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Sermon pour le dix-septième Dimanche du Temps ordinaire (année C)

(Liturgie de la Parole : Gn 18 20-32 ; Ps 137 ; Col 2 12-14 ; Lc 11 1-13)


Dimanche dernier nous relisions comment Abraham, offrant l’hospitalité à trois mystérieux Étrangers – préfiguration de la Sainte Trinité –, reçut d’Eux, en témoignage de reconnaissance, la promesse d’une descendance miraculeuse [1]… signature divine de ses Visiteurs… Aujourd’hui, Dieu, étant tellement assoiffé de trouver un cœur qui L’aime, Se laisse vite séduire par l’amitié que Lui offre Abraham, et lui ouvrant tout de suite Son Cœur, lui révèle Ses projets immédiats : détruire Sodome et Gomorrhe !

Ces cités sont coupables du péché contre nature qui est une grave injure adressée au Créateur. C’est comme si on Lui disait : « Tu ne sais pas y faire. Tu m’as fais ainsi, Tu T’es trompé, c’est ainsi que je devrais être. Moi, je connais mieux que Toi ce que je suis vraiment et dois être, et je ne suis pas d’accord pour être qui Tu veux que je sois. » L’activité homosexuelle, en rejetant la complémentarité des sexes, refuse l’Alliance, l’Alliance de Dieu avec l’Humanité et l’alliance de l’homme et de la femme qui en est l’image. L’homme et la femme sont appelés, par la complémentarité de leur union – image de l’unité intérieure du Créateur – à transmettre la vie ! L’homosexualité refuse que l’existence soit vécue sous la forme de ce don de soi capable de transmettre la vie – ce qui est l’essence même de la vie chrétienne. Aussi saint Paul compte-t-il parmi ceux qui n’entreront pas au Paradis quiconque se livre à l’homosexualité [2]. Or aujourd’hui les lobbies homosexuels, avec l’appui du gouvernement et de notre maire, veulent transformer notre patrie en une nouvelle Sodome, où soit reconnue la cohabitation homosexuelle à l’égal du mariage, en attendant de revendiquer le droit au remboursement de la procréation médicalement assistée et celui d’adopter des enfants ! Mais ce que Dieu a fait à la Genèse – en détruisant Sodome et Gomorrhe – se retrouvera à l’Apocalypse, nous dit l’Écriture. Dieu est le même, Il est « l’Alpha et l’Oméga [3] ». Il ne change pas, et ce qui hier méritait la destruction le mérite pareillement aujourd’hui, et même plus encore, en raison de la lumière de la Révélation qui a illuminé de façon définitive la vérité de notre condition !

Pour sauver cette « génération dévoyée et pervertie [4] », Dieu demande des âmes de prière, des âmes d’intercession, à l’exemple d’Abraham ! Car même si la Justice divine demande que soit punie toute offense blessant la Sainteté de Dieu, la Miséricorde cherche à sauver. Si Dieu avait voulu purement et simplement détruire Sodome et Gomorrhe, Il ne Se serait pas embarrassé de S’en ouvrir à Abraham… Dieu ne nous a pas fait pour nous détruire, et Il répugne à livrer à la mort Son Œuvre ; aussi entreprend-Il de la sauver, et, pour cela, Il cherche un intercesseur, un médiateur… Abraham, en raison de son amitié pour Dieu, va jouer ce rôle. Il commence sa plaidoirie non pas en plaidant la non-culpabilité des accusés, mais en s’appuyant sur l’absolue différence qui sépare le bien et le mal et rend incompatible la sainteté de Dieu et le péché :

« Faire mourir le juste avec le pécheur, traiter le juste de la même manière que le pécheur, quelle horreur ! Celui qui juge toute la terre va-t-Il rendre une sentence contraire à la justice [5] ? »

Ce n’est donc pas parce que le pécheur ne mériterait pas la mort qu’intervient Abraham, mais parce que le juste, lui, ne la mérite pas… Il faut donc trouver ce poids de justice qui neutralisera, dans la même nature humaine, le poids d’injustice qui l’entraine à la mort. Abraham, dizaine après dizaine, en arrive à ne pas même trouver dix justes dans ces villes, et s’il n’ose pas descendre jusqu’à un, c’est parce que lui-même ne pourrait pas être celui-là !…

Cet unique Juste capable de sauver la multitude pécheresse sera Jésus, Dieu incarné, Dieu assumant la nature humaine pour lui communiquer le contre-poids de Sa sainteté infinie.

En conséquence de notre baptême qui nous a incorporés au Christ mort et ressuscité, nous sommes devenus participants de Sa Mission d’intercession et de salut, par laquelle « Il nous a pardonné tous nos péchés [6] ». Sa prière est devenue notre prière. Nous osons dire à Dieu : « Notre Père [7]… » et demander avec la confiance d’un ami qui ne craint pas de déranger même en pleine nuit [8] ! Mais que l’on demande ! Si l’on savait quelle soif le Seigneur a de faire grâce ! Pourquoi a-t-Il versé Son Sang sur la Croix, sinon pour qu’Il régénère les âmes ? Mais ce Sang, il faut que les âmes viennent Le chercher par une prière ardente et toute de foi. Que l’on vienne ! Par pitié, que l’on vienne ! Que d’autres viennent pour celles qui ne viennent pas. Demandez avec une foi simple, entière, confiante, qui ose demander avec hardiesse, même des miracles de grâces. « Demandez, vous obtiendrez [9] », dit le Seigneur. Mais demandez ! Son Sang est là, qui attend nos prières pour Se répandre dans les âmes, les purifier et les sanctifier. Notre Dieu est un Dieu d’Amour, de Pardon et de miséricorde qui veut que le désir et le besoin de réparer se réveillent et grandissent parmi les âmes fidèles, car le monde pèche gravement… Oui, le monde, les nations excitent en ce moment la Colère divine. Mais Dieu qui veut régner par l’Amour demande des âmes, à l’instar d’Abraham, qui sachent s’offrir en victimes d’amour pour obtenir le pardon et attirer de nouvelles grâces à notre pays. Lorsqu’une âme aime Dieu, elle ne peut pas ne pas souffrir de Le voir offensé. Elle reconnaît sa propre faute, son ingratitude, comme aussi l’aveuglement du prochain, et elle en éprouve une douleur intolérable. Alors elle supplie et s’offre à souffrir elle-même, en union avec Jésus crucifié, toutes les peines engendrées par les péchés. Elle veut réparer. Elle veut être co-rédemptrice.

C’est le sens même des paroles de la Vierge Marie dans ses multiples apparitions angoissées. Ainsi dit-elle aux petits bergers de Fatima :

« Sacrifiez-vous pour les pécheurs et dites souvent, spécialement lorsque vous ferez des sacrifices : “Ô Jésus, c’est pour Votre Amour, pour la conversion des pécheurs et en réparation des péchés commis contre le cœur immaculé de Marie”. »

L’Ange leur disait la même chose :

« Priez, priez beaucoup. Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices. De tout ce que vous pourrez, offrez un sacrifice au Seigneur en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est Lui-même offensé et de supplication pour la conversion des pécheurs. Attirez ainsi la paix sur votre patrie. Surtout, acceptez et supportez avec soumission et amour les souffrances que le Seigneur vous enverra. »

Il leur enseigna ensuite la prière suivante :

« Mon Dieu ! Je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne Vous croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne Vous aiment pas. »

Marthe Robin, qui avait accueilli l’invitation de la Vierge à se consacrer à son Cœur immaculé, seul refuge des vrais croyants de ce temps, nous exhorte à la consécration victimale totale :

« Prenez-vous tout entier, disait-elle, sans faire de réserve, et offrez-vous à Dieu avec Jésus, la divine Victime sans cesse immolée au Saint Sacrifice de l’autel pour le salut de tous »…

Voilà ce que nous sommes venus faire ce matin : offrir la divine Victime « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Mais comment offrir au Père le Sacrifice de Son Fils sans s’offrir soi-même comme Lui, par Lui, avec Lui et en Lui ? Alors, revêtus de la puissance de Son Sang et de Ses Mérites, nous serons puissants pour travailler en Son Nom et à Sa Gloire. Voudrions-nous que le Sang du Christ ait été versé en vain pour tant d’âmes qui n’ont personne d’autre que nous pour en demander la grâce ?

« Beaucoup d’âmes vont en enfer, disait la Vierge, parce qu’il n’y a personne qui prie et se sacrifie pour elles »…

1. Cf. Gn 18 1-10.

2. Cf. 1 Co 6 9.

3. Ap 1 8.

4. Ph 2 15.

5. Gn 18 25.

6. Col 2 13.

7. Mt 6 9.

8. Cf. Lc 11 5-8.

9. Lc 11 9.