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Sermon pour le quatrième Dimanche de Pâques (année A)

(Liturgie de la Parole : Ac 2 14…41 ; Ps 22 ; 1 P 2 20-25 ; Jn 10 1-10)


En ce temps de Pâques plus que jamais retentit la trine prédication de l’Église : Christ est ressuscité ! Convertissez-vous ! Vous recevrez alors le Don du Saint-Esprit ! Telle est la proclamation du Mystère du Salut qui s’opère en trois temps sous la houlette de Celui qui Se présente tour à tour comme le Berger des brebis, le Portier et la Porte de la bergerie [1]

  1. Christ est ressuscité ! C’est la victoire de la vie sur la mort ! C’est la reconnaissance divine de la bonté originelle et l’accomplissement parfait de la Création ! Christ est ressuscité ! C’est l’achèvement bienheureux de l’histoire humaine ! C’est la réalisation du Salut annoncé par les Écritures ! Christ est ressuscité ! Dieu a fait de Lui le Seigneur et le Christ ! Il est Dieu ! C’est la joie du Ciel sur la terre en Son Église ! Telle est la Bonne Nouvelle que Pierre et les Apôtres avec lui proclament le jour de la Pentecôte d’une voix forte : la porte du Paradis est rouverte et nous pouvons entrer ! Alléluia ! Cette porte n’est autre que Notre Seigneur en Son Humanité, par laquelle Il S’est rendu accessible à tous. Et en effet, pour passer par cette porte, il suffit à quiconque de faire ce à quoi invite saint Pierre : considérer la Passion du Christ couvert d’insulte qui n’insultait pas, accablé de souffrances qui ne menaçait pas, et s’attrister d’être cause de cette souffrance par ses péchés. Celui qui médite la Passion du Christ et qui en vient à en être remué jusqu’au fond de lui-même, celui-là entre par la porte et sera sauvé. Hors de la contemplation amoureuse et contrite de l’Humanité de Dieu qui a souffert pour nous, il n’y a pas de voie de salut pour l’homme. Celui qui prétend arriver au bonheur éternel en dehors de cette voie, que ce soit par n’importe quelle autre méditation, exercice d’ascèse ou pratique religieuse, coupé de l’obéissance à laquelle S’est volontairement soumis notre adorable Jésus, celui-là est un voleur et un bandit qui renie la nécessité d’une médiation avec la Divinité, laquelle est figurée par l’image de la Porte et demeure à jamais la sainte Humanité du Christ (cf. le New-Age, les religions orientales et l’auto-rédemption).
  2. Maintenant, au dessus de la sainte Humanité du Christ, il y a la Personne même du Verbe fait chair, il y a le Portier qui dispose de la Porte pour le Salut des brebis, comme le Christ a disposé de Son Corps pour notre Rédemption. De même, au dessus de la contrition, il y a la conversion. La contrition, si elle est vraie, doit conduire à poser la question : « Frères, que devons-nous faire [2] ? » Alors jaillit la réponse : « Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au Nom de Jésus-Christ [3] ». La pénitence est la condition sine qua non pour s’unir au Christ glorifié et partager Sa Gloire. Le Portier n’ouvrira la porte qu’à ceux qui s’engagent à suivre la voie royale de la Croix, par laquelle on meurt à l’amour mensonger de soi-même et du monde pécheur pour ne plus se recevoir que de l’Amour de Dieu… « Frères, si l’on vous fait souffrir, [sachez que] c’est bien à cela que vous avez été appelés [4] ». « Détournez-vous de cette génération égarée, et vous serez sauvés [5] ». Détournez-vous, détournez-vous de cette génération égarée, qui refuse le droit de naître à ses enfants, aux handicapés, qui travaille à l’élimination des personnes âgées, qui veut marier les homosexuels et produire les hommes comme des choses, qui coupe les enfants des valeurs de la civilisation chrétienne et de la culture de leur nation, qui refuse de reconnaître la Royauté universelle et sociale de Jésus-Christ et de Lui rendre le culte public auquel Il a droit ! Le Christ Lui-même a souffert pour vous et vous a laissé Son exemple afin que vous suiviez Ses traces.
  3. Suivre les traces du Christ conduit à s’élever de l’amour de Son Humanité à l’adoration de Sa Divinité, à reconnaître en Lui le Portier du Royaume des Cieux. De la Porte au Portier il y a toute la distance du Chemin où le Christ Se fait berger afin de conduire en sécurité les âmes remuées jusqu’au fond d’elles-mêmes. Le bon Berger les mène vers les eaux tranquilles en leur donnant le pardon de leurs péchés, de sorte que leur conscience s’apaise, trouve enfin le repos. Il les fait revivre en leur donnant le Saint-Esprit, qui est la Vie nouvelle de Dieu en eux. Le don du Saint-Esprit est signifié dans le psaume [6] par ce parfum répandu sur la tête lors du Baptême et de la Confirmation, et qui donne à notre âme de déborder de joie et de grâce. Tout au long du chemin, la Croix du Christ, telle le bâton du bon Berger, nous guide et nous rassure : puisque Lui est passé par là pour nous, alors, nous aussi, sous Sa bannière, nous pouvons traverser les ravins de la mort, et ne craindre aucun mal ! La Croix, expression de la fidélité parfaite à l’Amour de Dieu, nous conduit par le fait même dans le juste chemin à l’honneur de Son Nom. Recevoir le don du Saint-Esprit, objet de la Promesse divine, c’est recevoir le Principe de l’union avec Dieu. Or, comment s’unir à Dieu sans une profonde purification, sans recevoir le pardon de ses péchés ? Il faut l’inconscience inouïe de ce qu’est Dieu et de ce qu’est l’homme pour communier sans se confesser ! Celui qui communie sans s’être confessé est un voleur et un bandit. Un voleur, puisqu’il s’approprie la Communion sans payer le prix que requiert le passage de la porte : l’humilité, la confession de ses péchés ; et un bandit puisqu’il méprise l’entrée commune.

Nous célébrons aujourd’hui la journée annuelle des vocations ; certes, il ne manque pas tant aujourd’hui de prêtres que de familles authentiquement chrétiennes, capables de témoigner joyeusement de leur foi, de discerner et d’encourager en leur sein les vocations dont l’Église a besoin. Mais méditons un instant sur cette figure du Pasteur dont Jésus S’est servi pour Se désigner. Jésus n’a revendiqué ni le titre de roi, ni celui de prêtre, ni celui de prophète pour désigner Son action, mais celui, inusité, de berger. Or les bergers étaient des gens méprisés dans la société de Son temps. Jésus laisse donc entendre que l’humilité doit être la qualité dominante de celui qui est chargé de conduire les âmes par la porte petite et étroite [7]. Le pasteur guide les brebis vers les prés d’herbe fraîche où Il les fait reposer, en leur montrant les chemins de la vie éternelle, en les écartant des voies de la perdition. Il les nourrit par Son enseignement, Sa foi et la sainteté de Sa vie. Il les sanctifie par le don de Son amour et de Sa vie. La fonction propre du pasteur consiste à animer et diriger la communauté. Le pasteur n’est pas un fonctionnaire, mais celui qui connaît personnellement les âmes qui lui sont confiées, et qui a la responsabilité terrible de les conduire au Ciel !… Le saint Curé d’Ars disait : « Je suis bien content d’être prêtre, mais je ne suis pas content d’être curé », tant il redoutait le Jugement Dernier au cours duquel il lui faudrait rendre compte de toutes les âmes à lui confiées pour qu’il les conduise au Ciel ! Mais aujourd’hui, combien qui ne croient plus au Jugement dernier ? Combien qui enseignent que Dieu est si bon que tout le monde ira au Paradis ? Mais si le prêtre n’est pas là pour arracher les âmes à l’enfer, pour continuer l’œuvre de Salut du Christ, je comprends que le nombre de prêtres diminue ! Il vous faut beaucoup prier pour vos pasteurs.

Et de même que le berger doit se différencier de ses brebis, de même le prêtre doit se différencier des fidèles (déjà par l’habit ecclésiastique). Si l’on voyait la grandeur de la dignité des prêtres, la sublime et surnaturelle puissance dont ils sont revêtus, quel grand respect ne leur donnerions-nous pas ? Le saint Curé d’Ars disait encore que s’il rencontrait un ange et un prêtre se promenant ensemble, il commencerait par saluer le prêtre… Et, en effet, ne sont-ils pas chargés de donner la Vie de Dieu aux hommes ?! Dieu Se donne par leur ministère ! Malheureusement, quelques-uns se recherchent eux-mêmes au lieu de chercher la seule gloire de Dieu. Beaucoup d’autres vont avec le monde, sachant cependant que le monde n’est pas de Dieu mais de Satan. « Détournez-vous de cette génération égarée [8] » et pervertie, demandait pourtant saint Pierre. Quelques uns trahissent Jésus, d’autres démolissent Son Règne dans les âmes, en semant erreurs et hérésies. D’autres sont arides et froids, par carence de la sève vitale de l’âme, l’amour, dont la vraie nourriture est la souffrance.

Prions en ce jour, et offrons-nous nous mêmes à la réparation, à la pénitence et à la prière, afin que tous les prêtres se convertissent, et que de nouveaux et saints prêtres nous soient donnés ! Envoie, Seigneur, des ouvriers à Ta moisson : elle est abondante et les ouvriers sont peu nombreux [9] !

1. Cf. Jn 10 1-10.

2. Ac 2 37.

3. Ac 2 38.

4. 1 P 2 20-21.

5. Ac 2 40.

6. Ps 22.

7. Cf. Mt 7 14.

8. Ac 2 40.

9. Cf. Mt 9 37-38  Lc 10 2.