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Pour le rétablissement de la Sainte Inquisition !

Dans son exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Europa [1], Jean-Paul II avait demandé « de préparer convenablement les chrétiens qui vivent au contact quotidien des musulmans [2] à connaître l’islam de manière objective [3] et à savoir s’y confronter [4] ». S’y confronter ? Une confrontation implique un rapport de forces. Ce terme est à lui seul tout un programme… pour qui veut bien l’entendre ! Où voit-on, en effet, « les chrétiens convenablement préparés à connaître l’islam de manière objective et à s’y confronter » ?!

L’actualité ne nous donne que trop de raisons de vouloir sonner le tocsin. Qui ne voit, par exemple, qu’une véritable course contre la montre est engagée entre, d’une part, les serviteurs d’Allah, et, d’autre part, les chrétiens… tout occupés aux affaires de ce monde qui passe ? L’enjeu en est les âmes encore ignorantes de l’une comme de l’autre tradition religieuse. Rappelons-nous que si l’Islam a pu s’implanter sur des terres autrefois chrétiennes, c’est en raison principalement de l’ignorance et des hérésies qui ont vidé de toute réalité le nom de chrétien. L’histoire nous apprend qu’une Église malade passe facilement à l’islam.

Dans une récente livraison de La Documentation catholique est présenté un document de la Conférence des Évêques suisses intitulé « Mariage entre catholiques et musulmans : pour une pastorale du discernement [5] ». En fait de discernement, il y a de quoi se faire du souci : les évêques suisses semblent peu au fait de ce qu’est même le Coran, puisqu’ils croient pouvoir se rassurer au sujet de la liberté religieuse [6] en citant le verset coranique selon lequel il n’y a pas de contrainte en religion [7], alors que ce verset, comme tous ceux en contradiction avec la violence de certains autres, est reconnu avoir été par ces derniers « abrogé [8] »… Lui et ses semblables ne servent donc plus qu’à endormir la conscience des idiots utiles.

Le document commence justement par rappeler que « l’Église catholique romaine n’encourage pas ces mariages » et que de tels mariages ne sont pas sacramentels [9]. Mais la raison pour laquelle il en est ainsi n’est pas enseignée… Or, c’est bien à elle que tout le document doit être suspendu… Quelle est donc cette raison ? Elle est qu’un vrai chrétien ne saurait se priver d’un sacrement rendant le Christ présent, Lui qui a dit que l’on ne saurait être Son disciple sans Le préférer à l’amour de quiconque [10]. Raison pour laquelle saint Paul demandait à ce que l’on se mariât « dans le Seigneur seulement [11] »…

Mais voilà que bientôt au milieu de certaines autres vérités et constats énoncés, nous lisons dans ce texte des propos qui ne manquent pas de laisser pantois, et, tout de bon, de scandaliser. Ainsi :

« La conversion de l’épouse chrétienne vers l’islam est fréquente et elle suscite des étonnements, des peurs et parfois des rejets de la part de sa famille. Et pourtant le Coran dit : “Tu ne diriges pas celui que tu aimes, mais Allah dirige qui il veut” (Le Récit, sourate 28, 56) [12]. »

Que vient faire ici ce « Et pourtant le Coran dit » ? Depuis quand revient-il aux évêques de prendre à témoin le Coran ? Au lieu de pleurer avec sa famille l’apostasie – et donc la damnation [13] – de l’une de leurs ouailles, voilà qu’ils la justifient par l’enseignement du Coran !

Et si la phrase qui suit semble corriger cette trahison en recommandant « que la communauté chrétienne encourage le partenaire à rester chrétien », ce n’est malheureusement qu’en apparence puisque la raison alléguée est que « la conversion de celui-ci vers l’islam est souvent une question de commodité du vivre ensemble, et cela ne doit pas être un motif suffisant de conversion [14] » ! Voilà les évêques s’inquiéter de définir quel peut être le « motif suffisant de conversion » à l’islam ! Peut-il donc y avoir « un motif suffisant de conversion à l’islam », et qui plus est lorsque l’on est catholique ?! C’est pourtant ce que ces évêques affirment ! Et si « une question de commodité du vivre ensemble » n’est à leurs yeux pas « un motif suffisant » de conversion à l’islam, serait-ce qu’ils lui préfèrent une belle séduction de l’Anti-Christ incarné par Mahomet et sa doctrine, à moins que ce ne soit tout simplement une vraie haine de la Foi chrétienne ?!

Plus loin, nous lisons :

« Pour éviter une absence totale de foi, les parents doivent aider l’enfant à accueillir [8] l’appel de Dieu et à s’ouvrir à Dieu par la prière. Cette dynamique va au-delà des traditions religieuses ; elle provient de sa propre conviction religieuse et est vécue à travers elle [15]. »

Comment ne pas reconnaître en cette « dynamique » surplombant toutes les « traditions religieuses » (y compris donc la catholique !) le New Age, lui qui se présente comme la révélation de « l’existence d’une “connaissance éternelle”, antérieure et supérieure à toutes les religions et cultures », en sorte que « toutes les religions sont l’expression de la même réalité intérieure [16] » ?

Les problèmes inhérents à la coexistence islamo-chrétienne que cherchent à encadrer les évêques suisses semblent les avoir conduits, non seulement à renoncer à l’évangélisation des musulmans – « Il est important de […] ne pas détourner l’autre conjoint de son chemin de foi » et de « faire preuve d’un respect vécu à l’égard de la foi de l’autre [17] » (vous avez bien lu : respect, non à l’égard du conjoint musulman, mais de sa « foi »… laquelle est la négation de la foi chrétienne !) –, mais encore à voir dans le New Age une solution à ceux-ci. En effet, comment des parents musulman et chrétien pourraient-ils « aider [leur] enfant à accueillir l’appel de Dieu et à s’ouvrir à Dieu par la prière » si ce Dieu n’est ni chrétien ni musulman, s’il n’est donc pas une « ténèbre » dans laquelle toutes les vaches sont grises ? Seul le New Age, pour qui « la religion est une expérience, […] pas un dogme [18] », paraît rendre possible de tels conseils :

« Le Nouvel Âge partage avec un certain nombre de groupes influents au plan international l’objectif de supplanter ou de dépasser les religions particulières pour faire place à une religion universelle capable d’unifier l’humanité [19] »…

L’Église qui est en Suisse n’a pas, on s’en doute, le monopole de ce genre de discours. Ainsi, en juin 2006, dans le mensuel italien Jesus, à la question de savoir s’il y avait quelques indications particulières concernant le catéchuménat des musulmans, le Directeur du Comité pour la Catéchèse de la Conférence épiscopale d’Italie, Mgr Walter Ruspi, répondit :

« Si la personne immigrée pense que sa présence parmi nous sera provisoire, nous lui conseillons de renoncer au baptême, parce qu’embrasser la foi catholique serait dangereux pour elle une fois rentrée en pays islamique [20] »…

Couverture• Sul delicato tema delle conversioni dall’islam ci sono indicazioni particolari?

«Non è un fenomeno uniforme. In Italia non esistono dati certi ma noi stimiamo in circa il 2-3 per cento gli adulti che chiedono il battesimo. Ci siamo dati linee di comportamento precise: se la persona, immigrata, pensa che la sua presenza nelle nostre realtà sarà provvisoria, gli consigliamo di soprassedere, perché abbracciare la fede cristiana sarebbe pericoloso una volta rientrato in un Paese islamico».

Qui n’a envie de demander à ce Monsignore si Jésus savait que c’était dangereux pour Lui de venir sur la terre, et, le cas échéant, s’Il aurait dû renoncer à y venir ?!

Lorsque Notre Seigneur a envoyé Ses disciples dans le monde entier pour de toutes les nations faire des disciples [21], ne savait-Il pas qu’Il les envoyait au devant du martyre ? Ou bien les paroles qu’Il prononça avant Sa passion – du genre : « Si quelqu’un veut venir à Ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il Me suive. Qui veut en effet sauver sa vie, la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de Moi la sauvera [22] », ou encore : « Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. Et vous serez haïs de tous à cause de Mon Nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé [23] » – ne nous disent-elles rien de ce que doit être la condition des chrétiens ici-bas ?

Comment les musulmans, et d’autres peuples, pourraient-ils se convertir à la foi chrétienne si celle-ci n’est plus présentée par l’Église comme le seul bien à garder au prix de n’importe quel autre, fut-ce de la vie terrestre ? « Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle [24]. » Si nous nous disons les disciples d’un Maître crucifié, notre seule gloire n’est-elle pas de Le suivre sur le chemin qu’Il a Lui-même pris par amour pour nous ? Ne sommes-nous pas les enfants des Martyrs ? La foi se serait-elle propagée s’il n’y avait eu personne pour accepter de témoigner jusqu’au bout ? Qu’enseigne donc maintenant l’Église ? À préférer la vie de cette terre à celle du Ciel ? A-t-elle perdu la foi [25] ?

Après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, la présidence de la Commission des épiscopats de la [9] Communauté européenne publia une déclaration [26], où les évêques signataires disaient : « Nous refusons avec force tout jugement global contre la foi islamique et sa culture [27] »… J’avais été choqué de ce discours qui, à mon avis, péchait d’autant plus qu’il était prononcé par ceux qui ont le devoir de proclamer l’Évangile. En effet, cette déclaration amalgame la foi islamique et sa culture en un même jugement… Or la foi est distincte de la culture qu’elle informe. Une chose est la foi islamique, censée venir directement de Dieu (et l’on sait avec quelle force cela est cru en islam !), et autre chose la culture islamique qui, comme toute culture, provient des hommes. S’il n’est pas question de juger les musulmans en tant que tels, autre chose est de s’abstenir de « jugement global » au sujet de la foi islamique, sans occulter, non des différences secondaires d’ordre culturel, mais son antagonisme fondamental avec la foi chrétienne, car : ou bien l’islam vient de Dieu, et alors le christianisme n’est pas l’achèvement de la Révélation, et il nous faut alors nous convertir à l’islam, ainsi qu’il nous y presse instamment ; ou bien il ne vient pas de Dieu, et alors il est une imposture, d’autant plus démoniaque qu’il se prétend d’origine divine, et il doit être dénoncé comme telle. De deux choses l’une. « Qui n’est pas avec Moi est contre Moi [28] », disait Jésus… Où est la clarté de parole du Maître dans la bouche de Ses disciples ? Bien sûr, tout le monde comprend que l’épiscopat avait voulu prévenir un risque d’affrontement entre l’islam, qui a pour vocation proclamée de soumettre le monde entier à son autorité, et l’Occident, assimilé au christianisme. Mais le faire en laissant entendre que l’islam a quelque légitimité en tant que « foi » relève pour un chrétien de la pure apostasie, ni plus ni moins. Et comment les musulmans pourraient-ils douter de l’authenticité de leur révélation si même les chrétiens la tiennent pour légitime et donc véridique ? Quelle responsabilité pour les pasteurs du troupeau !

Pour ajouter à la confusion, le même numéro de la Documentation catholique publiait, aux pages 856-858, le texte d’une conférence du cardinal Walter Kasper – président du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens et de la Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec le judaïsme – sur les réactions déclenchées par la publication de la Déclaration Dominus Iesus [29], en septembre 2000 ; on y lisait cette affirmation :

« Le document Dominus Iesus n’affirme pas que tout le monde doit devenir catholique pour être sauvé par Dieu. […] Par conséquent, l’Église croit que le judaïsme, c’est-à-dire la réponse fidèle du Peuple juif à l’alliance irrévocable de Dieu, est salvifique pour eux [30] » !

Ces mots contredisent formellement que « l’Unique vraie religion subsiste en l’Église catholique [31] », qu’à cette unité tous les hommes sont appelés [32], qu’il n’y a pas d’autre Nom que celui de Jésus par lequel nous puissions être sauvés [33], ni d’autre voie de salut que l’Église. Or, il existe pour ce cardinal au moins deux voies de salut : celle de l’Église et celle du refus de l’Église, que le judaïsme a précisément inaugurée en refusant le Christ ! Comment le cardinal a-t-il pu dire que « le Judaïsme est la réponse fidèle du Peuple juif à l’alliance irrévocable avec Dieu » ? Le Christ n’est-Il plus « la fin de la Loi [34] », comme le croyait saint Paul, c’est-à-dire Celui que les Juifs devraient nécessairement reconnaître si, précisément, ils suivaient fidèlement leur religion ? Le judaïsme n’existe que parce que le peuple juif est infidèle à l’alliance irrévocable avec Dieu, sinon ils seraient tous chrétiens ! La raison de l’existence et de la survie du judaïsme n’est autre que le refus réitéré du Christ, puisque si tous les Juifs pratiquaient fidèlement leur religion ils arriveraient à « la fin de la Loi », qui est le Christ, et seraient donc chrétiens ! Il n’y aurait donc plus de judaïsme. Le judaïsme en tant que tel n’est donc pas salvifique puisqu’il n’existe qu’en raison du refus du Christ… qui, rappelons-le au cardinal, est le seul Sauveur ! Le judaïsme a été salvifique, mais il ne l’est plus. Saint Étienne et les autres auraient-ils été martyrisés s’il suffisait de dire aux juifs que leur refus du Christ est salvifique ?

« Comme vous le savez, l’ancienne théorie de la substitution n’a plus cours depuis le Concile Vatican II. […] Il ne peut y avoir une simple coexistence entre les deux alliances [35] », renchérissait le cardinal… Or, en He 8 7, nous lisons : « Car si cette première alliance avait été irréprochable, il n’y aurait pas eu lieu de lui en substituer une seconde »… La Parole de Dieu peut-elle être récusée ? Ce n’est pas ce que disait Jésus [36].

Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne !

Nous pourrions citer encore bien d’autres propos de responsables de l’Église, et bien de chez nous cette fois-ci, qui témoignent que ceux de la Vierge Marie à Akita sont sans illusion : « L’action du diable s’infiltrera même dans l’Église. [Elle] sera pleine de ceux qui acceptent les compromis. » Cela nous rappelle un autre avertissement : « Si le sel vient à perdre sa saveur, avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens [37]. » Kyrie eleison !

1. Jean-Paul II, exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Europa, 28 juin 2003 (La Documentation catholique, n. 2296, 20 juillet 2003, pp. 668-708).

2. De près ou de loin, pour qui n’est-ce pas en France aujourd’hui le cas ?

3. Et non pas donc selon le discours convenu du religieusement correct que l’on nous bassine quasiment partout.

4. Jean-Paul II, op. cit., n. 57 (loc. cit., p. 688). C’est à cette demande de formation que l’auteur, prêtre du diocèse de Paris, et Ahmed Almahoud ont voulu répondre en publiant Éléments pour le dialogue islamo-chrétien, Paris, François-Xavier de Guibert, 2005.

5. Conférence des Évêques suisses, « Mariage entre catholiques et musulmans : pour une pastorale du discernement », La Documentation catholique, n. 2379, 6 mai 2007, pp. 418-422.

6. Id., n. 3, p. 420.

7. Sourate 2 256 : « Nulle contrainte en la religion ! » Citation d’après : Le Coran (al-Qor’ân), traduit de l’arabe par Régis Blachère, Paris, Maisonneuve et Larose, 1980.

8. Sourate 16 103 : « Quand Nous substituons une aya à une aya – Allah sait très bien ce qu’Il fait descendre –, [les Infidèles] disent : “Tu n’es qu’un faussaire !” Mais la plupart ne savent point. »

9. Cf. Conférence des Évêques suisses, op. cit., n. 1, pp. 418-419.

10. Cf. Lc 14 26.

11. 1 Co 7 39.

12. Conférence des Évêques suisses, op. cit., n. 3, p. 420.

13. Cf. 2 Jn 9.

14. Conférence des Évêques suisses, op. cit., n. 3, p. 420.

15. Id., n. 5.2, p. 421.

16. Conseil pontifical pour la Culture, Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, « Jésus-Christ, le porteur d’eau vive. Une réflexion chrétienne sur le “Nouvel Âge” », nn. 2.3.3, 7.1 (La Documentation catholique, n. 2288, 16 mars 2003, pp. 284, 302).

17. Conférence des Évêques suisses, op. cit., n. 5.3, p. 421.

18. Conseil pontifical pour la Culture, Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, op. cit., n. 2.3.2 (loc. cit., p. 283).

19. Id., n. 2.5 (loc. cit., p. 290).

20. Jesus, n. 6 (28e année), juin 2006. Cf. Regnat, n. 10, 14 août 2006, pp. 8-9.

21. Cf. Mt 28 19.

22. Mt 16 24-25.

23. Mc 13 12-13.

24. Jn 12 25.

25. Cf. Lc 18 8.

26. Commission des épiscopats de la Communauté européenne, Déclaration de la présidence, 17 septembre 2001 (La Documentation catholique, n. 2255, 7 octobre 2001, pp. 844-845).

27. Id., n. 6 (loc. cit., p. 844).

28. Mt 12 30 ; Lc 11 23.

29. Cf. La Documentation catholique, n. 2233, 1er octobre 2000, pp. 812-822.

30. Kasper (Walter), Conférence sur la Déclaration Dominus Iesus, 1er mai 2001, n. 3 (La Documentation catholique, n. 2255, 7 octobre 2001, p. 858).

31. Concile œcuménique Vatican II, déclaration De libertate religiosa, n. 1.

32. Cf. Mt 28 19.

33. Cf. Ac 4 12.

34. Rm 10 4.

35. Kasper (Walter), op. cit., n. 3 (loc. cit., p. 857).

36. Cf. Jn 10 35.

37. Mt 5 13.