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Réflexions diverses

MahometLes événements de ces dernières semaines, complaisamment relayés et exploités par les mass media (à qui profite le crime ?), m’inspirent des sentiments partagés.

D’abord, et je le dis tout net au risque d’en irriter certains, une réelle admiration devant la mobilisation de centaines de milliers de musulmans à travers le monde, manifestant publiquement leur indignation après la publication de caricatures jugées blasphématoires. Que ces manifestations aient été l’occasion de violences – parfois criminelles – inacceptables, qu’elles aient pu être récupérées – voire suscitées – par des mouvements extrémistes, qu’elles aient permis de détourner l’attention de populations plus ou moins défavorisées des problèmes sociaux auxquels elles sont confrontées quotidiennement, etc., n’y change rien : quel contraste avec l’apathie des chrétiens !

Ainsi, Silvio Berlusconi, chef du gouvernement italien, aurait tort de se gêner, qui, pour l’ouverture de sa campagne électorale, n’hésite pas à proclamer (un dimanche [1], qui plus est) : « Je suis le Jésus-Christ de la politique. » Que ce pornocrate sans foi ni loi ose se comparer avec le Sauveur du monde n’empêchera nullement de nombreux catholiques italiens de lui accorder leurs suffrages lors des prochaines élections législatives…

Enfin, cette mobilisation des musulmans m’a paru amplement justifiée par le caractère effectivement injurieux des caricatures publiées dans la presse. On peut, et on doit, critiquer l’islam – nous ne nous en sommes pas privés […], et nous allons poursuivre […] –, mais que la critique soit juste ! L’une des caricatures controversées, Mahomet avec une bombe en guise de turban [reproduite ci-dessus], amalgame islam et terrorisme : Dieu merci, tous les musulmans ne sont pas des terroristes ! Et tous les terroristes ne sont pas musulmans : Bande à Baader, Brigades rouges, Sentier lumineux, Action directe, anarchistes et indépendantistes de tous horizons n’ont jamais eu besoin du Coran pour justifier leurs attentats.

Mais par ailleurs, beaucoup de commentaires lus et entendus ici ou là nécessitent quelques rappels.

L comme Liberté d’expression

On en a beaucoup appelé à la « liberté d’expression » pour affirmer le droit de publier ces fameuses caricatures. On en parlait beaucoup moins à propos du député Christian Vanneste, traîné il y a peu devant un tribunal et condamné pour avoir osé émettre des doutes quant à la normalité de certaines pratiques sexuelles, mais passons. Nous savions déjà que « tout le monde n’a pas la même conception de la liberté d’expression [2]. » L’important est donc de savoir quelle est la conception de l’Église catholique en la matière, conception que les catholiques doivent faire leur.

« Dans une société d’hommes, la liberté digne de ce nom ne consiste pas à faire tout ce qui nous plaît : ce serait dans l’État une confusion extrême, un trouble qui aboutirait à l’oppression ; la liberté consiste en ce que, par le secours des lois civiles, nous puissions plus aisément vivre selon les prescriptions de la loi éternelle. »

Léon XIII, Lettre encyclique De libertate humana, 20 juin 1888 (Lettres apostoliques de S. S. Léon XIII. Encycliques, brefs, etc., tome II, Paris, La Bonne Presse, [s. d.], p. 183).

« Au sujet de la liberté d’exprimer par la parole ou par la presse tout ce que l’on veut : assurément, si cette liberté n’est pas justement tempérée, si elle dépasse le terme et la mesure, une telle liberté, il est à peine besoin de le dire, n’est pas un droit, car le droit est une faculté morale, et, comme nous l’avons dit et comme on ne peut trop le redire, il serait absurde de croire qu’elle appartient naturellement, et sans distinction ni discernement, à la vérité et au mensonge, au bien et au mal. Le vrai, le bien, on a le droit de les propager dans l’État avec une liberté prudente, afin qu’un plus grand nombre en profite ; mais les doctrines mensongères, peste la plus fatale de toutes pour l’esprit ; mais les vices qui corrompent le cœur et les mœurs, il est juste que l’autorité publique emploie à les réprimer sa sollicitude, afin d’empêcher le mal de s’étendre pour la ruine de la société. Les écarts d’un esprit licencieux, qui, pour la multitude ignorante, deviennent facilement une véritable oppression, doivent justement être punis par l’autorité des lois, non moins que les attentats de la violence commis contre les faibles. Et cette répression est d’autant plus nécessaire que contre ces artifices de style et ces subtilités de dialectique, surtout quand tout cela flatte les passions, la partie sans contredit la plus nombreuse de la population ne peut en aucune façon, ou ne peut qu’avec une très grande difficulté se tenir en garde. Accordez à chacun la liberté illimitée de parler et d’écrire, rien ne demeure [11] sacré et inviolable, rien ne sera épargné, pas même ces vérités premières, ces grands principes naturels que l’on doit considérer comme un noble patrimoine commun à toute l’humanité. Ainsi, la vérité est peu à peu envahie par les ténèbres, et l’on voit, ce qui arrive souvent, s’établir avec facilité la domination des erreurs les plus pernicieuses et les plus diverses. Tout ce que la licence y gagne, la liberté le perd ; car on verra toujours la liberté grandir et se raffermir à mesure que la licence sentira davantage le frein.

« Mais s’agit-il de matières libres que Dieu a laissées aux disputes des hommes, à chacun il est permis de se former une opinion et de l’exprimer librement ; la nature n’y met point d’obstacle ; car une telle liberté n’a jamais conduit les hommes à opprimer la vérité, mais elle leur donne souvent une occasion de la rechercher et de la faire connaître. »

Ibid. (loc. cit., p. 197).

« La liberté de penser et de publier ses pensées, soustraite à toute règle, n’est pas de soi un bien dont la société ait à se féliciter ; mais c’est plutôt la source et l’origine de beaucoup de maux. – La liberté, cet élément de perfection pour l’homme, doit s’appliquer à ce qui est vrai et à ce qui est bon. Or, l’essence du bien et de la vérité ne peut changer au gré de l’homme, mais elle demeure toujours la même, et non moins que la nature des choses elle est immuable. Si l’intelligence adhère à des opinions fausses, si la volonté choisit le mal et s’y attache, ni l’une ni l’autre n’atteint sa perfection, toutes deux déchoient de leur dignité native et se corrompent. Il n’est donc pas permis de mettre au jour et d’exposer aux yeux des hommes ce qui est contraire à la vertu et à la vérité, et bien moins encore de placer cette licence sous la tutelle et la protection des lois. Il n’y a qu’une voie pour arriver au Ciel, vers lequel nous tendons tous : c’est une bonne vie. L’État s’écarte donc des règles et des prescriptions de la nature, s’il favorise à ce point la licence des opinions et des actions coupables, que l’on puisse impunément détourner les esprits de la vérité et les âmes de la vertu. »

Léon XIII, Lettre encyclique De civitatum constitutione christiana, 1er novembre 1885 (loc. cit., p. 39).

Dans un célèbre roman, prémonitoire à plus d’un titre, George Orwell avait ciselé cette petite sentence : « La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit [3]. » Affirmer que Mahomet est un prophète, ce n’est pas être libre, c’est être prisonnier du « père du mensonge [4] ». Libérons les musulmans !

T comme Tolérance

Seule la vérité à le droit d’être exprimée ; l’erreur ne peut qu’être réfutée. Dans l’affaire qui nous occupe, c’est donc au bénéfice de la seule vraie religion, la religion catholique, que doit être invoquée la liberté d’expression. Quant à l’islam, qui n’est qu’un tissu d’erreurs et de mensonges - comme nous le montrerons plus loin –, il doit être combattu, au nom de la vérité.

Pour autant, et comme il fallait s’y attendre, d’aucuns n’ont pas manqué de s’en prendre à la religion en général, vecteur d’intolérance bien connu… Ah ! La tolérance ! Quelle belle chose que voilà, n’est-ce pas ? On nous en rebat les oreilles à longueur de journée, et on sait bien forcer à être tolérant qui ne le veut pas (voir le cas de Christian Vanneste évoqué plus haut)… Mais qu’en dit l’Église ?

Consultons l’index du Catéchisme de l’Église Catholique à la lettre « T » : théologie, théophanie, tombeau, torture… Tiens ! Tolérance n’y figure pas [5] ! Il n’y a rien d’étonnant à cela : la tolérance n’est pas une vertu chrétienne. Elle n’est d’ailleurs pas une vertu du tout :

« [C’est] une faiblesse, et presque une lâcheté. Tolérer toutes les opinions ; tolérer l’opinion de mon frère, si mon frère s’abuse et s’il va perdant son âme ; tolérer l’opinion des faux prophètes et des menteurs – autant vaudrait se déclarer ouvertement complice de la fausseté et de l’erreur. Le devoir consiste, au contraire, à dessiller les yeux de ceux qui s’aveuglent, à ramener dans la voie droite ceux qui dévient. Sans doute il ne faut pas brusquer les consciences : mais faut-il les abandonner, quand on sait que la vérité est une, et que de la connaissance de la vérité dépend le salut éternel ? Le devoir défend d’être tolérant, et la charité. Dès lors, les tolérants ne sauraient être que des sociniens déguisés, des gens qui effacent les caractères auxquels on reconnaît la véritable Église, des gens qu’acceptent tous les hérétiques dans la communion de la foi ; des sceptiques, professant l’indifférence des religions ; des rebelles ; des esprits forts [6]. »

Dans la langue théologique, la tolérance s’appelle l’indifférence religieuse (c’est à la lettre « I » de l’index du Catéchisme qu’il faut donc regarder). Revendiquons le droit à l’intolérance ! [12]

V comme Vérité

Le fait est qu’il n’y a rien de plus intolérant que la vérité : elle ne supporte ni l’erreur, ni le mensonge. Et nous touchons là le fond du sujet qui nous occupe : quelle est la vérité de l’islam ? C’est la seule question qui mérite d’être posée (mais que les mass media se sont bien gardés d’aborder).

« [Les Détenteurs de l’Écriture [7]] on dit : “N’entreront au Jardin que ceux qui sont Juifs et Chrétiens.” Voilà leurs chimères. Réponds : “Donnez votre démonstration ! si vous êtes véridiques [8].” »

Eh bien ! nous allons relever le défi. Comme il ne saurait y avoir le moindre doute à l’endroit du Coran [9], il nous suffira d’en lever un seul pour ruiner l’édifice.

Voici un passage clé, que tous les chrétiens en situation de dialogue avec l’islam doivent connaître :

« [Nous les avons maudits [10]] à cause de leur incrédulité, pour avoir dit, contre Marie, une immense infamie, pour avoir dit : “Nous avons tué le Messie, Jésus fils de Marie, l’Apôtre d’Allah !”, alors qu’ils ne l’ont ni tué ni crucifié, mais que son sosie a été substitué à leurs yeux. En vérité, ceux qui s’opposent, à l’égard de [Jésus], sont certes dans un doute à son endroit. Ils n’ont nulle connaissance de [Jésus] ; ils ne suivent que conjecture et n’ont pas tué [Jésus] en certitude. Tout au contraire, Allah l’a élevé vers Lui [11]. »

De deux choses l’une : soit Jésus a été crucifié, soit Il ne l’a pas été [12]. Il est impossible de tenir les deux propositions pour vraies ensemble ; l’une des deux est fausse. Les chrétiens, qui professent depuis bientôt deux mille ans que Jésus-Christ a été « crucifié pour nous sous Ponce Pilate », se tromperaient-ils ?

Or la thèse de la substitution est presque aussi vieille que le christianisme. Dans sa monumentale somme Contre les hérésies, saint Irénée de Lyon (c. 135-200) expose en détail la doctrine d’un certain Basilide :

« Le Père inengendré et innommable, voyant la perversité des Archontes, envoya l’Intellect, son Fils premier-né – c’est lui qu’on appelle le Christ – pour libérer de la domination des Auteurs du monde ceux qui croiraient en lui. Celui-ci apparut aux nations de ces Archontes, sur terre, sous la forme d’un homme, et il accomplit des prodiges. Par conséquent, il ne souffrit pas lui-même la Passion, mais un certain Simon de Cyrène fut réquisitionné et porta sa croix à sa place. Et c’est ce Simon qui, par ignorance et erreur, fut crucifié, après avoir été métamorphosé par lui pour qu’on le prît pour Jésus ; quant à Jésus lui-même, il prit les traits de Simon et, se tenant là, se moqua des Archontes. Étant en effet une Puissance incorporelle et l’Intellect du Père inengendré, il se métamorphosa comme il voulut, et c’est ainsi qu’il remonta vers Celui qui l’avait envoyé, en se moquant d’eux, parce qu’il ne pouvait être retenu et qu’il était invisible à tous. Ceux donc qui “savent” cela ont été délivrés des Archontes auteurs du monde. Et l’on ne doit pas confesser celui qui a été crucifié, mais celui qui est venu sous une forme humaine, a paru crucifié, a été appelé Jésus et a été envoyé par le Père pour détruire, par cette “économie”, les œuvres des Auteurs du monde. Si quelqu’un confesse le crucifié, dit Basilide, il est encore esclave et sous la domination de ceux qui ont fait les corps ; mais celui qui le renie est libéré de leur emprise et connaît l’“économie” du Père inengendré [13]. »

Cette thèse gnostique, qu’aucun argument sérieux ne peut étayer [14], aurait bien vite disparu dans les poubelles de l’histoire, si elle n’avait été resservie à Mahomet par son mentor, que nous avons déjà nommé : le « père du mensonge [15] ». Et c’est l’ensemble du Coran qui a ainsi été fabriqué à partir d’éléments préexistants : textes juifs, chrétiens, gnostiques. La démonstration en a été faite par le Père Hector Théry o. p. (1891-1959), dans une remarquable étude qu’il faut connaître [16].

« Bon nombre de ceux qui s’étaient adonnés à la magie apportaient leurs livres et les brûlaient en présence de tous [17]. » Montrons-nous les imitateurs des apôtres [18] : préparons les autodafés de demain !

1. Dimanche 12 février 2006. L’information a été reprise par toute la presse, ou presque.

2. Ménard (Robert), Secrétaire général de Reporters sans frontières, interviewé dans 20 minutes du 3 février 2006 (n. 899, p. 14).

3. Orwell (George), 1984, traduit de l’anglais par Amélie Audiberti, Paris, Gallimard, 1950 (collection « Folio », édition 1978, p. 119).

4. Jn 8 44.

5. Le mot figure néanmoins au n. 2382, pour rappeler que le Seigneur a abrogé les « tolérances » juives en matière de divorce… L’usage des adjectifs « toléré » (nn. 1737, 2279, 2383) et « intolérable » (nn. 2297, 2329), et du verbe « tolérer » (nn. 2338, 2391), relève de la théologie morale la plus classique.

6. Hazard (Paul), La crise de la conscience européenne. 1680-1715, Paris, Fayard, 1961 (collection « Le Livre de poche Références », édition 1994, p. 284). L’auteur paraphrase ici Bossuet.

7. Il s’agit des Juifs et des Chrétiens, comme l’indique la phrase suivante. Les deux religions sont ensuite distinguées, deux versets plus loin.

8. Sourate 2 105. Les références sont données à partir de l’édition suivante : Le Coran (al-Qor’ân), traduction par Régis Blachère, Paris, Maisonneuve et Larose, 1980.

9. Cf. sourate 2 1.

10. Il s’agit des Juifs médinois.

11. Sourate 4 155-156.

12. En toute rigueur, il faudrait tenir compte d’une troisième possibilité : la non existence historique de Jésus. Cette question de l’historicité de Jésus est importante, mais elle ne se pose pas dans le débat islamo-chrétien, et nous la laissons donc de côté. Pour une approche globale du problème évoqué ci-dessus, on pourra lire cet ouvrage : Perrot (Charles), Jésus et l’histoire, Paris, Desclée, collection « Jésus et Jésus-Christ », 1979.

13. S. Irénée de Lyon, Contre les hérésies. Dénonciation et réfutation de la prétendue gnose au nom menteur, I, 24, 4 (traduction par Adelin Rousseau, Paris, Cerf, 1984, 3e édition : 1991, pp. 111-112).

14. Cf. la bibliographie de Perrot (Charles), op. cit.

15. Jn 8 44.

16. Publiée sous le nom de Hanna Zakarias : De Moïse à Mohammed. L’islam, entreprise juive, 2 volumes, Cahors, Hanna Zakarias, 1955. Peut se trouver d’occasion par Internet.

17. Ac 19 19.

18. Cf. 1 Co 4 16, 11 1 ; 2 Th 3 7.