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« Celui qui aura rougi de Moi et de Mes paroles, de celui-là le Fils de l’homme rougira [1]… »

À la question de savoir s’il y avait quelques indications particulières concernant la conversion des musulmans, Mgr Walter Ruspi, Directeur du Comité pour la Catéchèse de la Conférence des Évêques d’Italie, a répondu récemment dans le mensuel italien Jesus :

« Si la personne immigrée pense que sa présence parmi nous sera provisoire, nous lui conseillons de renoncer au baptême, parce qu’embrasser la foi catholique serait dangereux pour elle une fois rentrée en pays islamique [2] »…

Couverture• Sul delicato tema delle conversioni dall’islam ci sono indicazioni particolari?

«Non è un fenomeno uniforme. In Italia non esistono dati certi ma noi stimiamo in circa il 2-3 per cento gli adulti che chiedono il battesimo. Ci siamo dati linee di comportamento precise: se la persona, immigrata, pensa che la sua presenza nelle nostre realtà sarà provvisoria, gli consigliamo di soprassedere, perché abbracciare la fede cristiana sarebbe pericoloso una volta rientrato in un Paese islamico».

On a envie de demander à ce Monsignore si Jésus savait que c’était dangereux pour Lui de venir sur la terre, et, le cas échéant, s’Il aurait dû renoncer à y venir ?!

Lorsque Notre Seigneur a envoyé Ses disciples dans le monde entier pour faire de toutes les nations des disciples [3], ne savait-Il pas non plus qu’Il les envoyait au devant du martyre ? Ou bien les paroles qu’Il prononça avant Sa Passion, du genre : « Si quelqu’un veut venir à Ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il Me suive. Qui veut en effet sauver sa vie, la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de Moi la trouvera [4]. », ou encore : « Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. Et vous serez haïs de tous à cause de Mon Nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé [5]. », ne nous disent-elles rien de ce que doit être la condition des chrétiens dans le monde ?

Comment les musulmans, et d’autres peuples, pourraient-ils se convertir à la foi chrétienne si celle-ci n’est plus présentée par l’Église comme le seul bien à garder au prix de n’importe quel autre, fut-ce la vie terrestre ? Quelle est en effet la valeur d’une telle foi qui a moins de prix qu’une misérable vie de lâcheté et de bien-être temporaire ? Si nous nous disons les disciples d’un Maître crucifié, notre seule gloire n’est-elle pas de Le suivre sur le chemin qu’Il a Lui-même pris par amour pour nous ? Peut-il y avoir une gloire plus grande pour un être humain que de rendre témoignage au Christ jusqu’au don de sa vie ? N’est-ce pas là le plus grand amour qui soit ? Ne sommes-nous pas les enfants des Martyrs ? La foi se serait-elle propagée s’il n’y avait eu personne pour accepter de témoigner jusqu’au bout ? Qu’enseigne donc maintenant l’Église ? À préférer la vie de cette terre à celle du Ciel ? A-t-elle perdu la vraie foi ? Lorsque le Christ reviendra, trouvera-t-Il encore la foi [6] ?

Malheureusement, ce propos d’un haut responsable de l’Église en Italie n’est pas propre à l’Église de ce pays. Nous pourrions en citer bien de semblables chez nous, et depuis longtemps déjà. Comment oublier les propos de ce « missionnaire », ayant passé trente années en un pays islamique asiatique, pérorant : « En trente ans, je n’ai fait aucune conversion, et j’en suis heureux [7] ! »… ou ce Monseigneur français, en charge de relations avec le monde musulman, reniant, entre autres dogmes, la foi trinitaire pour confesser que « la révélation définitive » sur Dieu ne lui a pas été donnée par l’Église, mais par l’islam (!), ce qui l’a conduit, lui aussi, à affirmer haut et fort : « Je n’ai jamais pensé à convertir l’autre. Ça n’a pas de sens [8] »… ou cet autre prêtre, lui aussi toujours en poste, s’adressant à un groupe d’ex-musulmans convertis au catholicisme :

« Ce que les chrétiens ont à demander aux musulmans dans le cadre du dialogue islamo-chrétien, ce n’est rien d’autre qu’à ce qu’ils soient de bons musulmans. En tout état de cause, tout [9] le monde n’a pas vocation à devenir catholique » !!!

Pauvre Jésus qui a envoyé Ses Apôtres pour baptiser au nom de la Trinité !

Comment des musulmans guidés par l’Esprit vers le Christ et l’Église pourraient-ils devenir chrétiens lorsqu’ils rencontrent de tels personnages ?

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui fermez aux hommes le Royaume des Cieux ! Vous n’entrez certes pas vous-mêmes, et vous ne laissez même pas entrer ceux qui le voudraient [9] ! »

Ces renégats recouverts de peaux d’agneaux paraissent soucieux de préserver dans leur apparente bonté la vie naturelle des prétendants à la vie éternelle pour leur dérober en fait la joie et la gloire de la huitième Béatitude :

« Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toutes sortes d’infamies à cause de Moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les Cieux : c’est bien ainsi qu’on a persécuté les prophètes, vos devanciers [10]. »

Comme on est loin de ce qu’écrivait saint Cyprien – lui-même martyr – à l’évêque Successus en 258 :

« Je ne vous ai pas écrit plus tôt, frère très cher, parce que tous les clercs, sous le coup de la lutte à soutenir, étaient absolument obligés de rester ici et se tenaient tous prêts dans la générosité de leur cœur à conquérir la couronne céleste. [L’empereur] Valérien, dans un rescrit au Sénat, a donné ordre que les évêques, les prêtres et les diacres soient exécutés sur le champ, que les sénateurs, les personnages de qualité et les chevaliers romains soient privés de leur dignité et de leurs biens, et s’ils continuent malgré cela à se dire chrétiens, soient mis à mort, que les matrones soient dépouillées de leurs biens et envoyées en exil, que les Césariens [fonctionnaires impériaux], qui ont confessé le Christ auparavant, ou Le confesseront maintenant, aient leurs biens confisqués, et soient eux-mêmes mis aux fers et envoyés dans les domaines de la couronne, et qu’on en dresse un état. […]

« Cette lettre, nous espérons chaque jour la voir arriver, debout dans la fermeté de notre foi, et prêts à souffrir, attendant de la bonté secourable du Seigneur la couronne de la vie éternelle. Sachez que Sixte a été exécuté dans un cimetière le 6 août, et quatre diacres avec lui. Les préfets à Rome poussent chaque jour plus activement cette persécution, exécutant ceux qui leur sont déférés et confisquant leurs biens.

« Je vous prie de bien vouloir porter ces nouvelles à la connaissance de nos autres collègues, afin que partout leurs exhortations puissent soutenir nos frères, et les préparer à la lutte spirituelle : de telle façon que chacun des nôtres pense moins à la mort qu’à l’immortalité, et que, consacrés à Dieu de toutes les énergies de leur foi et de leur courage, ils aient plus de joie que de crainte, à l’heure d’une confession où ils savent que les soldats de Dieu et du Christ ne sont pas tués, mais couronnés [11]. »

Qui ne voit une différence entre les propos de saint Cyprien exhortant son peuple au martyre (« Cette lettre, nous espérons chaque jour la voir arriver ») et le discours de tant d’ecclésiastiques, évêques y compris ? D’où vient cette différence ? N’est-ce pas de ce que nous ne savons plus trouver notre vie dans la Croix de Jésus-Christ, et que nous la cherchons, comme les païens, dans l’amour du confort ? Nous ne croyons plus à la victoire du Christ par la Croix ! Nous sommes devenus des « soumis »… c’est-à-dire déjà des « musulmans », qui ont pour paradis la luxure, pour religion la haine du Dieu incarné et de Ses disciples, et pour vertu la peur de transgresser les tabous et de souffrir les représailles de l’oumma.

Que le Sang de Notre Seigneur et celui de tous les Martyrs – « semence de chrétiens [12] » – vienne brûler la conscience de tous ces acoquinés aux démons de l’apostasie, et resplendir des feux de l’Amour éternel dans celle de nombreux convertis de l’islam, et d’ailleurs !

1. Lc 9 26.

2. Jesus, n. 6 (28e année), juin 2006.

3. Cf. Mt 28 19.

4. Mt 16 24-25.

5. Mc 13 12-13.

6. Cf. Lc 18 8.

7. Michel de GIGORD, in : Famille chrétienne, n. 1417, 12 mars 2005, p. 74.

8. Mgr Pierre BOZ, in : Croire aujourd’hui, n. 21, 15 janvier 1997, p. 19.

9. Mt 23 13.

10. Mt 5 11-12.

11. S. Cyprien de Carthage, Lettre LXXX (Correspondance, traduction par Louis Bayard, Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1925, tome II, pp. 319-321). Cette lettre est lue à l’Office des Lectures du 7 août (mémoire de saint Sixte II, pape, et ses compagnons, martyrs) : cf. Livre des Jours. Office romain des Lectures, Paris, Cerf – Desclée de Brouwer – Desclée – Mame, 1995, pp. 1515-1516.

12. Tertullien, Apologeticus adversus gentes pro christianis, L, 13 (PL, 1, 535A) : Semen est sanguis Christianorum.