans le Ciel que nous serons totalement identifiés à Dieu même… « De Temple, je n’en vis point, car le Seigneur Dieu Maître de tout est son Temple [9] »… Or, le Temple de Dieu, c’est nous ! Nous sommes donc appelés à une transformation radicale qui nous identifiera à ce que nous aurons aimé… « Si quelqu’un M’aime [10]… » Ô Merveille de l’Amour Qui nous fait Un avec Lui moyennant notre mort à nous-même : « De Temple je n’en vis plus [11] »…

Puisque nous sommes appelés à être Un avec Dieu, contemplons avec les Pères de l’Église la vision de la Jérusalem céleste, image de notre unité consommée avec Dieu. Il est d’abord dit qu’« elle descend du Ciel [12] », pour nous dire que personne ne doit s’imaginer, tel Icare, pouvoir par lui-même atteindre le Ciel. Le Salut est toujours un don, et même un par-don. La vertu d’humilité est à la base de la gloire des Saints. L’humilité accepte, tel un enfant, de tout recevoir de Dieu. Cette ville est ensuite comparée à « une pierre très précieuse, comme le jaspe cristallin [13] », en référence à Jésus souvent comparé dans l’Écriture à une pierre, en raison de Sa Fermeté invincible, de l’attitude indéformable de Sa Volonté par rapport à la volonté de Son Père. Pierre infiniment précieuse à cause de Ses Vertus. Elle ressemble à du jaspe, qui est d’un beau vert, symbole du printemps éternel de la vie de Dieu. Cette cité est entourée d’« une grande et haute muraille [14] », parce que la Très Sainte Humanité du Christ protège l’Église contre tous ses ennemis. Ce mur est grand par la noblesse de sa vie, et élevé, puisque étant à la fois Dieu et homme, il touche jusqu’au Ciel. Il est traversé de « douze portes [15] », car le Christ n’admet dans Son Royaume que ceux qui acceptent la doctrine des « douze Apôtres [16] ». En dehors de ces portes, le mur est infranchissable, parce qu’il n’est de salut, même dans le Christ, que par l’Église catholique, apostolique et romaine. Trois de ces portes regardent l’Orient, trois le nord, trois le midi, et trois l’Occident [17]. Cette disposition met en valeur à la fois le chiffre 3 et la figure de la Croix. Elle résume ainsi les mystères essentiels auxquels il faut de toute nécessité adhérer pour entrer dans la Jérusalem céleste : celui de la Trinité et celui de la Rédemption. La Cité est ouverte sur les quatre points cardinaux parce qu’elle universelle. Au sens figuré : les hommes sont tous appelés à la vie éternelle, qu’ils aient vécu à l’Orient, c’est-à-dire au commencement du monde, ou qu’ils vivent à l’Occident, c’est-à-dire à son déclin ; qu’ils soient au midi, c’est-à-dire Juifs, à cause de la divine lumière qui éclaire ce peuple, ou Gentils, plongés dans les ténèbres et les frimas du paganisme. De quelque contrée que l’on vienne, on peut y entrer par trois portes : par celle du mariage, celle du veuvage, celle de la virginité, qui résument toutes les conditions possibles de la vie présente. Ainsi il n’est personne qui ne puisse prétendre habiter la Cité sainte, pourvu qu’il accepte la doctrine des douze Apôtres, qu’il croit au mystère de la Sainte Trinité, et qu’il mette son espérance dans la Croix du Christ.

Viens, Esprit-Saint, de ton trône céleste pour consacrer les cœurs de tes fidèles, Toi que le Christ, la Sagesse incréée, a promis d’envoyer d’auprès du Père. Tu es le Don éternel et nouveau que le Christ en Croix fit à Son Église, quand Il l’épousa d’une éternelle Alliance, ornée de pourpre par le Sang du Roi. À qui Te reçoit s’ouvrent les Mystères ; dans l’intime Tu lui enseignes toutes choses. Telles sont les arrhes que le Christ a voulu dès ici-bas donner à Son Épouse, la Cité sainte, Jérusalem, qui descend du Ciel.

1. Jn 14 26.

2. Cf. ibid.

3. Ibid.

4. Cf. 1 Co 12 3.

5. Jean-Paul II, Lettre encyclique Dominum et vivificantem, 18 mai 1986, n. 4 (La Documentation catholique, n. 1920, 15 juin 1986, p. 584).

6. Cf. Jn 16 13.

7. Jn 14 23.

8. Cf. Ap 21 10…23.

9. Ap 21 22.

10. Jn 14 23.

11. Cf. Ap 21 22.

12. Ap 21 10.

13. Ap 21 11.

14. Ap 21 12.

15. Ibid.

16. Ap 21 14.

17. Cf. Ap 21 13.