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Sermon pour le dixième Dimanche du Temps ordinaire (année B)

(Liturgie de la Parole : Gn 3 9-15 ; Ps 129 ; 2 Co 4 13 – 5 1 ; Mc 3 20-35)


« Peut-être que le plus grand péché dans le monde d’aujourd’hui, c’est que les hommes ont commencé à perdre le sens du péché [1] », et notamment la notion de « péché originel » qui est une clé de lecture indispensable du réel, sans laquelle la misère du monde, avec son cortège d’injustices, de souffrances, et sa négation même qu’est la mort, nous est incompréhensible. Et cette soif perpétuelle de notre cœur d’« autre chose »… comme le goût d’un paradis perdu ?…

Malheur à ceux qui en font un mythe, et définissent le péché comme une « erreur », voire une « imperfection » dans l’évolution nécessairement positive de l’humanité, mais non pas comme « exclusion de Dieu, rupture avec Dieu, désobéissance à Dieu » (et ils ne sont pas rares à en parler ainsi, même dans les sphères intellectuelles de l’Église…) car le Sauveur n’est pas venu pour eux ! Il est venu pour les pécheurs, non pour les justes [2], non pour ceux qui refusent de reconnaître la distance infinie qui les sépare de Dieu ! Abîme qu’a creusé le refus d’Adam pour l’humanité entière dont il est le premier père… mais que la Divine Miséricorde a comblé en la personne de Jésus-Christ.

Refuser de reconnaître son péché et d’accueillir la Miséricorde Divine est le sommet de la perversion de l’intelligence et du cœur qui conduit l’homme à « appeler bien ce qui est mal et mal ce qui est bien, à faire de l’amer le doux et du doux l’amer [3] ».

Et pourquoi Dieu ne pardonnerait-Il pas aussi ce péché-là ?

Parce que, précisément, Dieu n’a rien à pardonner à « Dieu » !…

Y a-t-il pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ?

Le Seigneur peut guérir tous les aveugles – sauf celui qui ne veut pas voir !

« Si la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres [4] ! », dit le Seigneur.

Mais pour celui qui accueille l’amour miséricordieux du Seigneur, tout est grâce, au point que les souffrances du temps présent ne sont rien à comparer de la masse de gloire éternelle [5] dont elles sont la promesse dans le Christ crucifié, ressuscité et monté aux Cieux. Alléluia !

Heureux celui qui comprend ce que c’est que d’aimer Jésus-Christ !

1. Pie XII, Radiomessage au Congrès national catéchistique des États-Unis, 26 octobre 1946 (La Documentation catholique, n. 979, 8 décembre 1946, col. 1380).

2. Cf. Mt 9 13.

3. Cf. Is 5 20.

4. Mt 6 23.

5. Cf. Rm 8 18 ; 2 Co 4 17.