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Sermon pour le Dimanche de la Pentecôte

(Liturgie de la Parole : Ac 2 1-11 ; Ps 103 ; 1 Co 12 3…13 ; Jn 20 19-23)


La fête que nous célébrons aujourd’hui a des racines qui remontent à plus de trois mille ans d’âge… Elle a été instituée par Moïse pour commémorer après la fête de Pâque, qui elle célèbre la libération de l’esclavage de l’Égypte, l’entrée des Hébreux dans la Terre Promise. Après quarante années passées dans l’aridité du désert, l’entrée dans ce qui allait devenir Israël était synonyme d’abondance, de sécurité et de vie. Aussi, en signe de reconnaissance pour les biens accordés par Dieu, offrait-on chaque année, à la Pentecôte, les premiers fruits de la terre et les premiers-nés du troupeau, les « prémices [1] ». Puis, à cette fête, a été rattachée la commémoration du don des Dix Commandements et de l’Alliance dont ils sont essentiellement constitutifs. Par cette Alliance, moyennant l’accomplissement des Commandements, le peuple hébreu devenait le peuple de Dieu. Et aujourd’hui encore le peuple juif, en célébrant la fête de la Pentecôte, célèbre l’anniversaire de sa naissance en tant que peuple ; peuple choisi par Dieu pour porter témoignage de la Vérité et de la Sainteté divine auprès des autres nations.

Cette circonstance nous aide à comprendre pourquoi Jésus choisit le jour de Pentecôte pour envoyer Son Esprit : de même qu’Il avait choisi la fête de Pâque pour accomplir ce que cette fête préfigurait, le Passage de ce monde de péché à la Vie divine en Lui, véritable Agneau pascal, par Sa Mort et Sa Résurrection, de même, aujourd’hui, Jésus choisit-Il la fête de Pentecôte pour constituer le nouveau Peuple de Dieu, relié à Dieu non plus par la connaissance et la pratique extérieure et imparfaite des Commandements, mais par l’Esprit de Dieu Lui-même, Qui est la Connaissance dont Dieu Se connaît et l’Amour dont Dieu S’aime Lui-même… Aujourd’hui s’accomplit cette prophétie d’Ézéchiel :

« Je vous donnerai un cœur nouveau, Je mettrai en vous un esprit nouveau. Je mettrai Mon Esprit en vous et Je ferai que vous marchiez selon Mes lois et que vous observiez Mes coutumes [2]. »

La Pentecôte est le jour de naissance de ce peuple annoncé à Israël et qui est l’Église. De même que Dieu modela l’homme avec la glaise du sol puis insuffla dans ses narines une haleine de vie, et l’homme devint un être vivant [3], chargé de transmettre à son tour la vie reçue, de même en ce jour Dieu recrée l’humanité en envoyant Son Esprit à cette portion d’humanité rassemblée en Son Nom, avec mission de Le communiquer à son tour en proclamant dans toutes les langues de la terre les merveilles de Dieu.

C’est ce même Esprit que Jésus donne à Ses Apôtres en soufflant sur eux pour leur communiquer Son pouvoir proprement divin de remettre les péchés [4], car c’est pour cela que le Fils de Dieu est apparu : « pour ôter les péchés [5] » et délivrer ainsi la Création de ce qui la séparait à jamais de Dieu, Lui Qui est la Source de la Vie. Ceci nous rappelle que cette année préparatoire au Jubilé de l’An 2000 est notamment consacrée à la méditation du sacrement de pénitence, et je vous invite à remarquer comment Jésus confie l’absolution des péchés au jugement des confesseurs : « Ceux à qui vous remettrez les péchés ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus [6] ». L’absolution n’est donc pas automatique ; il est possible de ne pas être pardonné. C’est là une mauvaise nouvelle pour les gens qui se laissent aller à penser que Dieu est si bon que tout le monde sera nécessairement sauvé… en conséquence de quoi ils n’ont pas besoin, bien sûr, de se confesser… faisant de Jésus un idiot qui invente un sacrement inutile ! En fait, plusieurs conditions doivent être remplies pour que le pardon puisse être donné et reçu, et c’est sur leur réalité que doit s’exercer le jugement des confesseurs.

« Il est bon pour vous que Je M’en aille, disait Jésus, car si Je ne M’en vais pas, le Saint-Esprit ne viendra pas à vous. Mais si Je M’en vais, Je vous L’enverrai. […] Je ne vous laisserai pas orphelins, Je reviendrai vers vous [7] ». C’est par l’habitation en nous du Saint-Esprit, qui est « la rémission des péchés », avec Qui Jésus ne fait qu’Un, que Jésus passe de l’extérieur à l’intérieur de nous, et devient ainsi principe en nous d’une nouvelle vie. En vertu de cette unité de vie, nous Lui devenons « une humanité de surcroit », les membres de Son Corps, qui est l’Église. Dès lors, qu’est ce qu’un chrétien ? Un chrétien est celui qui a en soi l’Esprit du Christ et Lui obéit pour vivre intérieurement et extérieurement comme Jésus-Christ. Sans le Saint-Esprit personne n’est capable de dire : « Jésus est le Seigneur [8] », c’est-à-dire n’est capable de connaître la vraie personnalité de Jésus – qui est Dieu le Fils – et par conséquent de recevoir Sa Vie. Seul l’Esprit-Saint qui est en Dieu le Principe de con-naissance et d’amour qui unit le Père et le Fils révèle Qui est Dieu, et donc Qui est Jésus. Le Lien qui unit le Père et le Fils devient alors Celui qui unit les chrétiens entre eux. C’est pourquoi l’Église ne peut être connue que comme objet de foi. Elle se distingue de toutes les autres sociétés d’ici-bas qui ne peuvent offrir à leurs membres une unité affectant leur être même. Seule l’Église a le pouvoir de transformer intérieurement les hommes en leur communiquant, avec le pardon des péchés, la vie surnaturelle de la grâce.

L’Église est ce peuple nouveau, constitué de pécheurs pardonnés, sauvés, joyeux de proclamer les merveilles de Celui qui les a tant aimés. Et nous, et moi, sommes-nous fidèles à proclamer les merveilles de Dieu ?

Ô Marie, épouse de l’Esprit et mère de l’Église, nous offrons au Dieu trois fois Saint les gémissements de ton cœur immaculé pour demander la conversion des pauvres pécheurs et le don de l’Esprit-Saint !

Viens, Esprit-Saint, viens en nous, père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs, viens et embrase-nous du Feu divin de la Charité, consume-nous et transforme-nous en de vives flammes d’amour pour que nous puissions aller répandre partout la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ mort et ressuscité ! Amen ! Alléluia !

1. Cf. Ex 23 16.

2. Cf. Ez 36 26-27.

3. Cf. Gn 2 7.

4. Cf. Jn 20 22-23.

5. 1 Jn 3 5.

6. Jn 20 23.

7. Jn 16 7, 14 18.

8. Cf. 1 Co 12 3.