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Les juifs, à part ?

Le discours prononcé par le cardinal de Paris lors de la séance inaugurale de la 21e session du Comité de liaison catholique-juif international [1], qui s’est tenue au collège des Bernardins le 27 février dernier, me semble témoigner d’une curieuse conception de la mission de l’Église.

Normalement, l’Église n’a pas d’autre charité à offrir que l’amour sauveur de Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes, et si pas une fois dans ce discours le Nom ou l’œuvre de Jésus ne sont mentionnés, il y est cependant question de « fraternité ». Mais de quelle fraternité peut-il s’agir, puisque Dieu demande de ne pas former « d’attelage disparate avec des infidèles [2] », et que les juifs refusent la nouvelle Alliance annoncée par leurs Prophètes [3] et accomplie en Jésus de Nazareth ?

« Quel rapport entre la justice et l’impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente entre le Christ et Béliar ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle [4] ? »

Saint Paul a beau déclarer « ennemis de tous les hommes [5] » ceux qui rejettent la foi au Christ, et le doux saint Jean demander à ce qu’on ne les reçoive pas chez soi [6], le cardinal Vingt-Trois est capable, lui, de trouver une fraternité entre ceux qui accueillent le Christ et ceux qui Le rejettent, et non en vertu de leur commune nature humaine, mais en vertu d’une « reconnaissance religieuse »… Grâce à celle-ci, ceux qui rejettent le Christ auraient même « une mission particulière » à l’égard des chrétiens [7] !

Le cardinal de Paris enseigne que la mission des chrétiens à l’égard des juifs n’est pas de les appeler à accueillir Jésus de Nazareth comme le Messie promis à leur peuple, en sorte qu’il n’y ait plus « ni juif ni Grec [8] », mais de reconnaître que les juifs doivent rester juifs, et les chrétiens, chrétiens : « ensemble et différents pour la gloire du Seigneur [9] » ! Lorsque le cardinal de Paris invite les uns et les autres à se « tourner vers l’avenir et à lever les yeux comme le fit Abraham lorsqu’il voulut discerner l’accomplissement de la Promesse [10] », que fait-il d’autre que de cacher face aux juifs que cette Promesse a déjà bel et bien été accomplie, en sorte qu’il n’y a plus lieu de lever les yeux au Ciel [11], mais qu’à recevoir le baptême ? Et parce qu’il a renié la foi qui lui ferait demander aux juifs de devenir chrétiens [12], il pèche en conséquence aussi contre l’espérance en ne désirant pas autre chose pour demain « que la lumière enfin retrouvée [13] permette aux catholiques d’être plus catholiques et aux juifs d’être plus juifs, ensemble et différents pour la gloire du Seigneur [14] » ! Comment peut-il être possible de glorifier le Seigneur en rejetant Son Fils ?!

En fait, celui qui s’exprime en tant que cardinal de Paris et Président de la Conférence des Évêques de France ne fait que se conformer à la Déclaration du même Comité cosignée à New-York en 2001 par des personnalités catholiques aussi éminentes que les cardinaux Walter Kasper, Edward Idris Cassidy, ou Son Excellence Mgr Marc Ouellet. Le cardinal Walter Kasper, alors Président de la Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec le judaïsme, n’avait pas craint d’affirmer que l’alliance juive n’a pas été révoquée et reste donc efficace du point de vue salvifique pour les juifs, et de formuler l’engagement que l’Église ne déploie aucune activité missionnaire visant à convertir les juifs [15]… Dire que l’alliance juive n’a pas été révoquée et reste efficace pour les juifs a des conséquences énormes, puisque cela revient à dire que saint Paul et toute l’Église se sont trompés en enseignant que Dieu lui en a substitué « une seconde [16] », [7] que les juifs sont des hommes à part qui n’ont pas besoin de Jésus-Christ [17] – ce qui expliquerait que l’Église ne doive pas chercher à les baptiser –, et que Jésus n’est donc pas le Sauveur de tous les hommes, Lui que pourtant « Dieu a exalté par Sa droite, Le faisant Chef et Sauveur, afin d’accorder par Lui à Israël la repentance et la rémission des péchés [18] »… À moins qu’il ne soit que trop manifeste que les chefs du peuple chrétien le conduisent tranquillement dans l’apostasie ?

Si celui qu’il convient d’appeler le cardinal de Paris est capable de trouver « la haine » d’un Jules Isaac, victime de persécution, « légitime [19] », et non pas « compréhensible », je crains fort qu’il ne rencontre un jour celle de Dieu, tant il est vrai que « Qui n’est pas avec Moi est contre Moi [20] » ! En attendant, se réalise certainement la prophétie donnée par la Vierge Marie lors de ses apparitions reconnues à Akita :

« Le travail du Diable s’infiltrera dans l’Église, qui sera alors pleine de ceux qui acceptent les compromissions »…

1. Cf. La Documentation catholique, n. 2464, 20 mars 2011, pp. 304-306.

2. 2 Co 6 14.

3. Cf. Is 55 3, 61 8 ; Jr 31 31, 32 40.

4. 2 Co 6 14-15.

5. 1 Th 2 15.

6. Cf. 2 Jn 7-11.

7. Vingt-Trois (André), loc. cit., p. 305.

8. Ga 3 28 ; cf. Rm 10 12.

9. Vingt-Trois (André), loc. cit., p. 306.

10. Ibid.

11. Cf. Ac 1 11.

12. Cf. Ac 2 36-41.

13. Quelle est cette lumière que les catholiques auraient donc perdue ?

14. Vingt-Trois (André), ibid.

15. Cf. Kasper (Walter), Conférence sur la Déclaration Dominus Iesus, 1er mai 2001, n. 3 (La Documentation catholique, n. 2255, 7 octobre 2001, p. 858) ; cf. Pagès (Guy), « Pour le rétablissement de la Sainte Inquisition ! », Regnat, n. 19, 15 juin 2007, pp. 7-9.

16. He 8 7.

17. Cf. Mc 16 16 ; Jn 3 5 ; Rm 10 1-18 ; He 12 18-29.

18. Ac 5 31.

19. Vingt-Trois (André), loc. cit., p. 305.

20. Mt 12 30.